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Juillan. Nécrologie : Paquita Vignaux est partie marcher au-dessus des nuages


Son départ imprévisible et rapide a stupéfié tous ceux qui la connaissaient, d’où ces quelques instants d’intimité.

Paquita, de maman espagnole, avait ce prénom qui se suffisait à lui-même pour parler d’elle. Son nom de demoiselle, de papa béarnais, voulait dire bonne maison. Les deux allaient ensemble.

Elle se voulait discrète. Pourtant, elle ne passait pas inaperçue, les cheveux mi-courts de la couleur des prunes, le panier des commissions à la main ou en tenue de sport. Son visage avenant, son regard bleu marine pétillant de malice quand elle était en confiance et son rire frondeur faisaient son identité. Avec, en plus, sa gentillesse, son endurance, sa proximité.

Pourtant, elle était une observatrice intuitive qui se trompait rarement. Elle aimait la jeunesse et avait cette expression délicieuse que l’on n’entend plus beaucoup « Elle est mignonne cette gosse », même si la gosse était largement majeure. Pour beaucoup, elle était un rayon de soleil.

Pourtant, elle avait la mélancolie embusquée. Elle paraissait invulnérable. Pourtant cinq semaines ont suffi à nous séparer d’elle.

Paquita est devenue Juillanaise de l’ombre par le hasard d’une permission chez une cousine de Francis son époux. Ils étaient militaires. Ils ont su accorder leurs différences et leurs atouts pendant 50 ans : la lecture, le bricolage, les aménagements de chez eux soignés et chaleureux, l’accueil des autres, les voyages européens, la couture rien que pour elle. Tous ces moments personnels ou partagés ont fait la longévité de leur union, avec Bertrand leur fils, Lilou et Zoé leurs petites filles, uniques. Paquita avait une complicité silencieuse avec ses proches.

Correspondante de La Nouvelle République et de La Dépêche depuis 2019 au sein du comité de rédaction de Juillan (le CRJ pour faire court), elle a créé dans ses pages la rubrique Reconnaissez-vous cet endroit ? Grâce à la publication de la photo de cartes postales anciennes du village qu’elle commentait, elle a fait œuvre de culture communale. Par ses recherches documentées et le recueil des souvenirs de ceux qui en avaient, elle a donné l’occasion de mieux connaître l’histoire des lieux et des gens à ceux qui étaient passés à côté et aux récents venus.

Son ancre, c’était aussi l’armée de terre à laquelle elle vouait une reconnaissance infinie. Elle y était entrée en 1969 sans convictions ni ambition. Or, elle y a fait carrière en motivant « Les valeurs républicaines de mon père ancien résistant, la fierté de ma mère, l’honneur du drapeau, le modèle de femmes militaires, les concours m’ont élevée dans ce que j’avais déjà en moi. « Elle en a pris des trains, des avions, des voitures de Paris aux villes de casernes puis jusqu’au siège de la Délégation militaire du département des Hautes-Pyrénées basé à Tarbes.

Paquita et Francis ont réussi l’équilibre entre leurs deux vies. C’était un choix de famille. De retour à Juillan, en tenue, elle était de toutes les cérémonies commémoratives dont elle a été la plume sur le journal.

Paquita était à part. Avec sa modestie, elle se serait étonnée de tant d’au revoir. Le regard allumé de ces marques de considération intérieure, elle aurait dit merci et sans doute ajouté « Il ne fallait pas vous déranger pour moi ». Mais si, pour elle et les siens. L’estime, l’amitié, l’affection se sont liées dans la peine mais Paquita ne souffrait plus. C’était son vœu.



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