Actualités Hautes-Pyrénées
Juillan. Pyrale : elle est revenue et elle reviendra
On admire les buis de nos jardins ou de nos balades, heureux de les voir bien verts et regarnis, mais il suffit de quelques jours pour les voir à nouveau attaqués et dévorés par la pyrale, véritable fléau introduit en Europe accidentellement en 2008 via des végétaux importés d’Asie. On n’avait déjà pas assez avec les frelons asiatiques et les moustiques tigre !
On se rend souvent compte de la présence de la pyrale du buis quand, à la nuit tombée, des papillons blancs triangulaires bordés de noir viennent se coller aux fenêtres ou tournoyer autour des buissons et des lumières. Et c’est trop tard ! On réalise qu’ils ont déjà pondu sur les feuilles de nos arbustes, et les chenilles qui en sortent dévorent rapidement et de façon méthodique les feuilles.
On a l’impression que le processus est très rapide mais il se déroule en fait sur plusieurs semaines.
Pour prévenir, il faut avant tout régulièrement observer ses buis et vérifier si l’on n’aperçoit pas de petites toiles tissées dans le feuillage et, inévitablement, ces fameuses petites chenilles vertes si gourmandes et destructrices. Si c’est le cas, il faut agir très vite ! Plus elles sont jeunes, plus elles sont faciles à éliminer. Elles atteignent leur taille adulte de 4 cm au bout d’un mois. Elles démarrent ensuite leur métamorphose en chrysalide verte puis brune. Eclosent ensuite les papillons trois semaines plus tard. Et le cycle reprend. Il faut donc lutter absolument.
La pyrale a bien quelques prédateurs en la mésange, le rouge-queue, le moineau et la chauve-souris, mais elle ne semble pas être un mets d’excellence pour eux ! Il paraît que les frelons asiatiques sont friands de ses larves. Qu’ils servent au moins à quelque chose…
Il ne faut pas craindre d’enlever chenilles ou cocons à la main et les écraser, ils ne sont pas urticants. Ce n’est certes pas une partie de plaisir, mais c’est efficace ! Ne pas oublier de brûler les tiges mortes ou malades.
Les solutions proposées dans le commerce ne sont pas légion. Seule la bactérie Bacillus thuringiensis produit une toxine mortelle pour les chenilles. A pulvériser le soir sur les buis. Il y a aussi la solution des pièges à papillons grâce aux phéromones, comme pour les frelons asiatiques. La lutte contre la pyrale passe donc essentiellement par la vigilance et la réactivité.
Nos buis sont-ils condamnés à disparaître ? Traiter ceux de nos jardins reste faisable. Les paysagistes proposent de plus en plus des buis résistants aux maladies et à la pyrale, ou comme alternative le Lonicera nitida, appelé aussi « faux buis ». Mais qu’en est-il de tous nos beaux buissons qui habillent la Nature et forment (ou formaient) de jolis tunnels ombragés ?