Actualités Hautes-Pyrénées
Juillan. Un amour sans frontières
Le dernier mariage de l’été aura été celui de Manon Abadie, pure Juillanaise, conscrite, membre active du comité des fêtes, de l’orchestre et de la banda des Eskapats. Sa famille est solidement implantée à la Banive, elle dit d’ailleurs qu’elle a grandi au club de rugby !
Dans le cadre de ses études à Sciences Po Toulouse, elle a vécu au Mexique. Depuis, cette jeune femme dynamique de 29 ans a changé de continent et s’est installée au Maroc, à Casablanca, depuis cinq ans. Elle a été séduite par cette capitale économique, une mini New York de 5 millions d’habitants, une métropole de tous les possibles qui brasse beaucoup de cultures et où les gens font preuve d’une grande ouverture d’esprit.
« Peu importe le milieu d’où l’on vient, qu’on soit un garçon ou une fille, on t’accorde toujours du temps pour parler avec toi. Tu n’es jamais seul. J’aime leur sens de l’hospitalité, leur tolérance et, bien sûr, la nourriture ! Sans oublier le soleil et l’océan ! »
Depuis 6 mois, Manon est directrice d’une ONG qu’elle a montée au Maroc.
« Cette association aide les autres associations à augmenter leur indépendance financière et accroître leur impact sur le terrain. En fait, les grosses ONG dans le monde captent les fonds. Sur la totalité d’un budget, il n’y a qu’un petit pourcentage qui va aux associations locales, car elles n’ont pas les compétences sur la gestion financière et administrative. Mon asso vise à répondre à ce besoin pour qu’elles puissent rééquilibrer le budget et toucher plus de personnes. Dans mon asso, il y a actuellement 10 associations locales axées sur l’éducation, le droit des femmes, le handicap et la culture. On a une plateforme de formation en ligne accessible en permanence, on les accompagne au plus près, les aidant à se structurer quand elles vont démarcher de nouveaux investisseurs tels que la société générale, HPS et le groupe Oulmes, l’équivalent d’Évian au Maroc. Nous avons d’excellents retours. »
Manon a trouvé l’amour à ‘‘Casa’’, en la personne de Driss, 27 ans, ingénieur-qualité en aéronautique chez Safran. Son amoureux a un deuxième métier : il est acteur, il conçoit aussi des spectacles humoristiques et les joue sur scène un peu partout dans le pays, seul ou avec d’autres. En 2022, il a été vice champion de théâtre d’improvisation au Maroc. Il a aussi joué dans une série marocaine, style « Plus belle la vie », tous les soirs à 20 h.
Le mariage de Manon et Driss donne lieu à deux fêtes : une à Juillan avec le mariage célébré le 14 septembre à la mairie, puis le 9 novembre avec une fête traditionnelle précédée de la fête du henné, symbole de prospérité et de fertilité. L’occasion pour leurs proches de profiter de ces deux fêtes pour mieux se connaître et harmoniser leurs deux cultures. Seul bémol pour Manon : plusieurs de ses amies n’ont pu obtenir de rendez-vous pour demander un visa malgré les 500 € payés, ou plutôt rackettés. En effet, la France a restreint l’accès au visa pour l’Afrique du Nord, ce qui génère ce business parallèle peu reluisant.
A Juillan, ce 14 septembre, on parlait plusieurs langues, même si tout le monde était francophone. Maroc, Belgique, Danemark, Canada, Mexique, tous rencontrés au gré des études et des voyages. Pour l’anecdote, quand Manon passe à la douane, les Marocains croient tous qu’elle est Marocaine en raison de son nom de famille Abadie. « Vous avez forcément des ancêtres marocains » lui affirme-t-on ! On est loin de l’origine basque du nom Abadie qui vient du basque « Abadia » signifiant « abbaye ». Un mariage prédestiné invitant à un voyage étymologique, en attendant le voyage de noces… Et pour l’anecdote, ce même jour, se succédaient à Juillan les mariages de deux homonymes portant le nom de Manon Abadie…