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Michel Burou, dernier ajusteur de « Morane » et pilier du rugby juillanais, s’en est allé avant ses 100 ans
Michel Burou s’est éteint à quelques semaines de ses 100 ans. Ouvrier, paysan, chasseur et pilier du rugby juillanais, il laisse un souvenir indélébile.
Michel Burou s’en est allé doucement en cette fin janvier, à quelques petites semaines de son centième anniversaire. Dommage.
C’est sans doute auprès de son père Jean-Marie, forgeron à Juillan, que Michel apprit très tôt cette intelligence gestuelle et cette habileté technique qui permettent à l’homme de faire plier le réel aux exigences de sa volonté.
Il aura passé toute sa vie professionnelle comme ajusteur à « Morane », comme on disait jadis à Juillan, combinant cette activité ouvrière avec celle de paysan et de jardinier, comme beaucoup d’hommes de sa génération. Et nombreux sont ceux qui, voisins, proches ou amis, vinrent solliciter son aide ou ses conseils, toujours prodigués avec compétence et bienveillance.
La vie, pourtant, ne l’aura pas épargné avec ses rudesses. Il eut d’abord la douleur de perdre son épouse Marinette, puis son fils Christian, trop tôt emporté lui aussi par un méchant mal. Michel aura sans doute trouvé quelques compensations à ses malheurs intimes dans la chasse d’abord : il vécut l’exaltation des matinées d’ouverture avec ses compagnons et la meute aboyant aux premières lueurs. Dans le rugby juillanais aussi, où il assura pendant de longues saisons le rôle indispensable de commis de cuisine. Dans la culture et les soins apportés à sa vigne ancestrale, au quartier dit « la Trounque », tant que ses forces le lui ont permis, jusque vers ses 90 ans, où il fut contraint de s’arrêter, à son grand regret. Et « quand la vigne décline, le vigneron chagrine », dit bien la sagesse populaire.
Michel a pu s’en aller au bout d’un siècle d’une vie faite de labeur et de rectitude morale, avec le sentiment du devoir accompli, l’estime de tous ceux qui l’ont côtoyé et avec l’espoir du juste aux portes du tombeau.