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Plateau de Lannemezan – Santé, écologie, logement : le PCF lance ses propositions


À l’approche des élections municipales, les communistes du Plateau de Lannemezan (No Pasaran) ont tenu un point presse afin d’exposer leur analyse critique du mandat intercommunal écoulé et de présenter leurs propositions politiques.

Autour de Pascal Lachaud, ancien conseiller communautaire et ex-adjoint au maire de Capvern, plusieurs militants, élus et citoyens étaient présents, dont Hervé Carrère, maire de Batsère. Dès l’ouverture de la réunion, le diagnostic est posé sans détour.

Pour le PCF No Pasaran, la politique menée par la communauté de communes est largement déconnectée des réalités sociales, environnementales et démocratiques du territoire. Le bilan global est jugé négatif, marqué selon eux par des choix libéraux assumés, des projets imposés et un recul continu des services publics.


Une intercommunalité à rebours des besoins sociaux et des luttes locales ?

Prenant la parole, Pascal Lachaud rappelle pourquoi les communistes ont souhaité organiser cette rencontre publique. « Aujourd’hui, on veut parler de l’intercommunalité, parce que c’est là que se prennent les décisions structurantes, et elles ne vont pas dans le sens du soutien aux problématiques légitimes des habitants. Ce sont pourtant des questions sociales, environnementales, de dérèglement climatique. »

Il insiste sur le fait que le PCF No Pasaran se place dans une continuité de luttes : « On est dans une période offensive. On est toujours en phase avec les luttes en cours sur le Plateau. »

Il évoque la récente mobilisation à La Barthe, où près de 200 personnes se sont rassemblées pour défendre la forêt, symbole selon lui d’un réveil citoyen. Cette dynamique s’inscrit dans le prolongement direct de la lutte victorieuse contre le projet industriel Florian, abandonné après trois années de mobilisation. « Quand on méprise les citoyens avec des grands projets sans les concerter, on peut les faire tomber. Le projet Florian, on l’a gagné au forceps. »

Sur le Plateau, plus de 4 200 salariés viennent travailler chaque jour, notamment dans l’industrie, l’hôpital et la logistique. Les communistes rappellent leur convergence avec la CGT, mais aussi avec le monde associatif et agricole.


CSR et incinération : le principe de précaution sacrifié

La question du projet CSR cristallise les critiques. Pour les communistes, le principe de précaution est totalement absent des décisions prises. « On nous explique que tout est prêt, que l’unité va démarrer, mais les questions de fond ne sont pas traitées. Les PFAS, les métaux lourds, les polluants éternels n’apparaissent nulle part dans les indicateurs. »

Pascal Lachaud dénonce un silence organisé : « Les industriels n’en parlent pas. Le préfet n’en parle pas. Le président de l’intercommunalité non plus. Et pourtant, ce sont les agriculteurs, les jardiniers, les habitants qui paieront la pollution dans l’eau, dans les sols et dans la chaîne alimentaire. »

Hervé Carrère remet en cause la présentation même du projet : « À la base, c’est un mensonge. On nous parle d’une chaudière, mais une chaudière sert à chauffer. Là, des gens ont payé pour qu’on brûle des ordures ménagères. Avec de l’argent public. On est donc en droit d’exiger que ça ne pollue pas. »

Pour les communistes, le conseil communautaire porte une responsabilité directe.
« Le vote, ce n’est pas neutre. Voter un projet, c’est y participer. Et aujourd’hui, on vote des projets destructeurs. »


Accidents du travail et sécurité industrielle : une alerte ignorée

La question des conditions de travail revient avec force dans les échanges. Quatre accidents graves auraient eu lieu récemment sur la zone industrielle, dont trois sur le site Mecamont-Hydro et un chez Arkema. « On ne peut pas continuer comme ça. Il faut protéger les travailleurs, » affirme Pascal Lachaud.

Il dénonce l’affaiblissement des obligations patronales consécutif aux réformes du droit du travail :
« Les lois El Khomri et Macron ont supprimé des garde-fous, mais ça n’exonère pas l’État et les collectivités. »

Les communistes réclament la création d’un véritable comité de sécurisation du site industriel. Gilbert Delmas insiste sur l’injustice du système actuel : « On finance avec de l’argent public des outils industriels qui vont nous polluer, pendant que certaines entreprises dégagent des profits énormes. C’est un non-sens social et sanitaire. »


Une démocratie intercommunale verrouillée

Sur le plan institutionnel, le fonctionnement de l’intercommunalité est vivement critiqué.
« On a voulu que le conseil communautaire puisse respirer, qu’il fonctionne de manière parlementaire, avec des groupes politiques. C’est ça, la vie démocratique. Ça nous a été refusé. »

Pour le PCF No Pasaran, ce verrouillage alimente la défiance et éloigne toujours plus les citoyens des décisions qui les concernent. « On méprise les habitants en décidant pour eux, sans débat, sans concertation.« 

Les communistes défendent au contraire une démocratie active, reposant sur l’implication directe des habitants, des jeunes et des quartiers, et sur la mise en débat des budgets publics.


Logement, droits des femmes et lutte contre les discriminations

Le manque de logements accessibles est présenté comme une urgence sociale majeure.
« Des milliers de personnes viennent travailler ici, mais ne peuvent pas y vivre. Ça n’est pas tenable. »

À cela s’ajoute l’absence totale de dispositifs pour les femmes victimes de violences conjugales.
« Il n’y a aucun logement à Lannemezan ou à La Barthe pour les femmes violentées. C’est inacceptable. »

Le PCF No Pasaran revendique la création d’une maison du droit des femmes, accompagnée d’un observatoire local de lutte contre le racisme et les discriminations de genre. « C’est un marqueur fondamental de la démocratie, surtout quand l’extrême droite gagne du terrain et sature les médias. »


Transports, santé et services publics : reconstruire le commun

Les communistes dénoncent l’absence totale de politique de transports intercommunaux.
« On ne peut pas dire qu’on ne peut pas mailler le territoire, alors que 4 000 personnes se déplacent tous les jours pour travailler. »

Ils défendent le développement de transports publics gratuits, de mobilités partagées et la réouverture de la ligne ferroviaire Lannemezan–Arreau. « On peut aller skier de Toulouse à Luchon en train, mais pas travailler à Saint-Lary depuis Lannemezan. C’est absurde. »

Sur la santé, le constat est tout aussi sévère. « Ne pas avoir répondu à l’appel à intérêt de la Région pour un centre de santé public, c’est une faute politique. On ne peut pas laisser 5 000 personnes sans médecin, » estime Pascal Lachaud.

Les communistes réclament un centre de santé public intercommunal, un soutien fort à l’hôpital et une campagne pour la réouverture de la maternité.


Face à l’extrême droite : unité populaire et contre-pouvoirs

En conclusion, les militants insistent sur la nécessité de reconstruire du lien social.
« Si on ne règle pas les questions de pouvoir d’achat, de logement, de services publics, on laisse du champ l’extrême droite. »

Le PCF No Pasaran affirme vouloir rester un contre-pouvoir, quelle que soit l’issue des municipales.
« Il n’y a pas de salut pour une organisation seule. Le rassemblement doit aller bien au-delà des partis politiques. » Approchés par la France Insoumise, mais qui a finalement refusé de former une alliance et une liste commune de gauche pour les Municipales à Lannemezan, les Communistes vont donc faire marche seul, tentant de briguer des mairies ailleurs sur le Plateau et ses alentours.

Ouvert aux alliances à gauche mais sans renoncer à ses valeurs, le PCF se dit prêt à discuter, à condition que des propositions concrètes soient mises sur la table. « Il n y aura pas de luttes fratricides. Nous irons là où sont les luttes, avec celles et ceux qui veulent vraiment changer les choses. »



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