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Pourquoi la SHEM renforce la sécurité du barrage d’Orédon 


À 1 850 mètres d’altitude, au cœur des Hautes-Pyrénées, la Société Hydro-Électrique du Midi lance un programme de travaux majeur sur le barrage d’Orédon. Objectif : adapter cet ouvrage historique aux exigences actuelles de sûreté en augmentant fortement sa capacité d’évacuation des crues, y compris les plus exceptionnelles.

Construit entre 1869 et 1884, le barrage d’Orédon, situé sur la commune d’Aragnouet, fait partie des infrastructures hydrauliques anciennes toujours en activité. Comme tous les barrages classés, il est équipé d’un dispositif permettant d’évacuer les excédents d’eau en cas de fortes précipitations, garantissant ainsi la stabilité de l’ouvrage. Mais aujourd’hui, cet équipement atteint ses limites : il permet d’évacuer des crues inférieures à une crue centennale, avec un débit maximal d’environ 50 m³/s. Face à l’évolution des normes et des risques, l’État impose désormais des capacités bien supérieures pour les grands barrages.

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Multiplier par quatre la capacité d’évacuation

Le projet porté par la Société Hydro-Électrique du Midi, filiale du groupe ENGIE, vise à franchir un cap décisif. Le futur évacuateur permettra d’atteindre un débit de 213 m³/s, soit plus de quatre fois la capacité actuelle. Cette évolution permettra de gérer des crues dites « décamillénales », c’est-à-dire des phénomènes extrêmement rares susceptibles de survenir statistiquement une fois tous les 10 000 ans. Les eaux évacuées seront dirigées vers un tunnel souterrain de 128 mètres de long et de 4,60 mètres de diamètre, dimension notable dans un environnement de haute montagne.

Une solution technique adaptée à un site contraint

Le barrage d’Orédon est implanté dans un site géographique particulièrement étroit, au cœur d’une gorge empruntée par la Neste de Couplan. Dans ce contexte, toute extension classique de l’ouvrage est impossible. Pour répondre à cette contrainte, les ingénieurs ont retenu une solution innovante : un évacuateur de crue en forme de labyrinthe. Sa ligne de déversement en zigzag permet d’augmenter significativement la capacité d’évacuation sans emprise supplémentaire au sol. Ce choix illustre l’adaptation des solutions techniques aux contraintes du terrain, notamment en zone de montagne. En parallèle, des améliorations seront apportées aux dispositifs de surveillance du barrage, afin de renforcer le suivi de l’ouvrage en continu.

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Un chantier étalé sur trois ans

Les travaux se dérouleront entre 2026 et 2028, selon un calendrier adapté aux conditions climatiques de la haute montagne, en particulier l’enneigement.

Trois phases sont prévues :

2026 : installation du chantier, sécurisation des versants, mise en place des protections environnementales, création des accès et creusement de l’auge destinée au futur évacuateur.

2027 : creusement du tunnel et construction de l’ouvrage principal.

2028 : revêtement du tunnel, finalisation de l’ouvrage de restitution, repli du chantier et remise en état des sites.

Un projet sous contrainte environnementale forte

Le barrage est situé au cœur de la réserve naturelle du Néouvielle, un site classé particulièrement sensible sur le plan écologique. Dans ce contexte, le projet a été conçu pour limiter au maximum son impact sur les milieux naturels. Des mesures spécifiques seront mises en œuvre pour protéger la faune et la flore tout au long du chantier.

Activité maintenue et information du public

Malgré l’ampleur des travaux, l’exploitation du barrage sera maintenue. L’activité touristique autour du site, très fréquenté en période estivale, pourra également se poursuivre. Un dispositif d’information dédié accompagnera le public durant toute la durée du chantier, notamment via le site internet de la SHEM, afin de suivre l’avancement des travaux et les éventuelles adaptations sur le terrain. En toile de fond, ce chantier illustre l’évolution des exigences de sécurité appliquées aux ouvrages hydrauliques anciens, dans un contexte où la gestion des risques liés aux événements climatiques extrêmes devient une priorité.

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