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Pyrénées – Dermatose bovine : barrage filtrant vers les stations de ski : Michel Pélieu prend la parole


Alors que la mobilisation du monde agricole se poursuit dans les Hautes-Pyrénées autour de la gestion de la dermatose bovine, Michel Pélieu a réagi ce jeudi 18 décembre 2025 à Tarbes. Le président du Département dit comprendre la colère des éleveurs, tout en condamnant fermement les actions visant le tourisme et l’accès aux stations de ski.

La gestion de la dermatose bovine continue de susciter une forte mobilisation du monde agricole dans les Hautes-Pyrénées. Les éleveurs, confrontés aux conséquences sanitaires et économiques de la maladie, multiplient les actions pour faire entendre leurs revendications, notamment sur les modalités de gestion des troupeaux touchés. Dans ce contexte tendu, certaines actions perturbent l’accès aux vallées et aux stations de ski du département, en pleine période touristique hivernale. Un barrage filtrant a été mis en place ce jeudi à Hèches provoquant des réactions au sein des acteurs locaux, dont celle de Michel Pélieu.

Le soutien réaffirmé aux éleveurs

Dans une prise de position publique, Michel Pélieu rappelle d’abord son engagement auprès du monde agricole. « J’ai déjà exprimé clairement mon soutien aux éleveurs de ce département dont je partage pleinement les préoccupations », affirme-t-il, soulignant avoir relayé « avec insistance leurs revendications légitimes y compris au plus haut niveau de l’État ». Le président du Département insiste toutefois sur le fait que la gestion de cette crise sanitaire, tout comme la politique agricole, relève du niveau national. « En tant que responsable local, j’ai fait ce qui était en mon pouvoir », précise-t-il.

Le refus des actions visant le tourisme

Michel Pélieu se montre en revanche très critique à l’égard du barrage filtrant mis en place ce jeudi et touchant le secteur touristique. Il dit ne pas pouvoir « comprendre et encore moins accepter que la contestation s’en prenne au tourisme des Hautes-Pyrénées en perturbant sévèrement l’accès aux stations de ski », estimant que ces actions laissent entendre, à tort selon lui, qu’il détiendrait à lui seul la solution à la crise.

« Je ne peux comprendre le blocage du département », insiste-t-il, dénonçant des actions qu’il juge contre-productives pour l’ensemble du territoire.

Agriculture et tourisme, « deux jambes » indissociables

Dans sa réaction, Michel Pélieu développe une vision globale de l’économie départementale. « L’économie de ce département marche sur deux jambes : l’agriculture et le tourisme », explique-t-il, avant d’ajouter : « Et quand j’ai une jambe qui souffre, je ne m’attaque pas à la deuxième, sinon je m’effondre. »

Selon lui, l’agriculture n’a « rien à gagner à la dégradation du tourisme ». Il rappelle la complémentarité historique entre les deux secteurs dans les Hautes-Pyrénées : l’agriculture valorise les paysages, les productions locales, l’identité et l’art de vivre, tandis que le tourisme génère de l’emploi, y compris au-delà des vallées, et constitue des débouchés importants pour les productions agricoles.

Un appel à la solidarité plutôt qu’à la confrontation

Pour le président du Département, la logique de blocage va à l’encontre des intérêts locaux. « Bloquer l’accès aux vallées, ce n’est donc pas empêcher les touristes de faire du ski, c’est faire le choix de priver les Haut-Pyrénéens de leur travail, de leurs revenus et d’abîmer plus encore le secteur agricole lui-même », estime-t-il. Il refuse ainsi de « cautionner une action mortifère » et dénonce ce qu’il qualifie de « politique de la terre brûlée ».

La question centrale de l’abattage des troupeaux

Michel Pélieu identifie enfin ce qu’il considère comme le cœur du débat actuel. « La solution réside désormais dans la résolution d’un seul questionnement », explique-t-il, soutenant l’interrogation portée par les éleveurs auprès de l’État : « Quelle est aujourd’hui l’alternative à l’abattage total des troupeaux ? »

Selon lui, c’est à travers l’examen de cette question, et « à ce prix, celui de l’abandon de ce tabou, quelles qu’en soient les modalités d’application », que pourra s’ouvrir « le chemin d’un dialogue constructif ».

À Tarbes, ce 18 décembre 2025, la prise de position de Michel Pélieu marque ainsi une volonté de maintenir un équilibre entre soutien au monde agricole et préservation des autres piliers économiques du département, dans l’attente de réponses de l’État sur la gestion de la crise sanitaire.

Réaction de Michel Pélieu : Mobilisation du monde agricole – dermatose bovine

« J’ai déjà exprimé clairement mon soutien aux éleveurs de ce département dont je partage pleinement les préoccupations. En revanche, je ne peux comprendre et encore moins accepter que la contestation s’en prenne au tourisme des Hautes-Pyrénées en perturbant sévèrement l’accès aux stations de ski à commencer par celles de mon canton laissant ainsi supposer que je détiendrais la solution à leurs problèmes. Cette gestion de crise, comme la politique agricole, relèvent du niveau national. En tant que responsable local, j’ai fait ce qui était en mon pouvoir :

– Exprimer un soutien clair et engagé auprès des éleveurs et

– Relayer avec insistances leurs revendications légitimes y compris au plus haut niveau de l’Etat.

Mais je ne peux comprendre le blocage du département.

L’économie de ce département marche sur deux jambes : l’agriculture et le tourisme. Et quand j’ai une jambe qui souffre, je ne m’attaque pas à la deuxième, sinon je m’effondre.

L’agriculture n’a rien à gagner à la dégradation du tourisme. Rien.

L’agriculture et le tourisme sont, dans ce département, très complémentaires :

– l’agriculture apporte ses productions, valorise les paysages et offre un art de vivre et une identité auxquels nous sommes tous attachés.

– de son côté le tourisme apporte l’emploi, bien au-delà des vallées, et des débouchés indiscutables pour les productions locales.

Il doit y avoir, entre ces deux secteurs d’activité, non pas une concurrence mais une solidarité. Bloquer l’accès aux vallées, ce n’est donc pas empêcher les touristes de faire du ski, c’est faire le choix de priver les Haut-Pyrénéens de leur travail, de leurs revenus et d’abimer plus encore le secteur agricole lui-même.

Cela, je ne peux l’accepter. Je ne peux cautionner une action mortifère qui ferait le choix de recourir à la politique de la terre brûlée.

La solution réside désormais dans la résolution d’un seul questionnement. Une interrogation que les éleveurs posent à l’Etat et que je soutiens : quelle est aujourd’hui l’alternative à l’abattage total des troupeaux ?

C’est à ce prix, celui de l’abandon de ce tabou, et qu’elles qu’en soient les modalités d’applications, que nous retrouverons le chemin d’un dialogue constructif. »



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