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Pyrénées – Fin de vie : Josette Durrieu prend la parole


Le débat sur la fin de vie a ressurgi avec force au Sénat les 19 et 20 janvier 2026. À l’issue d’échanges particulièrement tendus, la Haute assemblée a rejeté l’article 4 de la proposition de loi relative à une « fin de vie maîtrisée ». Un vote qui relance les interrogations éthiques, médicales et politiques autour du droit de mourir dignement en France. Dans les Hautes-Pyrénées, Josette Durrieu prend position.

La question de la fin de vie continue de diviser profondément la société française. Deux approches s’opposent depuis plusieurs années. Josette Durrieu, Sénatrice honoraire des Hautes-Pyrénées et Membre honoraire du Parlement, a toujours été très sensible à ce sujet et active déjà avec Henri Caillavet (Sénateur et ancien Maire de Bourisp) lors de la création de l’association « pour le droit de mourir dans la dignité ».

D’un côté, le cadre actuel, issu notamment de la loi Claeys-Leonetti, qui repose sur le refus de l’acharnement thérapeutique et autorise une sédation profonde et continue jusqu’au décès dans certaines situations. De l’autre, la possibilité d’une aide active à mourir, par un geste létal, strictement encadrée par des directives anticipées écrites, actualisées et respectées. Ce débat s’inscrit également dans un contexte de fortes disparités territoriales. En France, une vingtaine de départements ne disposent pas d’une offre complète de soins palliatifs, rendant inégal l’accès au soulagement de la douleur et à l’accompagnement de la fin de vie.

Au Sénat, un débat jugé « accablant » par certains observateurs

Présente à la tribune lors des séances des 19 et 20 janvier, l’ancienne sénatrice des Hautes-Pyrénées Josette Durrieu a assisté à des échanges qu’elle qualifie d’« accablants », notamment en présence d’Alain Claeys, co-auteur de la loi Claeys-Leonetti.

L’article 4 de la proposition de loi concentrait l’essentiel des enjeux. Il était ainsi rédigé : « Le médecin sauvegarde la dignité du mourant et assure la qualité de sa fin de vie en dispensant les soins visés… »

Cet article a finalement été rejeté par 144 voix contre et 123 pour. Ce rejet a entraîné, de fait, l’enterrement du texte par la Haute assemblée, du moins à ce stade de la procédure parlementaire.

Soins palliatifs et aide à mourir : une opposition persistante

Dans le débat sénatorial, la question des soins palliatifs a occupé une place centrale. Pour certains intervenants, ils constituent la seule réponse acceptable à la souffrance en fin de vie. D’autres dénoncent une invocation « incantatoire » de ces soins, alors même que les moyens manquent et que le maillage territorial reste incomplet.

Selon Josette Durrieu, le rejet de l’article 4 revient également à s’opposer par anticipation à un « choix opposable » du patient en matière de soulagement, dans un contexte où l’accès effectif aux soins palliatifs n’est pas garanti partout sur le territoire.

Analyse d’un vote aux lignes politiques brouillées

Le scrutin a révélé des clivages inattendus. À gauche, le Parti socialiste s’est prononcé en faveur de l’article 4 et de l’aide à mourir dans la dignité. En revanche, le Parti communiste a voté contre, tandis que les écologistes se sont abstenus.

Au centre et au sein de la majorité présidentielle, les positions se sont réparties de manière quasi égale : un tiers pour, un tiers contre et un tiers d’abstentions.

Chez Les Républicains, majoritaires au Sénat, le vote a été largement déterminant. Inspiré par une ligne conservatrice portée notamment par Bruno Retailleau, le groupe a vu une partie de ses membres voter pour le texte, tandis que d’autres s’y opposaient ou s’abstenaient. Le résultat final a scellé le sort de l’article.

Un débat philosophique et politique de fond

Au-delà du vote, les échanges ont mis en lumière des divergences profondes sur la conception de l’être humain et de la société. Les opposants à l’aide à mourir évoquent une loi « inhumaine », « contre nature » ou susceptible de provoquer une « rupture anthropologique de civilisation ».

À l’inverse, les défenseurs du texte parlent d’une loi de « compassion », fondée sur les droits humains fondamentaux, et sur la liberté pour chacun de disposer de son corps et de sa vie face à une maladie incurable.

Josette Durrieu dénonce, pour sa part, l’imposition d’une « morale privée » et de « forces dogmatiques » qu’elle estime déconnectées des arguments éthiques ou juridiques, et incompatibles avec les principes de laïcité.

Un rendez-vous décisif à l’Assemblée nationale

Le texte rejeté par le Sénat doit désormais revenir devant l’Assemblée nationale le 16 février. Les députés auront à se prononcer sur un sujet qui dépasse les clivages partisans et qui touche à l’intime.

Selon plusieurs sondages régulièrement cités dans le débat public, plus de 80 % des Français se déclarent favorables à une loi encadrant une fin de vie maîtrisée. Reste à savoir si cette attente trouvera une traduction législative dans les semaines à venir.

Le communiqué de presse 

La position de Josette Durrieu

Comment mourir dignement ?

– Faut-il « laisser mourir » et maintenir en vie artificielle avec acharnement thérapeutique tout en sachant que sur le territoire français une vingtaine de départements n’offrent pas de « soins palliatifs »

ou

– Aider à mourir par un geste létal et une sédation profonde dans le respect des strictes « directives anticipées » écrites et actualisées afin de répondre au mieux au risque et à la peur d’un « glissement » non maitrisé …

Au Sénat (19/20 janvier 2026) …  Présente à la tribune, j’ai assisté à un débat accablant avec Alain Claeys (Loi Claeys – Leonetti)

Sidérant : L’article 4 de la proposition de loi sur « la fin de vie maitrisée » était ainsi libellé 

« le médecin sauvegarde la dignité du mourant et assure la qualité de sa fin de vie en dispensant les soins visés… ». 

Le texte a été rejeté par 144 voix Contre et 123 Pour !

Le texte est enterré par la Haute assemblée

– Ni fin de vie anticipée…

– Ni soins palliatifs … Les soins palliatifs sont un véritable « cheval de Troie » brandis de façon incantatoire pour pallier l’absence de volonté de faire avancer « la fin de vie ». Ainsi, sachant que les moyens font défaut et que territoire n’est pas maillé… le gouvernement et le Sénat se sont prononcés, également et par anticipation, contre le « choix opposable » du patient au « soulagement » !

Je dénonce cette morale privée et sectaire qui s’impose en tactique politique.

Analyse d’un vote !

A Gauche… Surprise !

Si le PS se prononce favorablement Pour l’article 4 et l’aide à mourir dans la dignité… le PC vote Contre et les écologistes s’abstiennent ! Les centristes et les macronistes sont divisés en trois tiers : 1/3 Pour, 1/3 contre et 1/3 s’abstiennent. Quant aux Républicains LR, le groupe des conservateurs, largement majoritaire au Sénat, inspiré par Bruno Retailleau, donneur d’ordres… une partie vote le texte 76, pour les autres 82 voix, 31 contre et 51 abstentions … la messe est dite ! 

Le texte reviendra à l’Assemblée Nationale le 16 février !

Philosophie et politique…

– La mort choisie serait-elle une « loi inhumaine » et contre nature qui « changerait la conception même de l’être humain » comme affirmé ? Non, c’est une loi de « compassion ».

– Serait-elle « une rupture anthropologique de civilisation » selon la litote du sénateur Retailleau ?

Quelle est donc cette « morale privée » faite d’interdits et de contrôle social ? 

Quelles sont ces « forces dogmatiques » qui ne sont fondées sur aucun argument éthique ou juridique ? Ce ne sont que des postulats religieux érigés en stratégie politique.

– Une rhétorique de la peur et des formules kabbalistiques qui nous impose une vision religieuse de l’être humain « entité intangible et sacrée ». Selon certaines « vérités révélées », la vie et le corps sont « donnés »… ils ne nous appartiennent pas.

– C’est faire fi des « droits humains » fondamentaux et reconnus. Du droit légitime pour « l’autre » de disposer de son corps et de sa vie. C’est refuser à l’individu, devant la maladie incurable, le droit de déterminer lui-même sa mort. 

Pour les forces conservatrices c’est tout simplement refuser l’évolution de la société … et nier les principes fondamentaux de la laïcité.

Ce sont les députés qui devront, maintenant, répondre à l’attente de plus de 80% des Français favorables à cette loi sur la fin de vie maitrisée.

Josette DURRIEU, Sénatrice honoraire – Membre honoraire du Parlement



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