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sur-Baïse – Maison Ader : près d’un siècle de porc, entre tradition et conquête
Depuis 1926, la Maison Ader à Trie-sur-Baïse bâtit sa réputation sur un principe resté inchangé : la qualité du produit avant tout.
La Maison Ader à Trie-sur-Baïse, spécialisée principalement dans la transformation de la viande de porc, transforme également, dans une moindre mesure, de la viande de canard, toujours avec la même exigence artisanale. Aujourd’hui dirigée par la troisième génération, elle incarne la continuité d’un savoir-faire familial transmis avec rigueur. « Notre métier, c’est d’abord un savoir-faire. Nous avons grandi, mais nous n’avons jamais perdu cette exigence du travail bien fait », confie-t-elle. Dès ses débuts, une première boutique voit le jour et permet de faire connaître des produits reconnus pour leur goût et leur régularité. Très vite, l’activité s’élargit aux collectivités : l’entreprise approvisionne l’arsenal de Tarbes et participe à la vie économique locale, y compris lors de grands rassemblements comme ceux de 1936. « Nous avons toujours été au plus près de notre territoire et de ses besoins. »
L’histoire d’une transmission
L’histoire de la Maison Ader est aussi celle d’une transmission. Avec l’arrivée de la génération suivante, un nouveau cap est franchi. L’un des fils, formé comme apprenti puis compagnon, impulse un tournant décisif en développant la vente en gros. « Il a structuré l’entreprise et posé les bases de notre organisation actuelle, en associant production et commerce. » Mais cette évolution ne se fait pas au détriment de l’essentiel. « Nous restons des artisans dans notre manière de travailler : sélection rigoureuse des viandes, respect des recettes, maîtrise des temps de fabrication. Ce sont ces détails qui font la différence. »
38 salariés
Aujourd’hui, la Maison Ader compte 38 salariés et déploie son activité du Grand Sud jusqu’à la région Île-de-France. Son organisation repose sur une équipe de 8 commerciaux, 4 collaborateurs administratifs et des équipes majoritairement tournées vers la production et la logistique. « Nous avons grandi, mais nous tenons à garder la main sur chaque étape. Maîtriser notre circuit, de l’achat à la distribution, c’est essentiel pour garantir la qualité. » Car pour l’entreprise, la croissance n’a de sens que si elle s’inscrit dans la continuité de ses valeurs.
Cette exigence se retrouve dans ses choix stratégiques. La Maison Ader réalise 80 % de ses achats en France. « Nous privilégions des filières que nous connaissons, avec lesquelles nous avons construit une relation de confiance. La qualité commence à l’élevage. » L’entreprise s’inscrit également dans une démarche forte en faveur du biologique, qui représente aujourd’hui 45 % de son activité. Le porc bio est introduit dès 2011, avec une certification obtenue en 2013. « Le bio s’est imposé comme une évidence : il correspond à notre vision d’une production plus respectueuse, mais aussi à une attente forte des consommateurs. »
Une certaine idée du métier
Au-delà des chiffres, la Maison Ader revendique une certaine idée du métier. « L’artisanat, ce n’est pas seulement une méthode, c’est une culture. Cela veut dire prendre le temps, maîtriser les gestes, refuser les compromis sur le goût. » Une philosophie qui se traduit dans la qualité constante des produits, mais aussi dans la fidélité de sa clientèle.
Après une phase de stabilisation, l’entreprise se projette désormais vers une nouvelle étape de développement. Sa clientèle se répartit entre la grande distribution, qui représente 50 % de son activité, et les filières spécialisées (20 %), notamment des réseaux comme Biocoop. « Nous voulons renforcer notre présence, gagner en visibilité, mais toujours en restant fidèles à ce que nous sommes. »
À l’heure où le secteur agroalimentaire évolue rapidement, la Maison Ader fait le choix de la cohérence. Entre tradition et modernité, elle poursuit sa croissance avec une ligne directrice claire : préserver l’authenticité de ses produits tout en s’adaptant aux exigences d’aujourd’hui. « Notre ambition n’est pas de produire plus à tout prix, mais de produire mieux. C’est ce qui nous guide depuis près d’un siècle, et ce qui continuera de nous faire avancer. »