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Centre Hospitalier Tarbes-Lourdes – « Des outils obsolètes et parfois indignes » : la parole sans détour du docteur Thierry Dulac pour un nouvel hôpital
Le Centre Hospitalier Tarbes-Lourdes (CHTL) a organisé, mardi 13 janvier, la cérémonie des vœux 2026. Réunis à la salle des fêtes de Lanne, le docteur Thierry Dulac, président de la Commission médicale d’établissement (CME), est intervenu pour livrer son analyse de l’année écoulée et exprimer les priorités qu’il entend défendre pour l’année 2026 dont le projet de nouvel hôpital à Lanne.
Dans son intervention, le président de la Commission médicale d’établissement (CME) a souligné le caractère structurant de l’année 2025 pour l’avenir du Centre Hospitalier Tarbes-Lourdes. « Sur ce que nous avons ressenti de l’année 2025, je retiendrai simplement qu’elle aura été une année marquée par de nombreuses avancées stratégiques pour l’avenir de notre département », a-t-il déclaré.
Le docteur Thierry Dulac a tenu à remercier l’ensemble des acteurs impliqués dans ces évolutions, mettant en avant la refonte complète du projet médical de l’établissement. Selon lui, ce projet médical est désormais « en cours de conversion en termes de projets médico-soignants pour le début de l’année 2026 ».
De nouvelles autorisations et le rôle départemental du CHTL
Le président de la CME est également revenu sur la mise en œuvre de nouvelles activités soumises à autorisation, avec l’obtention de nouvelles mentions chirurgicales. Ces décisions viennent, selon lui, confirmer le rôle du Centre Hospitalier Tarbes-Lourdes comme plateau technique départemental. Il a remercié l’Agence régionale de santé (ARS) ainsi que la délégation départementale pour leur accompagnement dans l’instruction de ces dossiers.
Abordant les perspectives à plus long terme, le docteur Thierry Dulac a indiqué que ces évolutions devaient « préfigurer ce que sera demain le site unique » à Lanne. « Je précise à ceux qui souhaiteraient raboter nos ambitions qu’ils se trompent : le CHTL n’est pas le CH de Montauban, nous sommes à 164 km du CHU et le CH de Pau n’est pas un CHU. Nous restons un établissement de recours et les soignants ne céderont rien sur l’objectif de répondre aux besoins de santé de notre territoire et de faire bénéficier la population des progrès scientifiques de la médecine auxquels ils ont légitimement droit. »
Le docteur Thierry Dulac a consacré une part importante de son intervention à l’état des infrastructures et des conditions matérielles dans lesquelles travaillent les équipes du Centre Hospitalier Tarbes-Lourdes.
« J’invite ces personnes à venir voir sur le terrain comment nous continuons à fonctionner dans des conditions de plus en plus inacceptables »
Évoquant la perspective du futur site unique, il a estimé que les projets engagés devaient permettre de « remplacer au plus vite des outils obsolètes et parfois indignes que nous subissons depuis trop longtemps tant pour la communauté soignante que pour les usagers, par la faute des tergiversations de ceux qui n’ont aucune compétence en matière de santé et qui n’en ont pas toujours conscience. ».
Selon le président de la Commission médicale d’établissement, ces difficultés ne sont pas le fruit du hasard. Il n’a pas manqué de s’adresser à ceux qui s’oppose au projet de nouvel hôpital « qui n’ont aucune compétence en matière de santé », ajoutant : « Nous ne sommes pas aux ordres et j’invite ces personnes à venir voir sur le terrain comment nous continuons à fonctionner dans des conditions de plus en plus inacceptables. »
Le docteur Thierry Dulac a également tenu à rappeler la position des soignants face à cette situation, affirmant que « la communauté soignante n’est pas disposée à faire fonctionner un “dispensaire de seconde zone” ». Une formule qui illustre, selon lui, la détermination des équipes à refuser toute dégradation durable de l’offre de soins.
Malgré ce constat sévère, il a réaffirmé la volonté des professionnels de poursuivre le développement de l’établissement. « Nous allons continuer à travailler sur nos projets et nos innovations », a-t-il déclaré, soulignant que ces ambitions restent indissociables de l’amélioration des conditions d’exercice et de l’accès de la population aux progrès de la médecine.
« Sans concession face aux manœuvres électoralistes de candidats qui tenteraient de prendre nos projets en otage »
« L’année à venir sera pour moi celle de la rupture avec une année sans concession. Sans concession sur l’avancée de nos projets structurants tant pour la période intermédiaire que pour le dossier de Lanne qui reste notre objectif. Sans concession sur l’affirmation de la supériorité de la parole des soignants sur celle des « contemplatifs ». Sans concession face aux manœuvres électoralistes de candidats qui tenteraient de prendre nos projets en otage ; je saurai les renvoyer publiquement à leurs responsabilités. Sans concession enfin sur la défense de l’hôpital public, seul garant d’une offre de soins sans rentabilité et pilier de la gestion des crises sanitaires comme nous l’avons vu avec le Covid. »
Pour le président de la CME, ces enjeux matériels dépassent la seule question des bâtiments ou des équipements. Ils conditionnent directement la capacité du Centre Hospitalier Tarbes-Lourdes à assumer son rôle d’établissement de recours à l’échelle départementale et à répondre aux besoins de santé du territoire.
« Le « plus jamais comme avant » promis après la crise du Covid ne doit pas devenir « pire qu’avant » »
Il a également réaffirmé son attachement à l’hôpital public, qu’il a présenté. « Je remercie notre directeur pour les liens de confiance et de respect mutuel qui se sont tissés, et je m’emploierai à ce que ce modèle de gouvernance descende jusqu’à l’échelon des services. Je regrette que les parlementaires ne soient pas présents pour entendre que le « plus jamais comme avant » promis après la crise du Covid ne doit pas devenir « pire qu’avant ». L’année 2026 sera celle de la combativité et de la détermination. Je ne céderai rien à ma détermination de défendre la collectivité soignante, médicale comme paramédicale, jusqu’à la fin de mon mandat. Je termine en vous adressant à tous, ainsi qu’à vos familles, mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année. »