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comment le corps encaisse (vraiment) l’effort
Du GR10 aux pentes du Pic du Midi, les sentiers pyrénéens n’ont jamais été aussi fréquentés.
Chaque été, des milliers de randonneurs et de traileurs s’élancent à l’assaut des cols, portés par l’engouement pour les courses de montagne et le passage du Tour de France dans nos vallées. Mais derrière les panoramas du Néouvielle ou du cirque de Gavarnie, l’effort en altitude impose des contraintes bien réelles à l’organisme. Dénivelé, chaleur, déshydratation : les secours en montagne le rappellent chaque saison, une sortie mal préparée peut vite tourner court. Alors, comment les sportifs des Pyrénées préparent-ils leur corps ?
L’alimentation, premier équipement du montagnard
On pense bâtons, chaussures et frontale. On oublie trop souvent l’assiette. Une journée de randonnée en montagne avec 1 200 mètres de dénivelé positif peut brûler entre 3 000 et 4 000 calories. En altitude, le corps puise dans ses réserves de glycogène, transpire davantage et perd des minéraux essentiels comme le sodium, le magnésium ou le potassium, dont le déficit se traduit par des crampes, des coups de fatigue, voire des malaises sur les sentiers.

Les entraîneurs des clubs de trail de Bigorre le répètent : la préparation physique commence des semaines avant l’ascension, avec une alimentation riche en glucides complexes, en protéines de qualité et une hydratation rigoureuse. Certains sportifs réguliers complètent cette base avec une gamme de compléments alimentaires (électrolytes, magnésium ou protéines de récupération), une pratique désormais courante chez les coureurs de montagne, à condition qu’elle vienne appuyer une alimentation équilibrée, jamais la remplacer.
Récupérer : l’étape que les Pyrénéens ne négligent plus
La culture de la récupération sportive a fait son chemin dans le massif. Les curistes le savent depuis longtemps : les eaux thermales de Bagnères-de-Bigorre, Cauterets ou Luz-Saint-Sauveur soulagent les articulations mises à rude épreuve par les descentes. Les sportifs d’aujourd’hui y ajoutent des réflexes simples et éprouvés. Réhydrater l’organisme dans les deux heures suivant l’effort permet de compenser les pertes en sels minéraux, tandis qu’un apport en protéines rapidement après la sortie, comme la whey ou le collagène, favorise la reconstruction musculaire et le soutien des articulations. Un sommeil de qualité, d’autant plus réparateur que l’effort a été long, complète le tableau, tout comme l’alternance entre sorties intenses et journées de marche douce en vallée.
Le bon sens montagnard avant tout
Les guides de haute montagne du département sont unanimes : aucun produit, aucune préparation ne remplace la progressivité. Monter en puissance sur plusieurs semaines, adapter son itinéraire à la météo (les épisodes de canicule de cet été l’ont encore prouvé) et savoir renoncer restent les meilleures garanties de profiter des sommets. Car c’est bien là l’essentiel : dans les Pyrénées, la montagne se mérite mais ne se brusque pas. Bien nourri, bien hydraté, bien reposé, le corps devient le plus fiable des compagnons de cordée. Et les paysages du massif, du Balaïtous au pic de Néouvielle, n’en sont que plus beaux à savourer.
