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Dix ans après le drame du “Choucas 65”, l’émotion intacte lors d’un hommage solennel à quatre héros
Dix ans jour pour jour après l’accident du “Choucas 65” sur le glacier d’Ossoue, les Hautes-Pyrénées ont rendu hommage, ce mercredi 20 mai 2026, aux quatre gendarmes morts en mission. À la SAG de Tarbes, autorités civiles, militaires, familles et camarades se sont réunis dans un moment de recueillement marqué par l’émotion et le devoir de mémoire.
Le souvenir demeure profondément ancré dans les rangs de la gendarmerie et du secours en montagne. Le 20 mai 2016, quatre membres du PGHM 65 et de la SAG de Tarbes perdaient la vie dans l’accident de l’hélicoptère “Choucas 65”, survenu lors d’une mission programmée de sécurisation des points d’ancrage du couloir de Gaube, sur le glacier d’Ossoue, dans les Hautes-Pyrénées. Les victimes étaient le capitaine Jean-Christophe Royer et le major Dominique Jamet, du détachement aérien de Tarbes, ainsi que les adjudants-chefs Christophe Cavailles et Lionel Loussalez-Artets, secouristes au PGHM de Pierrefitte-Nestalas. Dix ans après ce drame qui avait bouleversé la gendarmerie et le monde de la montagne, le Groupement de gendarmerie départementale des Hautes-Pyrénées, en collaboration avec les Forces aériennes de la gendarmerie, a organisé une cérémonie commémorative ce mercredi matin à la SAG de Tarbes.
Une cérémonie en présence des autorités civiles et militaires
De nombreuses personnalités avaient fait le déplacement pour cet hommage. Parmi elles figuraient le général de division Thibaut Lagrange, commandant la région de gendarmerie Occitanie et le groupement de la Haute-Garonne, le colonel Hugo Louis, commandant le groupement de gendarmerie départementale des Hautes-Pyrénées, le général de brigade Eric Espinal, commandant les Forces aériennes de la gendarmerie nationale, ainsi que le colonel Julien Bullock, commandant les Forces aériennes de gendarmerie de la zone sud.
Les autorités civiles étaient également représentées avec Jean Salomon, préfet des Hautes-Pyrénées, Sylvie Martins-Guedes, procureure de la République de Tarbes, Maryse Carrère, sénatrice des Hautes-Pyrénées, Patrick Vignes, maire de Laloubère et président de l’agglomération et Pascal Claverie, maire de Tarbes. Dans une atmosphère de recueillement, familles, proches, militaires et élus ont assisté à la cérémonie organisée au sein de la section aérienne de gendarmerie.
« Quatre frères d’armes »
Prenant la parole au cours de la cérémonie, le général de division Thibaut Lagrange a rendu un hommage appuyé aux quatre militaires disparus, évoquant « quatre camarades, quatre frères d’armes » morts « il y a dix ans jour pour jour » au cours « d’une phase de préparation opérationnelle ».
Dans son discours, il a rappelé la mission conduite ce jour-là sur le glacier d’Ossoue : l’équipement de la sortie du couloir de Gaube avec des points d’ancrage destinés à sécuriser les ascensions et les opérations de secours dans « un itinéraire d’alpinisme particulièrement engagé ». Le général a souligné l’engagement total de ces spécialistes du secours en montagne et des opérations aériennes : « Fidèles à leur vocation à servir, ils ont perdu la vie dans cet accident d’hélicoptère après avoir sauvé à maintes reprises la vie de victimes en grand péril, sans jamais avoir ménagé ni leur temps ni leur peine dans l’exercice du devoir. »
Il a également insisté sur les risques permanents liés aux missions en haute montagne : « Ils savaient mieux que quiconque que le maintien en conditions opérationnelles et les phases d’entraînement ne sont jamais anodines en haute montagne, où chaque arête, chaque masse d’air peuvent être des traîtres qui s’ignorent. »
Une mémoire toujours vivante dans les unités de secours
Au cours de son allocution, le général Lagrange a rappelé que plusieurs promotions d’élèves gendarmes portent désormais le nom des quatre militaires disparus, signe d’une mémoire entretenue au sein de l’institution.
Il a également évoqué le rôle quotidien des unités de secours en montagne, qu’il s’agisse des gendarmes du PGHM, des pilotes et mécaniciens des forces aériennes, mais aussi des CRS montagne, de la sécurité civile et des médecins du SAMU. Une pensée particulière a été adressée au capitaine Olivier Mariande, secouriste de la CRS Montagne décédé en service il y a un peu plus d’un an. Le commandant de la région de gendarmerie Occitanie a salué « le courage et le dévouement » de l’ensemble des personnels engagés dans ces missions où « la sauvegarde de la vie humaine » demeure la priorité absolue malgré les risques encourus.
Une stèle dévoilée pour perpétuer le souvenir
Moment particulièrement fort de la cérémonie : le dévoilement d’une stèle en mémoire des quatre militaires.
Pour le général Lagrange, ce monument symbolise « le perpétuel engagement sans compter » des pilotes, mécaniciens, secouristes et médecins engagés en montagne, parfois « au bout d’une corde, d’un treuil ou des manettes d’une machine ». Face aux familles présentes, il a adressé un message personnel aux proches des disparus, exprimant « respect » et « amitié » dix ans après « cette lourde perte ».
« Jamais nous ne les oublierons »
En conclusion de son discours, le général de division Thibaut Lagrange a affirmé que les quatre gendarmes demeurent « à tout jamais » dans les mémoires de leurs camarades et de la gendarmerie. « Jamais nous ne les oublierons. Toujours nous les honorerons. » Dix ans après le drame du “Choucas 65”, l’émotion reste vive dans les Hautes-Pyrénées. À Tarbes, cette cérémonie a rappelé la dangerosité des missions de secours en montagne, mais aussi l’engagement quotidien de celles et ceux qui interviennent pour sauver des vies, souvent au péril de la leur.






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Dix ans après le crash du Vignemale : le souvenir intact des quatre gendarmes disparus en mission
Le 20 mai 2016, un hélicoptère de la gendarmerie s’écrasait dans le massif du Vignemale, en Bigorre, coûtant la vie à quatre militaires des Hautes-Pyrénées. Dix ans après ce drame qui avait profondément marqué le territoire et le monde du secours en montagne, retour sur les circonstances de l’accident et sur les premières conclusions de l’enquête alors présentées par le procureur de Tarbes, Éric Serfass.
Le souvenir demeure vif dans les vallées pyrénéennes. Dix ans après le crash de l’hélicoptère EC145 de la gendarmerie au-dessus du couloir de Gaube, les Hautes-Pyrénées continuent de porter la mémoire de quatre gendarmes morts en service dans le massif du Vignemale. Le 21 mai 2016, au lendemain de l’accident, le procureur de la République de Tarbes, Éric Serfass, s’exprimait publiquement pour faire un point sur l’enquête ouverte après le drame. Une enquête judiciaire pour homicides involontaires avait alors été confiée à la section de recherches de la gendarmerie de l’air.
Quatre gendarmes des Hautes-Pyrénées tués dans l’accident
Lors de cette conférence de presse, le magistrat avait confirmé l’identité des quatre victimes, toutes membres des unités de gendarmerie du département. Le pilote de l’appareil était le capitaine Jean-Christophe Royer, âgé de 49 ans. À ses côtés se trouvait l’adjudant Dominique Jamet, 48 ans, mécanicien co-pilote du détachement aérien de la gendarmerie de Tarbes. Deux militaires du Peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) de Pierrefitte-Nestalas avaient également perdu la vie : l’adjudant-chef Christophe Cavaillès, 45 ans, et l’adjudant-chef Lionel Loussalez-Artets, 43 ans. Le drame était survenu alors qu’une équipe effectuait un entraînement de secours en montagne dans le massif du Vignemale, point culminant des Pyrénées françaises à 3 298 mètres d’altitude.
Une mission d’entraînement dédiée au secours en montagne
Le procureur avait rappelé que cette opération réunissait cinq gendarmes du PGHM, un médecin, le pilote et le mécanicien co-pilote. L’objectif de la mission consistait à équiper et compléter des points d’ancrage situés autour de 3 000 mètres d’altitude afin de faciliter de futurs secours sur des voies d’escalade difficiles. Dans son intervention, Éric Serfass insistait sur la vocation première du PGHM : porter assistance aux personnes en danger dans des secteurs particulièrement exposés. Selon lui, cette journée du 20 mai 2016 relevait certes d’un entraînement obligatoire pour maintenir le niveau opérationnel des équipes, mais répondait également à une nécessité concrète de sécurisation des secours futurs. Les exercices concernaient aussi l’équipage aérien. Les pilotes devaient notamment s’entraîner aux approches en haute montagne, aux déposes de matériel et aux manœuvres au plus près des parois, sans contact avec le sol. Des opérations considérées comme indispensables pour intervenir ensuite dans des conditions réelles.
Le choc contre la paroi quelques instants après le décollage
Selon les premiers éléments communiqués à l’époque, les gendarmes avaient terminé avec succès leur opération d’équipement vers midi et se repliaient vers la vallée lorsque l’accident s’est produit. Le procureur avait alors détaillé la trajectoire de l’hélicoptère. L’EC145 aurait chuté d’environ 3 100 mètres d’altitude jusqu’au glacier des Oulettes, près de 600 mètres plus bas. Le premier choc serait intervenu peu après le départ du glacier supérieur d’Ossoue. Une pale du rotor principal aurait heurté la paroi proche du sommet du Vignemale. L’appareil se serait ensuite disloqué avant de heurter à nouveau violemment la montagne puis de s’écraser sur le glacier inférieur. Ces éléments constituaient alors les toutes premières constatations réalisées sur le terrain. Face à l’émotion suscitée par le drame, le procureur avait tenu à rappeler la prudence nécessaire au début des investigations. « Nous ne sommes pas à l’heure des conclusions mais des premières investigations », déclarait-il alors. Les enquêteurs devaient déterminer si le choc du rotor contre la roche constituait la cause directe de l’accident ou la conséquence d’un autre événement préalable. Parmi les pistes évoquées figuraient notamment une éventuelle défaillance technique ou encore une circonstance aérologique exceptionnelle. Les investigations annoncées devaient porter sur plusieurs volets : l’état technique de l’appareil, les témoignages recueillis sur place, les conditions météorologiques et aérologiques ainsi que les facteurs humains, notamment les compétences et l’état physique ou psychologique des personnels impliqués. « Chaque hypothèse sera explorée et aucune négligée », insistait Éric Serfass.
Une zone interdite pendant les investigations
Dans les heures ayant suivi l’accident, l’accès au secteur du Vignemale avait été interdit, aussi bien par voie terrestre qu’aérienne, afin de permettre les opérations d’enquête et l’évacuation de l’épave. Profitant d’une amélioration météorologique, les secours et les enquêteurs avaient pu récupérer une grande partie des débris dès le lendemain du crash. L’ensemble avait été placé sous scellés judiciaires pour les besoins de l’enquête.
Dix ans après les faits, ce drame reste l’un des accidents les plus marquants ayant touché les secours en montagne dans les Pyrénées. Dans les Hautes-Pyrénées, les noms de Jean-Christophe Royer, Dominique Jamet, Christophe Cavaillès et Lionel Loussalez-Artets demeurent associés à l’engagement quotidien des militaires du PGHM et des équipages aériens intervenant au service du secours en montagne.