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la préfecture autorise une réouverture partielle sous haute surveillance sanitaire
Après plusieurs mois de suspension, l’établissement thermal peut reprendre ses activités, mais des restrictions demeurent en raison de risques bactériologiques persistants.
L’accès à l’établissement thermal d’Argelès-Gazost est de nouveau autorisé… mais seulement en partie. Par un arrêté signé le 27 mars 2026 à Tarbes, la préfecture des Hautes-Pyrénées acte une reprise encadrée de l’activité thermale, six mois après sa suspension totale décidée en septembre 2025. Ces restrictions n’empêchent pas les curistes de suivre leurs soins.
Une levée partielle de la suspension
L’arrêté préfectoral abroge, en effet, en partie l’arrêté du 25 septembre 2025 qui avait entraîné la fermeture complète du site. Désormais, l’exploitation de la source d’eau minérale naturelle « Hount Pudio » est à nouveau autorisée à des fins thérapeutiques. Cette décision intervient après des résultats d’analyses jugés globalement conformes. Les prélèvements réalisés les 10 et 17 mars 2026 montrent en effet une qualité bactériologique satisfaisante de l’eau, depuis l’émergence de la source jusqu’aux postes de soins, notamment pour les activités ORL, les bains et les pédiluves. Selon les autorités sanitaires, l’eau utilisée pour ces soins « ne présente plus de contamination bactériologique » et n’expose plus les curistes à un risque sanitaire dans ces usages spécifiques.
Douches et kinésithérapie toujours interdites
Malgré cette amélioration, certaines installations restent fermées. L’arrêté impose le maintien de la suspension des douches et des soins en cabines de kinésithérapie. En cause : des analyses non conformes réalisées les 5 et 12 mars 2026. Celles-ci révèlent la présence de bactéries telles que Pseudomonas aeruginosa et des coliformes dans les bâches alimentant les douches, ainsi que dans certains équipements de soins. Ces contaminations représentent un risque sanitaire pour les usagers, justifiant le maintien de restrictions strictes. L’autorité préfectorale souligne également une suspicion de présence de légionelles dans une bâche d’eau froide alimentant certains équipements.
Des adaptations techniques imposées
Pour limiter les risques, l’exploitant – en l’occurrence la commune d’Argelès-Gazost – est mis en demeure de modifier temporairement le fonctionnement du réseau d’eau. La bâche d’eau froide suspectée ne doit plus alimenter les bains et pédiluves. Ces derniers devront fonctionner uniquement via la bâche d’eau chaude, avec un système de régulation de température sans recours à l’eau froide contaminée.
Une réouverture conditionnée à de nouveaux contrôles
La réouverture complète de l’établissement n’est pas exclue, mais elle dépendra de nouvelles analyses. L’accès aux douches et aux cabines de kinésithérapie ne pourra être rétabli qu’après la confirmation d’une qualité de l’eau conforme, validée par au moins deux séries d’analyses réalisées à une semaine d’intervalle. Ces contrôles devront porter sur plusieurs points sensibles du réseau : les bâches d’eau chaude et froide, les douches, ainsi que les installations alimentant les cabines de soins. Au-delà de la situation actuelle, les autorités rappellent la vulnérabilité de la source « Hount Pudio ». Plusieurs épisodes de contamination ont déjà été recensés ces dernières années, notamment en 2011, 2015, 2017, 2018, 2023, 2024 et encore en 2025. Par ailleurs, la présence récurrente de bactéries aérobies revivifiables à 36°C dans certaines parties du réseau impose une vigilance constante.
Une surveillance renforcée tout au long de 2026
Face à ces constats, un dispositif de contrôle sanitaire renforcé est mis en place pour toute la saison thermale 2026. Des prélèvements hebdomadaires seront réalisés sur l’ensemble du circuit : à la source, à l’entrée de l’établissement, dans les bâches de stockage, aux points de distribution (buvette, douches, soins ORL, bains et pédiluves). Ces contrôles seront menés en alternance avec ceux de l’exploitant, qui devra transmettre ses résultats à l’Agence régionale de santé Occitanie au moins deux fois par mois. Un allègement de ce dispositif pourra être envisagé en fonction de l’évolution de la qualité de l’eau.
Cette reprise partielle constitue une étape importante pour la station thermale d’Argelès-Gazost, dont l’activité représente un enjeu économique pour le territoire. Elle s’accompagne toutefois de contraintes qui n’empêchent pas les curistes de suivre leurs cures, mais dans un contexte où la sécurité sanitaire reste la priorité affichée par les autorités.
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