Actualités Lourdes

Pourquoi le Carrefour City est autorisé à ouvrir certains dimanches en 2026 par la préfecture


Après un premier refus l’an dernier, la préfecture des Hautes-Pyrénées a accordé une dérogation au repos dominical à la société FERLIE, exploitante du Carrefour City situé place Marcadal à Lourdes. L’autorisation concerne plusieurs dimanches de mai ainsi que la haute saison estivale. Le magasin met en avant les besoins des pèlerins et la forte fréquentation touristique de la cité mariale.

Un an après un premier dossier marqué par un refus préfectoral et des fermetures dominicales l’après-midi, le Carrefour City de la place Marcadal à Lourdes obtient finalement gain de cause. Dans un communiqué de presse, Julien Fernandez, gérant de la SARL FERLIE, indique que la demande de dérogation au repos dominical déposée pour la saison 2026 a reçu un avis favorable de la préfecture des Hautes-Pyrénées. L’établissement, situé au cœur du centre-ville et de la zone touristique de Lourdes, avait renouvelé sa demande en ciblant les week-ends des ponts de mai ainsi que la période estivale de juillet et août. Selon le gérant, le dossier mettait notamment en avant « le besoin de service pour les pèlerins ».

Une autorisation préfectorale accordée pour plusieurs dimanches

Dans un arrêté daté du 11 mai 2026, le préfet des Hautes-Pyrénées autorise, en effet, la société FERLIE à faire travailler des salariés volontaires certains dimanches de l’année. La dérogation concerne les dimanches 17, 24 et 31 mai 2026, ainsi que tous les dimanches compris entre le 5 juillet et le 23 août 2026 inclus. L’arrêté rappelle que l’établissement, exploité sous l’enseigne Carrefour City au 7 place Marcadal à Lourdes, avait déposé sa demande le 13 mars 2026. Pour justifier cette autorisation, les services de l’État retiennent plusieurs éléments avancés par l’entreprise : sa localisation « au cœur de la zone touristique » de Lourdes, la concurrence d’autres commerces déjà ouverts le dimanche après-midi et la saturation des points de vente accessibles aux pèlerins arrivant le dimanche.

Le Code du travail invoqué par la préfecture

Dans sa décision, la préfecture s’appuie sur les dispositions de l’article L.3132-20 du Code du travail. Ce texte prévoit qu’une dérogation au repos dominical peut être accordée lorsqu’il est établi que le repos simultané de tous les salariés « serait préjudiciable au public ou compromettrait le fonctionnement normal » de l’établissement concerné. La préfecture estime que la société FERLIE a apporté des éléments suffisants pour démontrer ce préjudice potentiel, notamment au regard de l’activité touristique et de l’affluence observée à Lourdes pendant les périodes concernées.

Des garanties prévues pour les salariés volontaires

L’arrêté préfectoral encadre également les conditions de travail des salariés concernés. Seuls les employés volontaires ayant donné leur accord écrit pourront travailler le dimanche. Le texte précise aussi qu’un refus de travailler ce jour-là ne peut constituer ni une faute ni un motif de licenciement. Les salariés mobilisés bénéficieront d’une rémunération majorée au moins égale au double du salaire normalement dû pour les heures effectuées le dimanche. Un repos compensateur devra également être accordé dans les quinze jours précédant ou suivant le dimanche travaillé. La préfecture rappelle enfin que cette dérogation devra être mise en œuvre « de manière à garantir la santé et la sécurité des travailleurs concernés ».

Un dossier suivi depuis plusieurs mois

Dans son communiqué Julien Fernandez souligne que la précédente couverture médiatique avait permis à la clientèle de mieux comprendre les raisons de la fermeture dominicale du magasin après le rachat de l’établissement. Le responsable évoque aujourd’hui « une note positive » avec cette autorisation accordée pour la saison 2026, dans une ville où l’activité commerciale reste fortement liée à l’accueil des visiteurs et des pèlerins, particulièrement durant les périodes de forte fréquentation touristique.

Pourquoi la préfecture avait refusé en 2025

Cette autorisation accordée pour 2026 marque un revirement notable par rapport à la position adoptée par la préfecture un an plus tôt. En avril 2025, la demande déposée par la SARL FERLIE avait en effet été rejetée par arrêté préfectoral, malgré les arguments avancés par le gérant du Carrefour City. À l’époque, l’enseigne souhaitait ouvrir le dimanche après 13 heures durant une douzaine de dimanches entre mai et août, en pleine saison des pèlerinages. Le dossier mettait déjà en avant la fréquentation touristique de Lourdes, les besoins des visiteurs arrivant le dimanche après-midi ainsi que les conséquences économiques d’une fermeture. Des salariés volontaires avaient également été consultés. Mais la préfecture avait estimé que les conditions légales n’étaient pas réunies. Dans sa décision de 2025, l’État rappelait d’abord que si Lourdes bénéficie bien du classement en zone touristique d’affluence exceptionnelle depuis 2013, cette situation ne permet pas automatiquement aux commerces alimentaires d’ouvrir librement le dimanche après-midi. La préfecture s’appuyait notamment sur l’article L.3132-25-5 du Code du travail, qui exclut certains commerces alimentaires du régime dérogatoire automatique applicable à d’autres activités situées en zone touristique. Autre élément avancé : le magasin disposait déjà d’une autorisation d’ouverture le dimanche matin jusqu’à 13 heures, conformément au droit en vigueur.

La question sensible de la concurrence locale

Le principal point de blocage concernait toutefois l’équilibre entre commerçants. La mairie de Lourdes avait déjà accordé 12 ouvertures dominicales exceptionnelles pour l’année 2025, dans le cadre des autorisations municipales prévues par le Code du travail. Pour la préfecture, accorder des dimanches supplémentaires à un seul établissement risquait de créer une distorsion de concurrence avec les autres commerces alimentaires de la ville. Cette analyse avait été confortée par l’avis défavorable rendu par la Chambre de commerce et d’industrie Tarbes–Hautes-Pyrénées, qui évoquait un risque de « concurrence déloyale ». Dans ce contexte, les arguments liés à l’activité touristique et aux besoins des pèlerins n’avaient pas suffi à emporter la décision de l’État.

Ce qui a changé en 2026

Le dossier présenté cette année semble toutefois avoir convaincu les services préfectoraux sur plusieurs points. L’arrêté de 2026 insiste davantage sur la saturation des points de vente ouverts le dimanche après-midi ainsi que sur le préjudice potentiel pour le public, notamment les pèlerins arrivant à Lourdes durant les périodes de forte affluence. La demande a également été recentrée sur des périodes précises : les ponts du mois de mai et le cœur de la saison estivale entre juillet et août. Autrement dit, la préfecture ne s’est plus uniquement placée sur le terrain de la concurrence commerciale, mais aussi sur celui du service rendu au public et du fonctionnement normal de l’établissement, deux critères prévus par l’article L.3132-20 du Code du travail.



Lien source

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *