Actualités Hautes-Pyrénées
Pyrénées – Piratage du fichier FICOBA : 2 500 foyers fiscaux concernés en Bigorre
À Tarbes, la CGT Finances Publiques 65 alerte sur les conséquences locales du piratage ayant touché 1,2 million de comptes bancaires au niveau national. Le syndicat dénonce une communication jugée confuse de la Direction générale des finances publiques et demande des mesures d’urgence pour protéger usagers et agents.
Dans un communiqué transmis le 23 février 2026 à Tarbes, la CGT Finances Publiques des Hautes-Pyrénées revient sur le piratage du fichier FICOBA, le Fichier national des comptes bancaires. Selon les éléments relayés, cette faille de sécurité a entraîné une fuite de données concernant 1,2 million de comptes bancaires. Le fichier FICOBA, géré par la Direction générale des Finances publiques (DGFiP), recense l’ensemble des comptes bancaires ouverts en France. L’incident, largement relayé par les médias la semaine dernière, a conduit l’administration fiscale à adresser un message de masse aux usagers concernés.
À ce stade, selon la CGT, la communication officielle de la DGFiP « n’est pas en mesure de rassurer les personnes victimes de ce piratage ». Le syndicat estime au contraire que cette première prise de parole « ne peut qu’apporter de la confusion et de l’inquiétude ».
2 500 foyers fiscaux touchés dans le département
Dans les Hautes-Pyrénées, 2 500 foyers fiscaux seraient concernés par cette fuite de données. Un chiffre communiqué par la CGT Finances Publiques 65, qui indique avoir demandé une réunion en urgence au directeur départemental.
L’objectif affiché est double : permettre aux usagers d’obtenir des informations claires et précises, et donner aux agents des finances publiques des consignes adaptées face à l’afflux de sollicitations.
Le syndicat souligne que la communication nationale a déjà provoqué, en quelques heures, un nombre important de messages adressés au Service des impôts des particuliers (SIP) des Hautes-Pyrénées. Des appels téléphoniques et des visites au guichet sont également attendus dans les prochains jours.
Une consigne contestée : demander un extrait FICOBA
Dans son message aux usagers concernés, la DGFiP suggère notamment de demander la délivrance d’un extrait FICOBA afin de vérifier si des comptes bancaires n’auraient pas été frauduleusement ouverts à leur nom à la suite de la fuite de données.
La CGT critique vivement cette recommandation. Elle estime que le caractère « alarmiste » du message a contribué à générer un afflux massif de demandes. Le syndicat considère par ailleurs que l’envoi d’un extrait FICOBA à un instant donné ne garantit pas qu’aucun compte ne puisse être ouvert ultérieurement au nom de la personne concernée.
Dans son communiqué, la CGT Finances Publiques 65 demande à la direction départementale de prendre des mesures immédiates pour faire face à cette situation et appelle également à des initiatives en direction des établissements bancaires.
Un contexte déjà tendu pour les services
Cet incident intervient dans un contexte que le syndicat décrit comme particulièrement difficile pour les services. La CGT rappelle qu’une interruption de 15 jours de l’application Hélios, qui gère les recettes et les dépenses de nombreuses collectivités locales et établissements publics, est survenue simultanément.
Selon le communiqué, cette interruption a retardé certains paiements d’aides sociales, de factures aux entreprises et aurait fait peser un risque sur le versement des salaires de fonctionnaires territoriaux et hospitaliers. L’application aurait repris de manière qualifiée de « chaotique » le 17 février, générant des tensions supplémentaires dans les services de gestion comptable.
La CGT indique avoir déjà alerté en avril 2023, par un droit d’alerte adressé à Bercy, sur les conséquences des dysfonctionnements informatiques récurrents sur la santé mentale des personnels.
Des agents « en première ligne »
Au-delà de la question de la sécurité des données, le syndicat met en avant la situation des agents des finances publiques, notamment ceux des Services des impôts des particuliers, qui se retrouvent en première ligne face aux interrogations et inquiétudes des usagers.
La CGT dénonce des suppressions d’emplois intervenues depuis 2008 ainsi que des sous-investissements dans l’informatique, estimant que ces choix pèsent aujourd’hui sur la capacité de l’administration à répondre efficacement aux crises.
Dans ce contexte, la CGT Finances Publiques 65 affirme vouloir obtenir rapidement des instructions claires pour les services et des réponses précises pour les 2 500 foyers fiscaux concernés dans le département.