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Quatre téléskis suspendus : les précisions du président
Dans un contexte de déficits récurrents et de faible enneigement, le syndicat mixte qui gère la station du Hautacam a décidé de ne plus exploiter quatre téléskis. Son président, Dominique Gosset, revient sur les raisons de cette décision et sur les perspectives pour la saison 2025-2026.
Dans un arrêté préfectoral publié le lundi 3 novembre, la préfecture des Hautes-Pyrénées a annoncé la suspension temporaire de quatre remontées mécaniques de la station du Hautacam, située au-dessus d’Argelès-Gazost. Sont concernés les téléskis Naouit 1, Naouit 2, 3 Seigneurs et Tramassel.
Une suspension administrative à la demande du syndicat
Mais contrairement à ce que notre article du 3 novembre 2025 pouvait laisser penser, cette décision ne découle pas d’un problème de sécurité, comme le précise Dominique Gosset, président du syndicat mixte gestionnaire : « Quand on arrête une remontée mécanique, nous devons en informer la préfecture. C’est une procédure administrative classique. L’arrêté du préfet a simplement entériné notre décision de ne plus exploiter ces installations. Ce n’est pas une mesure de sanction, ni liée à la sécurité. » La station, quant à elle, continuera à accueillir le public, mais sur un domaine réduit, recentré sur l’avant de la station pour le ski.
Une décision avant tout économique
Cette réorganisation du domaine skiable s’explique principalement par des difficultés financières persistantes. « Le syndicat connaît un manque de recettes important, ce qui a conduit à des déficits cumulatifs : plus de 600 000 euros il y a deux ans, et encore 250 000 euros cette année », précise Dominique Gosset.
Face à cette situation, et en accord avec les collectivités partenaires, la ville de Lourdes et la Communauté de communes Pyrénées Vallées des Gaves, le choix a été fait de réduire la voilure : « Nous maintenons un espace débutant et familial, fidèle à l’esprit du Hautacam, avec deux remontées et le tapis sur le devant de la station. L’arrière, lui, ne sera plus exploité en ski alpin mais accueillera des parcours de raquettes si les conditions le permettent. »
L’objectif est clair : assurer la viabilité du site en maîtrisant les coûts d’exploitation, tout en maintenant une offre de loisirs d’hiver accessible.
Un avenir incertain face au changement climatique
Quant à savoir si ce secteur pourrait rouvrir un jour, Dominique Gosset se montre réaliste : « Le changement climatique rend les prévisions très difficiles. On va plutôt vers une diminution de la neige. Réouvrir ces téléskis reviendrait à prendre le risque de replonger dans des déficits. Les collectivités ne peuvent plus se le permettre. »
Les remontées concernées devront d’ailleurs être démontées dans un délai de cinq ans, conformément à la réglementation, si cette décision est maintenue dans les années qui viennent.
« Ce ne sont pas de gros équipements. Le démontage pourra être fait en partie par nos équipes », précise-t-il.
Une saison 2025-2026 sous le signe de l’adaptation
Malgré ces changements, la saison hivernale n’est pas compromise. La station prévoit d’ouvrir pour les vacances de Noël. « Si la neige est au rendez-vous », avec les activités habituelles : ski sur le front de neige, Mountain luge, Tubing (piste de glisse en bouée), tyrolienne à vélo, parcours raquette…
« Et s’il n’y a pas de neige, nous proposerons les activités ludiques qui fonctionnent très bien chaque année. Le personnel est formé pour passer d’un poste à l’autre selon les conditions. Hautacam reste ouvert, simplement adapté aux réalités économiques et climatiques », insiste le président du syndicat.
Nouvelles orientations : entreprises et raquettes au programme
Parallèlement, la station mise sur deux axes de développement : L’accueil des entreprises, avec la rénovation complète du restaurant et la création d’une salle équipée pour séminaires et privatisations.
« Les sols, murs et portes ont été refaits, et nous allons installer du matériel audiovisuel pour faciliter l’organisation de réunions et de journées d’entreprise. »
La valorisation des parcours raquettes, rendus possibles par le relief panoramique du site. « Le Hautacam est un belvédère naturel. Nous allons tracer de nouveaux itinéraires pour les randonneurs en raquettes, une activité en plein essor. »
« Hautacam reste vivant »
Dominique Gosset tient à le rappeler : « On entend dire que Hautacam est fermé, mais c’est faux. La station reste ouverte. Elle s’adapte, tout simplement, à un contexte économique et climatique en pleine évolution. » Le message est clair : le Hautacam ne tourne pas la page de l’hiver, mais en écrit une nouvelle, plus sobre, plus réaliste et sans renoncer à son esprit familial.