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Une pétition pour demander le retour de l’eau dans les bassins du jardin des Tilleuls
Une pétition vient d’être lancée pour réclamer la remise en eau des bassins du jardin des Tilleuls et de l’esplanade du Palais des Congrès, à Lourdes. À l’initiative de l’association Patrimoine Environnement Solidarité des Pyrénées, interpelle directement le maire de la ville et appelle à reconsidérer les récents travaux de comblement menés dans ce secteur emblématique du centre-ville.
Mi-novembre 2025, les habitants ont découvert que les bassins du jardin des Tilleuls et ceux bordant le Palais des Congrès avaient été remplis de terre.
Dans un communiqué, la municipalité justifie ce choix par la volonté de réduire la consommation d’eau et d’embellir le cœur de ville. Quelques jours plus tard, des massifs fleuris étaient installés à la place des pièces d’eau, suscitant de nombreuses interrogations.
Des bassins comblés au nom des économies d’eau
Certains Lourdais s’interrogent sur l’opportunité d’un tel chantier réalisé, selon eux, sans réelle concertation. Une contradiction est notamment soulevée dans la pétition : alors qu’une nouvelle fontaine municipale a été inaugurée en août 2025 devant l’église du Sacré-Cœur, pourquoi supprimer ailleurs un élément aquatique considéré comme rafraîchissant et structurant pour l’espace urbain ?
Un ensemble paysager conçu par le sculpteur lourdais François Vilon
La pétition rappelle que le système de bassins du jardin des Tilleuls n’est pas un simple aménagement décoratif. Il s’agit d’une mise en scène paysagère imaginée en 1952 par François Vilon, sculpteur originaire de Lourdes.
Artiste engagé et figure importante du patrimoine local, l’auteur de La jeune fille à la chèvre, La Plénitude, Visages ou encore Dus Pastous a ponctué la ville de nombreuses œuvres publiques.
Au jardin des Tilleuls, sa statue Le Gave occupe une place centrale. Représentant la rivière sous une figure masculine — une tradition présente dans de nombreuses villes européennes — le personnage, semi-assis, tient un saumon dans la main droite. Le contraste entre les surfaces polies du marbre de Saint-Béat et les coups de ciseau marquant les flots témoigne du soin apporté à l’évocation du torrent.
Quand la fontaine fonctionnait, l’eau jaillissait d’un dispositif en bronze, s’écoulait dans un premier bassin de pierres taillées, puis cheminait lentement dans une succession de canaux et de bassins carrés avant de rejaillir en jets mousseux. Ce dispositif, complété autrefois par des topiaires et des arcades végétales, formait un ensemble cohérent reliant la mairie au Palais des Congrès.

Un patrimoine intact mais silencieux
Bien que les bassins aient été comblés, les éléments techniques n’auraient pas été détruits. Selon la pétition, « les bassins sont encore là, les conduites existent toujours, et le Gave attend en souriant ». Pour les signataires, cette réversibilité des travaux ouvre la possibilité d’un retour à l’état initial : retirer la terre, replanter les topiaires et réactiver la cascade. L’association souligne que François Vilon lui-même rendait hommage en 1970 au maire de l’époque, Justin Lacaze, pour son engagement dans la préservation du « vieux fond lourdais ». Une manière d’inviter la municipalité actuelle à s’inscrire dans cette continuité.
Une démarche annoncée comme citoyenne et apolitique
Face à ce qu’elle perçoit comme une forme de banalisation du patrimoine, l’association Patrimoine Environnement Solidarité des Pyrénées appelle les élus à reconsidérer leur choix. Elle insiste sur le caractère citoyen et non partisan de sa démarche, estimant que l’histoire, la qualité artistique et l’identité du lieu justifient la remise en eau des bassins.
La pétition, disponible en ligne, s’adresse directement au maire :