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Piscine Michel Rauner : pourquoi son sort n’est pas définitivement scellé
Pour fermer définitivement la piscine Michel Rauner, il faudra un vote des élus de l’agglomération Tarbes-Lourdes-Pyrénées. On vous explique tout.
Si la piscine Michel Rauner est fermée depuis plusieurs mois son sort n’est pas définitivement scellé. Il va falloir, en effet, une délibération des élus de l’agglomération Tarbes-Lourdes-Pyrénées pour entériner sa fermeture. Et pour qu’elle ferme, il faudra que 2/3 des élus se prononcent pour sa fermeture. Tout cela a été expliqué lors du conseil communautaire qui s’est tenu jeudi 14 décembre 2023 à Juillan.
Le maire de Séméac monte de nouveau au créneau au sujet de la piscine Michel Rauner
Philippe Baubay, le maire de Séméac, est revenu sur l’annonce faite par le président de l’agglomération Tarbes-Lourdes-Pyrénées, Gérard Trémège, lors du dernier conseil communautaire de fermer la piscine Michel Rauner à Séméac. « A l’occasion du dernier conseil communautaire, vous avez annoncé M. le président, la fermeture de la piscine Michel Rauner. Je souhaitais aujourd’hui vous interpeller afin d’obtenir des précisions à la fois sur des éléments de méthodes, de services publics et de perspectives. »
Il a donc abordé dans un premier temps la méthode. « L’investissement dans les équipements nautiques représente un vrai choix, tout en sachant qu’avec quatre piscines notre agglomération est bien dotée. C’est un fait. Une force ou une faiblesse, cela dépend comment on se place. C’est dans ce cadre qu’un audit sur le devenir des piscines a été lancé dès 2016 par le Grand Tarbes avec des conclusions qui devaient être données en 2017. Nous n’avons jamais eu de nouvelles. Dans le même esprit, nous ne connaissons pas l’étendue de l’investissement que nécessiterait une réhabilitation de la piscine Michel Rauner. Nous ne connaissons pas l’ampleur de cet éventuel investissement. La réactualisation du schéma directeur des équipements sportifs est en cours. Les réflexions issues de ce schéma stratégique n’ont pas encore été présentées alors même que c’est ce travail qui doit nous servir de boussole pour les années à venir. Enfin, cette décision n’a fait l’objet d’aucun débat, ni en bureau communautaire, ni en conseil communautaire. C’est au conseil de décider de l’éventuelle fermeture d’un service public et non au seul président de cette assemblée. En débattre ensemble est un point d’étape obligé. »

« Toutes les solutions doivent être étudiées et chiffrées »
Il a ensuite évoqué le service public que représente cette piscine. « En direction des usagers tout d’abord. Si l’agglomération dispose bien encore à l’heure actuelle de 4 piscines, la piscine Tournesol à Tarbes est réservée aux associations et aux scolaires. Elle est fermée au public. Si on enlève Michel Rauner de cette liste, il ne reste donc plus que le centre nautique Paul Boyrie et la piscine de Lourdes. Il s’agit de deux équipements qui vont être fermés en même temps pendant les vacances de Noël. Nous ne pouvons que le regretter. Au delà, de la question de choix qui peut interroger, nous voyons bien que de nouvelles modalités restent à définir afin d’assurer ce service public. Avec les chaleurs estivales, le changement climatique et la hausse des coûts de déplacements, les piscines publiques ont encore plus de sens aujourd’hui que hier. Elles doivent être maintenues et développées en tant que véritable service public en lien avec la santé, le sport, l’apprentissage du savoir nager, le maintien du lien social, le dynamisme d’un territoire. En direction des écoles et des associations ensuite. La piscine Michel Rauner accueillait des écoles et des associations. Qu’en est-il de la capacité de nos équipements restants pour accueillir ces structures ? Nous le voyons bien, contenter les usagers, les écoles et les clubs relève du parcours du combattant. Que propose concrètement l’agglomération ? »
Enfin, le maire de Séméac a évoqué la perspective avec deux interrogations. « Quel devenir pour la piscine Michel Rauner dans une vision et un esprit communautaire ? La commune de Séméac a transféré la piscine Michel Rauner en bon état de fonctionnement et elle continue de financer forfaitairement son fonctionnement, plus de 150 000 euros par an. Toutes les solutions doivent être étudiées et chiffrées. Vous l’aurez compris, M. le président et chers élus, loin de toutes visions communales, c’est bien une réflexion à l’échelle communautaire que nous devons mener en nous basant sur des éléments de méthodes clairement établis et en conservant à l’esprit cette notion de service public. Faisons ce pari, il n’est pas trop tard. »

Fermer un équipement : une première pour l’agglomération
Pierre Lagonelle est ensuite intervenu. « J’ai une question pour le directeur général des services. J’étais président de la commission équipements sportifs quand la piscine de Séméac a été transférée à l’agglomération. Je pense qu’il y avait une certaine fierté à l’époque de mettre en commun les piscines de Séméac et de Tarbes. Lourdes n’était pas encore dans l’agglomération. Il y a toujours eu une volonté de maintenir ces équipements. Je comprends aujourd’hui la déception des élus de Séméac quand ils apprennent ici subitement que l’on va fermer cet équipement. Aujourd’hui, il y a une saturation complète des créneaux à Paul Boyrie et les créneaux qui existent pour les associations à la piscine de Séméac ce n’est pas du luxe. Effectivement sur un plan social ou sportif et d’intégration des jeunes, la piscine de Séméac peut rendre de grands services l’été. Quelle est la procédure, puisque ce n’est jamais arrivé dans notre agglomération, pour fermer un équipement d’intérêt communautaire ? »
« Mais je vais vous faire plaisir, M. Baubay… »
Gérard Trémège, le président de l’agglomération a répondu. « Je vais vous décevoir M. Baubay. L’audit qui a été fait en 2016 était clair. L’investissement en 2016 pour la rénovation de la piscine Rauner était évaluée à 4,5 millions d’euros pour un équipement qui a presque 90 ans. La démolition et la reconstruction d’une piscine nouvelle était évaluée à plus de 10 millions d’euros. Si on réactualise l’investissement concernant la rénovation, nous serions entre 6 et 7 millions. En 2019, avant le Covid, il y avait une fréquentation de 3633 personnes sur cette piscine, pour 10 734 euros de recettes. La fréquentation de Paul Boyrie en 2019 était de 84 000 personnes. Les frais de fonctionnement de la piscine Michel Rauner était de près de 260 000 euros sans compter le prix de l’eau. Aujourd’hui, il faut payer l’eau. Ce sont plusieurs centaines de milliers d’euros en plus. »
Gérard Trémège a ensuite expliqué que la piscine Michel Rauner de Séméac était fermée depuis l’automne 2022. « Elle a vraiment rendu des services pendant les travaux de Paul Boyrie. 80 % des usagers de Paul Boyrie ne sont pas allés à Michel Rauner pendant cette fermeture. Mais je vais vous faire plaisir, M. Baubay, bien que vous ayez affirmé des contre-vérités en disant que personne n’était au courant à Séméac. Mme Isson, maire à l’époque, savait. Elle a reçu à ma demande des investisseurs potentiels pour un projet sur cette piscine. Il y avait bien donc une réflexion sur une utilisation différente de cette piscine. Je vais réunir de nouveau la commission des infrastructures sportives en début d’année. On va relancer le débat en reprenant tout dès le départ. Entre temps, nous aurons le résultat de l’étude sur les infrastructures sportives de l’agglomération. Je ne sais pas ce qu’il y a sur le piscine Michel Rauner. Nous verrons bien. Nous verrons quelle proposition nous pourrons faire en conseil communautaire. Ce n’est pas vrai que vous étiez au courant de rien à Séméac, ce n’est pas vrai. Vous voyez que je fais tout pour vous être agréable. »
Les élus devront voter en 2024
Le directeur général des services a ensuite répondu à Pierre Lagonelle. « Il faudra une délibération du conseil communautaire à la majorité des deux tiers des suffrages exprimés afin de pouvoir fermer la piscine Michel Rauner. »
Philippe Baubay a repris la parole. « Vous avez essayé de m’être agréable président. Vous l’avez été que très partiellement. Vous avez donné des chiffres que nous ne connaissions pas. J’ai appris beaucoup de choses ce soir. Vous remettez ce soir les choses dans l’ordre. Je n’ai pas compris votre intervention il y a 15 jours quand vous avez dit « je ferme la piscine ». Pour nous, la piscine était fermée depuis novembre 2022 pour travaux. C’est d’ailleurs les infos qui sont données sur le site de l’agglomération. Les travaux sont longs. Rien n’a été fait en 2023. C’est bien de remettre les choses dans l’ordre. Il va y avoir une commission. On va pouvoir débattre. On aura des chiffres. Face aux chiffres, nous regarderons ce qu’est un service public. Je pense que cette piscine a toujours son sens. Si on ne fait pas de travaux, la piscine se délabre. Nous l’avons donné dans un état de fonctionnement. La piscine fonctionnait. Si elle devait revenir au patrimoine de Séméac, elle ne reviendrait pas dans le même état. Que pourrions nous en faire ? Nous n’avons pas la compétence. Il y aura un vote. Je voterai contre la fermeture. »
Gérard Trémège a répondu. « Moi je ne changerai pas d’avis. »
Pour aller plus loin : Séméac – Clap de fin pour la piscine Michel Rauner