Actualités Hautes-Pyrénées
Au cœur des fêtes de Tarbes, l’Europe des villes jumelles à l’honneur
Entre amitié franco-espagnole, coopération européenne et reconnaissance de l’engagement des femmes élues, la Ville de Tarbes a profité des fêtes pour rappeler l’importance des liens qui l’unissent à Huesca et Altenkirchen. Un message d’ouverture porté par les représentants des trois collectivités.
Alors que les fêtes de Tarbes ont débuté jeudi soir et animent désormais le centre-ville, la municipalité a choisi de consacrer un temps fort à ses relations européennes. Réunis à l’hôtel de ville, le maire de Tarbes, Pascal Claverie, la maire de Huesca, Lorena Orduna Pons, et Petra Eul-Orthen, deuxième adjointe au maire d’Altenkirchen ont participé à un échange consacré aux jumelages, à l’avenir de l’Europe et à la place des femmes dans les responsabilités locales. Une rencontre que le maire tarbais a souhaité placer sous le signe de la reconnaissance envers les délégations étrangères présentes pour les festivités.
Mettre en lumière les femmes élues des villes sœurs
Dès l’ouverture des échanges, Pascal Claverie a expliqué le sens de cette initiative. Selon lui, il était important de donner la parole aux élues venues d’Espagne et d’Allemagne afin de valoriser leur engagement au service de leurs habitants et de rappeler les liens historiques qui unissent leurs villes à Tarbes. Le maire a insisté sur la place particulière qu’occupent les jumelages dans la vie locale. Au-delà des cérémonies officielles, ils s’appuient sur des relations concrètes entre les territoires, notamment à travers les échanges scolaires, éducatifs et culturels. Pour le nouvel édile tarbais, la présence des délégations étrangères pendant les fêtes constitue également un symbole fort de l’attachement de la ville à ses partenaires européens.
Huesca et Tarbes, plus de six décennies de relations
Interrogée sur la signification du jumelage avec Tarbes, Lorena Orduna Pons a rappelé la longévité des liens entre les deux cités pyrénéennes. La maire de Huesca a souligné que les deux villes partagent depuis soixante-deux ans de nombreux objectifs communs. Les échanges concernent notamment la culture, la jeunesse, les questions environnementales ainsi que le développement de projets d’intérêt partagé. Pour l’élue espagnole, cette relation entre deux villes de taille comparable repose sur une volonté commune de coopération et d’ouverture.
« L’Europe devient concrète grâce aux jumelages »
Du côté allemand, Petra Eul-Orthen, deuxième adjointe au maire d’Altenkirchen, a défendu le rôle essentiel des partenariats entre collectivités dans la construction européenne. Selon elle, les jumelages permettent aux citoyens de vivre concrètement l’Europe à travers les rencontres humaines. Bien au-delà des accords administratifs, ils favorisent les échanges, les amitiés et une meilleure compréhension entre les peuples. Elle a également rappelé que ces liens reposent sur des valeurs communes telles que la paix, la démocratie et le dialogue entre les nations.
Des traditions différentes mais un même attachement au territoire
Les échanges ont ensuite pris un ton plus léger autour des traditions festives propres à chaque pays. Pour la représentante allemande, les différences culturelles constituent précisément la richesse des jumelages. C’est parce que les villes partenaires possèdent leurs propres traditions et leurs propres identités que les échanges conservent tout leur intérêt. La maire de Huesca a présenté les fêtes de la Saint-Laurent, événement majeur de sa ville. Durant sept jours, plus de 300 manifestations sont organisées sur onze scènes réparties dans toute la cité. Les habitants participent aux célébrations vêtus de blanc et de vert, les couleurs emblématiques de la fête. Parmi les rendez-vous proposés figurent des manifestations culturelles, folkloriques et des animations destinées à tous les publics, notamment aux plus jeunes. Malgré les particularités de chaque territoire, Lorena Orduna Pons a estimé que toutes les villes européennes partagent une même réalité : les fêtes sont avant tout l’expression de l’attachement des habitants à leur ville et à leur identité locale.
Une jeunesse européenne de plus en plus mobile
Réagissant à ces témoignages, Pascal Claverie a évoqué l’évolution des nouvelles générations dans un espace européen de plus en plus ouvert. Selon lui, les jeunes circulent aujourd’hui naturellement d’un pays à l’autre pour étudier, travailler ou voyager. Cette mobilité ne remet pas en cause les identités nationales mais contribue au contraire à mieux connaître les cultures voisines.
Le maire de Tarbes a défendu l’idée d’une Europe capable de préserver les particularismes locaux tout en favorisant la paix et la coopération entre les peuples.
Des coopérations à développer au-delà du culturel
Au-delà des échanges historiques entre collectivités, l’avenir des coopérations économiques a également été abordé. Pascal Claverie a évoqué plusieurs pistes de collaboration entre territoires français, espagnols et allemands, notamment dans le domaine industriel. Il a cité l’exemple des grands projets européens associant plusieurs pays ainsi que celui d’entreprises implantées dans différents États du continent. Pour le maire, les collectivités locales ont un rôle à jouer afin de créer les conditions favorables à de nouvelles coopérations susceptibles de bénéficier aux jeunes générations. L’objectif affiché est de permettre à chacun de pouvoir construire son avenir dans un espace européen stable, ouvert et prospère tout en conservant les spécificités culturelles de chaque territoire.
Les élus locaux face aux défis démocratiques
La discussion a également abordé les enjeux de stabilité démocratique auxquels sont confrontés les pays européens. Les échanges ont notamment porté sur les responsabilités des élus dans un contexte international marqué par de nombreuses tensions. Pascal Claverie a souligné que les responsables locaux ont un rôle à jouer dans la préservation de la cohésion démocratique et institutionnelle. Selon lui, cette responsabilité dépasse les frontières nationales et participe à la solidité de l’ensemble du projet européen.
L’engagement des femmes au cœur du débat
La rencontre s’est conclue par une réflexion sur la place des femmes dans les collectivités locales. Lorena Orduna Pons a rappelé qu’elle est la première femme à avoir été élue maire de Huesca. Elle a expliqué que l’accès aux responsabilités devait avant tout reposer sur les compétences et les capacités des personnes, tout en défendant la nécessité d’une plus grande égalité entre les femmes et les hommes. L’élue a également souligné que les trois principales villes de la région d’Aragon sont aujourd’hui dirigées par des femmes et que les femmes sont majoritaires au sein de son équipe municipale.
Petra Eul-Orthen, deuxième adjointe au maire d’Altenkirchen a pour sa part estimé que la présence de femmes à des postes de responsabilité constituait un signal positif pour les générations futures. Selon elle, les femmes peuvent apporter une approche différente de certains sujets tout en partageant la même exigence de service public.
À travers cette rencontre organisée dans le cadre des fêtes de Tarbes, la municipalité a ainsi souhaité rappeler que les jumelages ne relèvent pas seulement de l’histoire ou du protocole. Ils demeurent des outils de coopération, d’échanges humains et de dialogue entre territoires européens. Un message qui trouve un écho particulier dans une ville où les délégations étrangères sont, chaque année, associées aux grands rendez-vous de la vie locale.