Actualités Hautes-Pyrénées
Crise agricole – La Coordination Rurale des Hautes-Pyrénées écrit aux banques
Dans un courrier daté du 3 janvier 2026 et signé par son président, Sylvain Arberet, la Coordination Rurale des Hautes-Pyrénées (CR 65) s’adresse directement aux directeurs et directrices des banques. L’objectif affiché est d’obtenir un accompagnement financier rapide face à une crise économique qualifiée de « gravité exceptionnelle ». L’organisation agricole évoque une situation de […]
Dans un courrier daté du 3 janvier 2026 et signé par son président, Sylvain Arberet, la Coordination Rurale des Hautes-Pyrénées (CR 65) s’adresse directement aux directeurs et directrices des banques. L’objectif affiché est d’obtenir un accompagnement financier rapide face à une crise économique qualifiée de « gravité exceptionnelle ». L’organisation agricole évoque une situation de trésorerie critique touchant à la fois les exploitations agricoles et les entreprises de travaux agricoles, indépendamment, précise-t-elle, de leur qualité de gestion ou de leur viabilité structurelle.
Une conjonction de crises économiques et sanitaires
Dans sa lettre, la CR 65 met en avant plusieurs facteurs cumulés. Elle cite notamment la crise liée à la DNC, l’effondrement des marchés céréaliers, la forte volatilité des prix et l’augmentation durable des charges. Cette combinaison place de nombreux professionnels dans l’impossibilité de faire face à leurs échéances financières.
Les éleveurs du département sont particulièrement mentionnés. Le courrier souligne que les ventes sont bloquées en raison du protocole DNC, avec notamment des transferts d’animaux interrompus pendant quatre mois et des exportations à l’arrêt. Cette situation se traduit par une absence de rentrée d’argent et par un surnombre d’animaux dans les exploitations.
Des difficultés marquées chez les céréaliers
Les céréaliers ne sont pas épargnés, selon la Coordination Rurale. Celle-ci indique que la récolte 2025 resterait en stock, sans débouchés commerciaux, tandis que les cours du marché seraient inférieurs aux coûts de production. Toujours selon l’organisation, près de 80 % des céréaliers pourraient rencontrer des difficultés pour remettre leurs terres en culture.
À ces éléments s’ajoute, d’après la lettre, le poids croissant des charges fixes et des taxes, qu’il s’agisse des engrais azotés, du gazole non routier (GNR), de l’électricité ou encore des redevances liées à l’irrigation.
Des mesures bancaires demandées « sans délai et sans frais »
Face à ce constat, la CR 65 demande la mise en œuvre immédiate d’un report automatique de l’ensemble des échéances bancaires, incluant le capital et les intérêts. Ce report est sollicité pour une durée d’un an, sans frais et à taux zéro, afin de permettre le rétablissement des trésoreries.
L’organisation insiste sur plusieurs principes : le caractère immédiat de la mesure, l’absence de pénalités ou de révision défavorable des conditions de crédit, et une accessibilité simple, sans procédures jugées lourdes ou discriminantes.
Un prêt de trésorerie complémentaire sollicité
Outre le décalage des échéances, la Coordination Rurale des Hautes-Pyrénées demande également la mise en place d’un prêt de trésorerie de 40 000 euros. Ce prêt serait accordé à taux zéro et remboursable sur sept campagnes, à destination de l’ensemble des agriculteurs et entrepreneurs agricoles concernés.
Pour la CR 65, l’engagement du secteur bancaire est présenté comme indispensable afin de préserver l’outil de production, l’emploi rural et la continuité de la chaîne alimentaire.
Une attente de réponses rapides
Dans la conclusion de son courrier, l’organisation agricole indique attendre une réponse rapide et des décisions « à la hauteur de la situation ». Elle précise également se réserver la possibilité d’alerter publiquement en cas d’absence de mesures jugées adaptées.
La lettre est signée par Sylvain Arberet, président de la Coordination Rurale des Hautes-Pyrénées, au nom de l’ensemble des adhérents, qui se disent disposés à rencontrer les établissements bancaires pour échanger sur ces demandes.

