Actualités Hautes-Pyrénées
en 2025, Airbnb a reversé 1,5 million d’euros aux communes des Hautes-Pyrénées
Dans un contexte de pression croissante sur les finances locales, la taxe de séjour s’impose comme une ressource stratégique pour les collectivités d’Occitanie. Si les grandes métropoles captent logiquement les montants les plus élevés, des territoires comme les Hautes-Pyrénées tirent leur épingle du jeu.
L’équation budgétaire des communes occitanes se complexifie. À l’horizon 2026, un effort estimé à près de 5 milliards d’euros pèsera sur les finances locales. Dans ce contexte, les recettes issues du tourisme prennent une importance accrue, à commencer par la taxe de séjour. En 2025, la plateforme Airbnb a ainsi collecté et reversé plus de 19 millions d’euros à plus de 3 800 communes et intercommunalités de la région. Une partie significative, plus de 7 millions d’euros, a bénéficié à des communes de moins de 4 500 habitants, confirmant le rôle structurant de cette ressource pour les territoires ruraux. La taxe de séjour, payée par les visiteurs, est entièrement dédiée au financement de l’accueil touristique et au renforcement de l’attractivité locale : aménagements, promotion, équipements ou encore entretien des sites.
Les Hautes-Pyrénées dans le peloton intermédiaire
Avec 1,7 million d’euros collectés en 2025, les Hautes-Pyrénées se situent dans une position intermédiaire à l’échelle régionale. Le département se place : derrière des poids lourds comme l’Hérault (5,5 M€), le Gard et les Pyrénées-Orientales (2,6 M€ chacun), ou encore la Haute-Garonne (2,4 M€) mais devant des territoires plus ruraux comme le Lot (plus de 650 000 €), l’Ariège (plus de 500 000 €) ou le Gers (plus de 250 000 €). Ce positionnement illustre une réalité : les Hautes-Pyrénées bénéficient d’une attractivité touristique réelle, sans atteindre toutefois les volumes des destinations littorales ou des grandes métropoles.
Une région dominée par les grandes villes… mais pas uniquement
Sans surprise, les principales recettes de taxe de séjour sont concentrées dans les grandes villes et stations touristiques. Toulouse arrive largement en tête avec 1,6 million d’euros, suivie de Montpellier (1,2 million d’euros). Derrière, les stations balnéaires et villes touristiques complètent le classement : Agde, Sète, La Grande-Motte, Nîmes ou encore Le Grau-du-Roi. Cette concentration met en évidence le poids du tourisme urbain et littoral dans l’économie régionale. Les Hautes-Pyrénées, avec leur profil montagnard, s’inscrivent dans une logique différente, davantage tournée vers un tourisme de nature et de séjour.
Le rôle croissant des territoires ruraux
L’évolution la plus marquante concerne toutefois la montée en puissance des zones rurales. En 2025, 38 % des réservations effectuées en France l’ont été en milieu rural, signe d’un rééquilibrage progressif des flux touristiques. En Occitanie, plus de 110 nouvelles communes ont perçu pour la première fois une taxe de séjour. Ce phénomène touche principalement des villages et petites communes, qui voient dans cette ressource un levier pour développer leur attractivité. Certaines localités enregistrent même des progressions significatives, comme Blagnac (+23 %), Rodez (+20 %) ou encore Formiguères (+29 %).
Les Hautes-Pyrénées, bénéficiaires d’un tourisme diffus
Dans ce contexte, les Hautes-Pyrénées apparaissent bien positionnées. Leur modèle repose sur : un maillage de communes rurales ; une attractivité liée à la montagne et aux activités de plein air ; une fréquentation répartie sur plusieurs sites plutôt que concentrée sur une seule grande ville. Ce type de tourisme favorise une diffusion plus homogène des retombées économiques, notamment via la taxe de séjour. Les intercommunalités y jouent un rôle clé en mutualisant les recettes et en finançant des projets structurants.
Un levier pour l’attractivité locale
Pour les collectivités, l’enjeu dépasse la simple recette fiscale. La taxe de séjour constitue un outil d’investissement pour : améliorer l’accueil des visiteurs ; renforcer l’offre touristique ; soutenir l’économie locale. Dans un contexte budgétaire contraint, elle permet de maintenir, voire développer, des politiques d’attractivité sans peser directement sur les contribuables locaux. La progression du tourisme rural et la diversification des destinations devraient continuer à redistribuer les cartes dans les années à venir. Pour les Hautes-Pyrénées, l’enjeu sera de consolider cette dynamique tout en préservant l’équilibre entre développement touristique et qualité de vie locale. À mi-chemin entre les grandes destinations régionales et les territoires plus confidentiels, le département confirme ainsi sa place dans le paysage touristique occitan, avec, en toile de fond, une taxe de séjour devenue incontournable.
Montants de taxe de séjour remis par département
Ariège (Plus de 500 000€)
Aude (1,5M€)
Aveyron (Plus de 450 000€)
Gard (2,6M€)
Gers (Plus de 250 000€)
Haute-Garonne (2,4M€)
Hautes-Pyrénées (1,7M€)
Hérault (5,5M€)
Lot (Plus de 650 000€)
Lozère (Plus de 150 000 €)
Pyrénées-Orientales (2,6M€)
Tarn (Plus de 450 000€)
Tarn-et-Garonne (Plus de 300 000€)
Top 10 des villes ayant reçu les plus importants montants de TS en 2025
Toulouse (1,6M€)
Montpellier (1,2€)
Agde (Plus de 750 000€)
Sète (Plus de 450 000€)
La Grande-Motte (Plus de 450 000€)
Nîmes (Plus de 400 000€)
Le Grau-du-Roi (Plus de 300 000€)
Canet-en-Roussillon (Plus de 300 000€)
Carcassonne (Plus de 300 000€)
Narbonne (Plus de 250 000€).