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Évasion spectaculaire au tribunal : le fugitif interpellé à Saint Malo après plusieurs semaines de cavale
Jugé en comparution immédiate pour des faits de violences conjugales en récidive, un homme de 33 ans s’était évadé du tribunal judiciaire de Tarbes en plein délibéré, le 23 mars dernier. Après une fuite audacieuse et des dégradations, il a finalement été interpellé et présenté à la justice le 16 avril à Tarbes.
Les faits remontent au 23 mars, en début de soirée. Un homme âgé de 33 ans, originaire d’Ille-et-Vilaine, comparaissait sous escorte policière devant le tribunal judiciaire de Tarbes. Il devait répondre de violences sans incapacité sur sa compagne, commises en présence de leurs deux enfants mineurs, le tout en état de récidive légale. Aux alentours de 19 heures, alors que le tribunal s’apprêtait à rendre son délibéré, la situation a brusquement basculé. Profitant de la configuration du box des prévenus, semi-ouvert, l’homme parvient à tromper la vigilance de l’escorte. En quelques secondes, il franchit le mobilier, bondit hors de son espace et prend la fuite en courant. Dans sa course, le prévenu ne s’arrête pas à la simple sortie de la salle d’audience. Pour quitter les lieux, il enfonce les portes vitrées du sas d’entrée du tribunal. Le choc est violent : le système d’ouverture automatisé est entièrement détruit. Un policier de l’escorte tente immédiatement de le rattraper et se lance à sa poursuite. Malgré cette réaction rapide, l’individu parvient à disparaître. Aucune violence n’est toutefois à déplorer à l’encontre des forces de l’ordre présentes sur place.
Une enquête ouverte dans la foulée
Dès les faits constatés, une enquête en flagrance est ouverte et confiée au commissariat de police de Tarbes. Les investigations portaient sur des faits d’évasion ainsi que sur des dégradations de bien d’utilité publique. Le profil du fugitif était déjà bien connu des services judiciaires. Depuis sa minorité, il a été impliqué dans plusieurs affaires, notamment liées à des addictions et à des faits de violences. Par ailleurs, il exerce la profession de militaire et se trouvait en congé longue maladie depuis plusieurs semaines au moment des faits.
Interpellation en Ille-et-Vilaine
Après plusieurs semaines de recherches, l’homme a finalement été localisé et interpellé dimanche 12 avril par les gendarmes à Saint Malo (35). Il a été transféré à Tarbes où il a été déféré le 16 avril devant la juge d’instruction du tribunal judiciaire. Les suites judiciaires de cette affaire devraient désormais se poursuivre dans un cadre plus approfondi, au regard notamment de la gravité des faits.
La procureure de la République de Tarbes fait le point sur ce dossier dans un communiqué de presse. « Le 23 mars 2026, Alan Poirier s’évadait de la salle d’audience du Tribunal judiciaire de Tarbes à l’annonce de sa condamnation pour des faits de violences sans incapacité sur sa compagne et en récidive légale. Une information judiciaire était ouverte à l’issue de l’enquête de flagrance pour les faits d’évasion et de dégradation de bien d’utilité publique. Le fugitif était finalement interpellé sur mandat d’arrêt le 12 avril 2026 par le PSIG de Saint Malo (35) après avoir une nouvelle fois tenté de prendre la fuite au volant d’un véhicule, sans mise en danger des gendarmes ni des usagers de la route. Présenté au juge d’instruction de Tarbes ce jour, il n’a pas souhaité s’expliquer sur les faits et sur sa fuite. Il a été placé en détention provisoire conformément aux réquisitions du procureur de la République. Il exécutera également en détention la peine d’emprisonnement prononcée le 23 mars 2026 par le tribunal correctionnel de Tarbes. »
Un incident rare mais marquant
Cette évasion, survenue en pleine audience, reste un événement peu courant dans l’enceinte d’un tribunal. Elle soulève des questions sur les dispositifs de sécurité, notamment dans les salles d’audience équipées de boxes semi-ouverts. En attendant les conclusions de l’enquête, l’homme devra désormais répondre non seulement des faits de violences pour lesquels il était initialement jugé, mais également de son évasion et des dégradations commises lors de sa fuite.