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Exercice antiterroriste grandeur nature : la police a testé ses réflexes en conditions extrêmes
Mardi matin, un important dispositif de sécurité a été déployé aux abords du cinéma CGR du quartier de l’Arsenal à Tarbes. Pendant plus de deux heures, les forces de l’ordre ont mené un exercice simulant une attaque complexe mêlant assaillants armés et risque chimique. Objectif : tester, en conditions quasi réelles, la capacité d’intervention des policiers locaux face à une crise majeure.
De 9h à 11h30, ce mardi 31 mars 2026, les abords du Cinéma CGR Tarbes Arsenal ont servi de théâtre à un exercice d’ampleur organisé par la direction départementale de la police nationale (DDPN). Ce type de manœuvre s’inscrit dans un programme régulier d’entraînements destinés à préparer les effectifs à des situations de crise. L’objectif est clair : garantir l’efficacité des procédures en cas d’événement grave, notamment de nature terroriste. Présente sur place, Sophie Miègeville, sous-préfète et directrice de cabinet du préfet des Hautes-Pyrénées, a rappelé les enjeux : il s’agit de préparer les forces de sécurité intérieure à des risques dits NRBC — nucléaire, radiologique, bactériologique et chimique — des menaces désormais intégrées aux scénarios d’attentats potentiels.
Un scénario volontairement complexe
Pour cet exercice, les organisateurs ont imaginé une situation particulièrement exigeante. Quatre assaillants, armés d’armes blanches et d’armes de poing, ont investi le cinéma. L’un d’eux se trouvait au niveau du guichet, ciblant des clients, tandis que les autres étaient positionnés dans une salle obscure. À cette menace s’est ajoutée une dimension chimique : la diffusion simulée d’un produit dans une salle, obligeant les policiers à adapter leur intervention. « On imagine le pire pour être prêt », a expliqué le directeur départemental de la police nationale. Un choix assumé pour confronter les agents à des conditions inhabituelles, loin de leur activité quotidienne.

Le choix du cinéma, un environnement stratégique
Chaque année, les exercices changent de cadre afin de diversifier les situations. Après Lourdes et un centre commercial à Ibos les années précédentes, le choix s’est porté cette fois sur un cinéma. Un environnement jugé particulièrement complexe : multiplicité des salles, obscurité, circulation difficile et présence de public. Autant de contraintes qui obligent les policiers à adapter leurs méthodes d’intervention.
Des conditions d’intervention dégradées
Au total, 25 policiers issus de Tarbes et de Lourdes ont été mobilisés. Face à eux, une vingtaine de « plastrons » — des élèves du lycée Saint-Pierre — jouaient le rôle de clients, tandis que des réservistes incarnaient les assaillants. Les forces de l’ordre ont également dû composer avec des conditions d’intervention dégradées : victimes paniquées, flux de personnes à sécuriser, vérifications pour éviter toute infiltration d’assaillants. Autre difficulté : le port de combinaisons NRBC étanches. Ces équipements, indispensables en cas de risque chimique, compliquent fortement les déplacements, la communication et l’usage du matériel.

Apprendre par l’erreur
L’exercice n’avait pas vocation à être parfaitement exécuté. Bien au contraire. « Le but est de faire des erreurs pour progresser », a souligné le DDPN. Dans des situations de crise, le stress réduit les capacités d’analyse. L’entraînement vise donc à développer des automatismes pour éviter tout phénomène de sidération. Les policiers doivent être capables d’intervenir immédiatement, en attendant l’arrivée d’unités spécialisées comme le RAID, basées à Toulouse.
Une coordination interservices essentielle
Au-delà de l’intervention policière, l’exercice a également permis de tester la coordination entre les différents acteurs. En cas d’attentat réel, les services de secours, notamment le SDIS, seraient mobilisés aux côtés des forces de l’ordre. Le rôle du préfet est alors central pour orchestrer l’ensemble des opérations. Cette coordination est préparée en amont par les services de l’État à travers des plans de gestion de crise.
Un message de préparation, pas d’inquiétude
À l’issue de l’exercice, un premier retour d’expérience a été réalisé par les autorités présentes. Si l’analyse détaillée est encore en cours, un message a été clairement adressé à la population : ces entraînements visent à renforcer la préparation des forces de sécurité, et non à susciter l’inquiétude. « Les effectifs sont prêts, formés et s’entraînent régulièrement », a insisté le directeur départemental. Dans un contexte de vigilance maintenue face à la menace terroriste, ces exercices rappellent que la préparation reste un pilier essentiel de la sécurité publique.