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Hesteyade : « La question identitaire est de nouveau au centre du débat », estime Matthieu Carassus


La 47è Hesteyade de Bigorre se tiendra du 17 au 19 avril à Ibos. Programme, avenir, fonds de préservation, identité, on fait le point avec Matthieu Carassus, cheville ouvrière de l’événement.

Certains ont de multiples casquettes. Lui a de multiples bérets. S’il en a un de bien vissé sur la tête, au propre comme au figuré, c’est bien celui de chef de chœur des Plantagulhes, la chorale d’Ibos, d’où il est natif. Dans la salle de répétition, Matthieu Carassus attend ses chanteurs, avec qui il présentera, sous le grand chapiteau, un chant travaillé pour cette 47è Hesteyade de Bigorre. Un événement presque à part, tant la densité est importante. Et lors duquel Matthieu a une place de pilier aujourd’hui, dans son organisation. Créé en 1978, il se déroulera dès le vendredi 17 avril avec un bal gascon à 21 h, au centre Pierre Comet, avec Parpalhon e Hètz Beroi (entrée 8€). Le samedi 18, à 14h, se déroulera l’après-midi des enfants, sous le chapiteau, qui se retrouveront entre chants et jeux. « Cela représente environ 200 enfants, issus de classes immersives ou bilingues, ou d’associations qui proposent des chants traditionnels », précise Matthieu.

A 19h à la collégiale (libre participation), les « Gojats », organisent leur soirée avant une cantère. « Ces adolescents sont eux-aussi issus d’associations ou des classes de chant traditionnel du conservatoire », complète Matthieu. Le dimanche, messe en gascon à 11 heures, aubade en suivant et après-midi de la Hesteyade complèteront cette fête populaire de la culture gasconne en Bigorre. 37 groupes et 8 conteurs se relaieront sur la grande scène du chapiteau.

« Dès le mois de janvier nous recevons les inscriptions »

Préserver, promouvoir, valoriser et transmettre le chant gascon et la langue, des piliers de cette Hesteyade, qui séduit des duos, trios, ou groupes plus nombreux. « Dès le mois de janvier nous recevons les inscriptions », sourit Matthieu. Si l’instrumental est autorisé, les versions a capella, « essence même du chant spontané« , sont majoritaires, dans la langue occitane donc, « mais on peut aussi avoir des vieux chants en français, une facette du répertoire à laquelle certains sont attachés ».

Chaque année, des créations viennent même enrichir le répertoire, « on en a eu près de 300 dans toute l’histoire de la Hesteyade » confirme le chef de chœur, « la plus connue aujourd’hui étant sans doute le chant Liberté, devenu phare du répertoire, créé par le club alpin français de Tarbes. Oui, ils faisaient de la randonnée, mais chantaient aussi et venaient à Ibos« .

« Les jeunes ont envie de savoir d’où ils viennent »

Sur le site internet de l’association, c’est une véritable mine d’or qui existe, un fonds formidable. Il regroupe toutes les chansons qui ont été chantées à la Hesteyade, depuis 1978, avec son, et paroles ! Une banque de donnée accessible qui contribue à la préservation du riche répertoire.

« Un répertoire aujourd’hui repris par des jeunes qui ont envie de savoir d’où ils viennent, avec une question identitaire de nouveau au centre du débat. Parfois même, la transmission se fait de plus jeune à plus vieux. L’envie du chant polyphonique est là, l’engouement aussi, et le Conservatoire ou les associations sont de véritables pépinières », termine Matthieu.

La Cinquantième en vue
Remise en question du format enclenchée, idées qui émergent, réduction de budget, cercle de réflexion sur l’avenir de la Hesteyade, s’adapter au public et aux acteurs… Le futur se prépare à Ibos, avec en vue la cinquantième édition en 2029.



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