Actualités Hautes-Pyrénées
la FDSEA 65 mène un contrôle des approvisionnements à Bagnères-de-Bigorre
La FDSEA des Hautes-Pyrénées a mené, vendredi, une action symbolique et revendicative autour de la restauration collective. Objectif affiché : demander davantage de transparence et d’équité entre les exigences imposées aux agriculteurs et le contenu des assiettes servies dans les cantines.
Vendredi, la FDSEA 65 (Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles des Hautes-Pyrénées) a lancé une opération baptisée « Cantines sous contrôle ». Une initiative portée par des agriculteurs du département, mobilisés pour attirer l’attention sur ce qu’ils considèrent comme un déséquilibre croissant entre les normes strictes imposées à la production agricole française et certaines pratiques observées dans la restauration collective. Selon le syndicat, les exploitants agricoles font face à une multiplication des contrôles et à des règles toujours plus exigeantes. Dans le même temps, la question de l’origine et des conditions de production des aliments servis dans les cantines scolaires resterait, selon eux, insuffisamment examinée.
Un contrôle à la cantine centrale de Bagnères-de-Bigorre
Dans ce cadre, un groupe d’adhérents de la FDSEA 65 s’est rendu, vendredi matin, à la cantine centrale de Bagnères-de-Bigorre pour un contrôle qualifié de « surprise » des approvisionnements. L’accueil a été décrit comme transparent : factures, documents de traçabilité et attestations de provenance ont été présentés, donnant lieu à des échanges qualifiés de francs et constructifs. Les représentants syndicaux expliquent avoir pu consulter de nombreux documents et poser plusieurs questions sur l’origine des produits utilisés pour les repas.
Viande bovine : entre local et importations européennes
Côté viande bovine, le constat dressé par la FDSEA 65 fait état d’une présence de produits locaux, mais aussi de viandes importées. Des provenances d’Allemagne et des Pays-Bas ont ainsi été relevées. Le syndicat souligne également des écarts de prix importants, avec des marges pouvant aller jusqu’à 2,5 fois celles observées pour la viande locale. Un élément qui, selon les agriculteurs présents, interroge sur la cohérence économique et sur les choix opérés en matière d’approvisionnement.
Agneau : une chaîne globalement structurée, mais des exceptions
Pour la viande ovine, le constat est similaire. De l’agneau local figure dans les approvisionnements, mais certaines viandes proviennent d’Espagne. La FDSEA 65 indique avoir observé, là aussi, des marges de l’ordre de deux fois celles du local. Le syndicat évoque une « chaîne parfaitement rodée », mais estime que certains maillons mériteraient d’être discutés, notamment au regard des règles imposées aux producteurs français.
Fruits et légumes : une traçabilité plus difficile
Le dossier des fruits et légumes apparaît plus complexe. La FDSEA 65 explique que le recours à des centrales d’achat rend la traçabilité plus difficile à établir. Dans ce contexte, identifier précisément l’origine de certains produits se révèle compliqué. Parmi les éléments relevés figurent de l’ail en provenance de Chine et une majorité de fruits originaires d’Espagne. Pour le reste, l’identification précise des provenances n’a pas toujours été possible à partir des documents consultés.
Un bilan nuancé et un dialogue maintenu
Au terme de ce contrôle, le syndicat dresse un bilan contrasté, évoquant une alternance entre produits locaux et produits venant de plus loin. La FDSEA 65 tient toutefois à remercier les salariés et les responsables de la cantine centrale de Bagnères-de-Bigorre pour leur disponibilité et leur attitude jugée constructive. Malgré certaines provenances et marges considérées comme discutables par les agriculteurs, le dialogue est resté ouvert. Les représentants syndicaux indiquent être repartis avec des factures et des attestations de provenance, y compris pour des situations jugées imparfaites chez certains fournisseurs.
À travers cette action, la FDSEA 65 souhaite porter plusieurs revendications : plus de transparence sur l’origine des produits, une place renforcée pour les productions locales et françaises, et des règles jugées équitables entre producteurs et acteurs de la restauration collective. Pour le syndicat, la question du manger local dans les cantines dépasse le symbole. Elle est présentée comme un enjeu économique, agricole et territorial de long terme. Une « affaire à suivre », selon ses représentants, qui entendent poursuivre le débat avec les acteurs concernés.