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Le 1er RHP inaugure son monument du souvenir
Le 1er régiment de hussards parachutistes (1er RHP) a vécu, le 10 juillet au quartier Larrey à Tarbes, une journée marquée par deux temps forts : l’inauguration de son nouveau monument du souvenir et la passation de commandement entre le colonel Gaspard Lancrenon et le colonel Nicolas Recordier. Une cérémonie empreinte de mémoire, dans un contexte marqué par le retour d’une partie du régiment du Liban et par le décès récent de militaires parachutistes engagés en opération extérieure.
Le nouveau monument du souvenir, inauguré au cœur du quartier Larrey à Tarbes, a pour vocation d’offrir aux militaires du régiment un lieu de recueillement en mémoire de leurs camarades tombés au combat, récemment comme tout au long de l’histoire du 1er RHP. Visible depuis l’extérieur de l’enceinte militaire, il s’inscrit également dans le paysage mémoriel tarbais. Selon le régiment, il doit contribuer à transmettre la mémoire des disparus, accompagner le travail de deuil de leurs familles et de leurs frères d’armes, renforcer les forces morales et participer à la transmission de l’esprit de Défense auprès des jeunes générations. Les noms de tous les militaires tombés depuis la création du régiment, en 1720, jusqu’à aujourd’hui, y seront inscrits. Au centre de cet ensemble prend place une statue monumentale de Saint-Michel, saint patron des parachutistes, réalisée par le sculpteur Christophe Charbonnel. Le monument est également orné de fresques représentant Saint-Georges, saint patron des cavaliers, peintes par le chef d’escadron de Cointet. Le colonel Gaspard Lancrenon, alors 100e chef de corps du régiment, a résumé l’ambition du projet en déclarant : « Notre monde, notre jeunesse ont besoin de sens : c’est la modeste ambition de ce monument. »

Saint-Michel et Saint-Georges, deux figures symboliques
Le choix des deux saints s’inscrit dans les traditions militaires. Saint-Michel est le saint patron des parachutistes en raison de sa symbolique de protecteur céleste et de combattant. Placés sous sa protection par l’armée de Terre après la Seconde Guerre mondiale, les parachutistes célèbrent chaque année la Saint-Michel le 29 septembre, un rendez-vous de cohésion et de mémoire. La présence de Saint-Georges rappelle quant à elle les racines cavalières du 1er RHP. Figure du chevalier affrontant le dragon, il symbolise le courage, l’engagement et la protection, des valeurs associées aux unités de cavalerie.

Une passation de commandement devant les autorités
La cérémonie a également été marquée par la passation de commandement entre le colonel Gaspard Lancrenon et le colonel Nicolas Recordier. Le général Renaud Rondet, commandant de la 11e Brigade parachutiste, a officiellement transmis le commandement du régiment au colonel Recordier. Plusieurs personnalités civiles et militaires assistaient à cette cérémonie, parmi lesquelles le préfet des Hautes-Pyrénées Jean Salomon, le maire de Tarbes Pascal Claverie, le général Renaud Rondet ainsi que Jacques Langlade de Montgros, nouveau chef d’état-major de l’Armée de Terre, qui prenait ses fonctions quelques jours après cet événement.
Des décorations et un défilé régimentaire
Au cours de la prise d’armes, plusieurs militaires ont été distingués. Les adjudants-chefs Cédric et Gwenaél ont reçu la Médaille militaire. Le capitaine Yazid a été décoré de l’ordre national du Mérite. Le colonel Gaspard Lancrenon s’est vu remettre la Croix de la Valeur militaire. À l’issue de la cérémonie, l’ensemble du régiment a défilé en chantant « Hussards de Bercheny », le chant régimentaire. Le groupement commando parachutiste a également effectué un saut en parachute en ouverture retardée au-dessus du quartier Larrey.

Le parcours du colonel Gaspard Lancrenon
Né en 1979 à Kourou, en Guyane française, le colonel Gaspard Lancrenon est devenu le 100e chef de corps du 1er RHP le 5 juillet 2024. Formé à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr puis à l’École de cavalerie de Saumur, il a effectué l’essentiel de sa carrière au sein du régiment, alternant responsabilités opérationnelles et postes d’état-major. Il a participé à plusieurs opérations extérieures, notamment en Côte d’Ivoire, au Kosovo, en Afghanistan, au Mali et au Liban, où il revenait récemment d’une mission de quatre mois avec une partie du régiment. L’inauguration du monument du souvenir constitue « une trace indélébile de son passage dans les murs de Bercheny ».
Le colonel Nicolas Recordier prend les rênes du régiment
Âgé de 42 ans, marié et père de quatre enfants, le colonel Nicolas Recordier connaît déjà le 1er RHP, qu’il a rejoint en 2008 comme chef de peloton. Après avoir exercé plusieurs responsabilités au sein du régiment, il a suivi l’École de Guerre avant de rejoindre le cabinet du chef d’état-major de l’Armée de Terre en qualité d’adjoint à la communication. Le nouveau chef de corps entend inscrire son commandement dans la continuité de l’héritage du régiment tout en préparant celui-ci aux défis à venir. Il fonde son action sur plusieurs principes qu’il présente comme constitutifs de l’ADN du 1er RHP : l’opérationnalisation, l’autonomisation, l’esprit d’avant-garde, la capacité d’adaptation et la transmission de l’héritage régimentaire. Pour les deux années à venir, il fixe trois axes de commandement : l’enthousiasme, afin de cultiver l’engagement collectif ; l’exigence, pour maintenir le plus haut niveau de préparation opérationnelle ; et la sérénité, qu’il considère indispensable à un commandement lucide et efficace.
