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Les crèches municipales en grève à partir du mercredi 25 février


Réunis en conférence de presse ce mardi 24 février au local syndical de la CGT de la Mairie de Tarbes, des représentants du personnel de la petite enfance ont annoncé le dépôt d’un préavis de grève reconductible pour un mois. Les agents dénoncent une dégradation continue de leurs conditions de travail et un manque de réponse de la hiérarchie. Les crèches « Les Crayons de couleurs » et « La Goutte de Lait » seront très impactées par cette grève dès demain.

C’est au local syndical de la CGT de la Mairie de Tarbes que s’est tenue, mardi 24 février, une conférence de presse consacrée à la situation du secteur de la petite enfance. À cette occasion, le syndicat a officialisé le dépôt d’un préavis de grève visant plus particulièrement les crèches municipales. La mobilisation débutera ce mercredi 25 février. Deux crèches seront « très impactées » dès le premier jour : « Les Crayons de couleurs » et « La Goutte de Lait », selon les représentants du personnel. Le mouvement est annoncé comme reconductible quotidiennement pendant un mois. Par crainte de représailles, les salariés présents n’ont pas souhaité être pris en photo.

« Des alertes restées sans réponse »

« En effet, depuis très longtemps nous alertons quant à la dégradation de leurs conditions de travail. Ces alertes sont restées vaines et sans réponse alors que ces crèches ont été sous la responsabilité sur ce mandat de Véronique Dutrey et auparavant de la maire actuelle André Doubrère. Par ces faits, le personnel nous a demandé de déposer un préavis de grève et d’organiser une conférence de presse afin de faire entendre leur voix et leur souffrance », a déclaré Haurie Gilles, secrétaire du syndicat CGT de la Mairie de Tarbes. Les représentants syndicaux affirment avoir saisi à plusieurs reprises les instances compétentes, notamment en comité social territorial (CST) et dans le cadre d’enquêtes relatives aux conditions d’hygiène, de sécurité et de travail. Selon eux, aucune mesure concrète n’aurait été engagée à l’issue de ces démarches. Ils évoquent également l’absence de réponse à la suite du dépôt du préavis, malgré un délai légal de cinq jours censé permettre l’ouverture de discussions.

Manque de formation et difficultés de remplacement

Parmi les principaux griefs exprimés figure le manque d’accès à la formation. Des demandes de validation des acquis de l’expérience (VAE) seraient, selon les agents, en attente depuis plusieurs années, sans explication claire. Des formations seraient annulées faute de remplaçants. Les professionnels dénoncent également un déficit de personnel qualifié. Ils évoquent un turn-over important : « 57 % des effectifs en 2024 », selon les chiffres avancés lors de la conférence. Pour l’année 2025, 18 départs auraient déjà été enregistrés, toutes catégories confondues. Ce turn-over aurait des conséquences directes sur l’organisation quotidienne : remplacements effectués au dernier moment, agents envoyés dans d’autres structures qu’ils ne connaissent pas, ou affectés à des missions différentes de leur cœur de métier, notamment en entretien ou en cuisine, sans formation spécifique. Les représentants du personnel estiment que cette instabilité peut être source d’inquiétude pour les familles, qui ne sauraient pas toujours à qui elles confient leurs enfants.

Une organisation jugée floue

Les agents décrivent une organisation qu’ils jugent peu lisible. Depuis le 1er janvier 2025, le secteur de la petite enfance a été rattaché à la mairie. Selon les intervenants, environ 70 agents composent ce pôle. Ils affirment ne pas disposer d’un organigramme clair et s’interrogent sur la chaîne de décision. Ils évoquent l’absence de direction identifiée pour la petite enfance et un manque de communication sur les décisions prises lors des réunions hebdomadaires des directrices. Des réunions organisées hors temps de travail, après 18h30, sont également dénoncées. Les représentants syndicaux estiment que ces modalités alourdissent la charge des équipes déjà confrontées à des journées jugées éprouvantes.

Accueil des enfants et accompagnement des familles

Les agents soulignent la complexité croissante de leurs missions. Ils indiquent accueillir des enfants aux besoins spécifiques sans formation adaptée ni soutien suffisant. Des demandes d’accompagnement adressées à la hiérarchie resteraient, selon eux, sans suite. Ils évoquent également la difficulté à développer un travail de qualité avec les familles, faute de temps. L’inclusion de publics aux situations variées, notamment dans le cadre du financement par la prestation de service unique (PSU), nécessiterait un accompagnement renforcé qui ne pourrait, selon eux, être assuré dans les conditions actuelles. Les professionnels affirment vouloir maintenir un service public de qualité, mais estiment manquer de moyens pour répondre aux exigences réglementaires en matière d’individualisation de l’accueil et de parentalité.

Congés, arrêts maladie et matériel

Les conditions de prise de congés sont également pointées du doigt. Selon les témoignages, le nombre limité de remplaçants rendrait difficile la validation des congés et conduirait parfois à des refus ou à des modifications de dernière minute. Les intervenants font état d’arrêts maladie multiples liés, selon eux, à l’épuisement et à la lassitude. Ils considèrent que l’absentéisme serait davantage une conséquence des conditions de travail qu’une cause des difficultés de remplacement. Enfin, plusieurs exemples concrets ont été cités concernant le matériel : équipements jugés inadaptés ou tardivement fournis, commandes effectuées sans concertation avec les équipes, ou encore nécessité pour une agente de coudre elle-même des gants sur son temps personnel.

Un mouvement reconductible

Face à ce qu’ils décrivent comme un manque de considération et de réponse institutionnelle, les agents ont décidé d’« passer à la vitesse supérieure » en déposant un préavis de grève. Le mouvement débutera ce mercredi 25 février et pourra être reconduit quotidiennement pendant un mois. Deux crèches devraient être particulièrement affectées dès le premier jour. Les représentants syndicaux disent rester ouverts au dialogue et affirment attendre des réponses concrètes de la collectivité afin d’améliorer les conditions de travail au sein des crèches municipales de Tarbes.



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