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Nouveau rassemblement devant le tribunal pour réclamer une loi intégrale contre les violences sexuelles faites aux enfants et aux femmes


Le Collectif départemental pour les droits des femmes des Hautes-Pyrénées avait appelé à un nouveau rassemblement devant le tribunal judiciaire de Tarbes ce lundi 22 juin. Au cœur de leurs revendications : la mise en œuvre des recommandations de la CIIVISE, davantage de moyens pour la protection de l’enfance et une réponse institutionnelle à la hauteur de l’ampleur des violences.

Lundi 22 juin, devant le tribunal judiciaire de Tarbes, le Collectif départemental pour les droits des femmes des Hautes-Pyrénées (CDDF65) a une nouvelle fois répondu à l’appel national lancé par la coalition féministe et enfantiste. L’objectif affiché était de porter une revendication commune : l’adoption d’une loi intégrale contre les violences sexuelles, inscrite à l’ordre du jour du Parlement, dotée de financements suffisants et effectivement appliquée. Le rassemblement a réuni des participants venus soutenir cette mobilisation. Un texte a été lu par quatre intervenantes du collectif avant que soient proposés des temps d’expression libre autour de textes, poèmes ou chants. L’association Art’Co Iris, partenaire de l’événement, a également animé des activités.

Les recommandations de la CIIVISE au centre des revendications

Dès l’ouverture de leur prise de parole, les membres du CDDF65 ont insisté sur l’urgence d’appliquer les recommandations formulées par la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (CIIVISE). Pour les organisateurs, ces propositions ne peuvent plus rester sans traduction concrète dans les politiques publiques. Ils demandent notamment des moyens humains et financiers supplémentaires pour la prévention, l’accompagnement des victimes et le traitement judiciaire des violences sexistes et sexuelles.

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L’enquête de Mediapart sur le commissariat de Tarbes évoquée

Le rassemblement s’est tenu dans un contexte particulier, marqué localement par la publication d’une enquête de Mediapart révélant l’existence d’un rapport confidentiel de 2024 consacré au traitement des violences sexistes et sexuelles par le commissariat de Tarbes. Dans leur intervention, les membres du CDDF65 ont souligné les conclusions de cette enquête, qui met en lumière des dysfonctionnements dans la prise en charge de certaines affaires, notamment celles concernant des mineurs victimes de violences sexuelles. Ils ont également rappelé qu’un magistrat cité dans l’article évoquait une amélioration récente des méthodes de travail tout en soulignant le manque persistant d’officiers de police judiciaire et les difficultés à traiter certaines procédures dans des délais satisfaisants. 

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Une critique des choix politiques en matière de protection de l’enfance

Au cours de leur prise de parole, les représentants du collectif ont mis en cause les politiques publiques menées ces dernières années dans les domaines de la justice, de la protection de l’enfance, de la santé et du soutien aux associations spécialisées. Selon eux, les alertes formulées depuis plusieurs années par les professionnels de terrain, les associations, les collectifs féministes et les acteurs de la protection de l’enfance n’ont pas été suffisamment prises en compte. Le CDDF65 estime que les violences sexuelles sont trop souvent présentées comme des faits divers isolés alors qu’elles relèvent, selon lui, d’un problème structurel nécessitant une réponse globale.

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L’affaire Bétharram et les responsabilités institutionnelles

Les intervenantes ont également évoqué l’affaire Bétharram, à la suite de la publication du rapport de la commission chargée d’enquêter sur les violences physiques et sexuelles commises pendant plusieurs décennies au sein de cet établissement. Le président de cette commission, Jean-Pierre Massias, y décrit des « violences systémiques d’une exceptionnelle gravité » ainsi que des actes pouvant être assimilés à du « sadisme » et de la « torture ». Pour le collectif, ce dossier illustre les conséquences des silences et des défaillances institutionnelles, qu’elles soient étatiques ou religieuses, face aux violences commises sur des enfants.

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Des chiffres pour mesurer l’ampleur du phénomène

Afin de rappeler l’ampleur des violences sexistes et sexuelles en France, le CDDF65 a énuméré plusieurs données statistiques au cours de son intervention. Parmi les chiffres cités : 67 femmes ont été tuées depuis le début de l’année parce qu’elles étaient des femmes ; une femme sur six déclare que son entrée dans la sexualité s’est faite à travers un rapport non désiré ou non consenti ; plus d’une femme sur deux en France déclare avoir subi au moins une fois dans sa vie du harcèlement ou une agression sexuelle ; 5,4 millions de personnes affirment avoir subi des violences sexuelles avant l’âge de 18 ans ; 42 enfants ont été tués depuis le 1er janvier 2026, dont 23 âgés de moins de trois ans ; toutes les trois minutes, un enfant serait victime d’inceste, de viol ou d’agression sexuelle en France ; 86 % des plaintes concernant des violences sexuelles sur mineurs feraient l’objet d’un classement sans suite ; les enfants en situation de handicap seraient trois fois plus exposés aux violences sexuelles ; au moins 160 000 enfants subiraient chaque année des violences sexuelles ; un enfant meurt sous les coups de ses parents tous les cinq jours. Pour les militants, ces données démontrent la nécessité d’une mobilisation durable des pouvoirs publics.

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Dépasser la figure du « monstre »

Au-delà des revendications législatives, le CDDF65 a développé une réflexion sur la manière dont les violences sexuelles sont abordées dans le débat public. Les intervenantes ont notamment dénoncé ce qu’elles considèrent comme une focalisation sur la figure du « monstre », qui tendrait à présenter les auteurs de violences comme des individus exceptionnels plutôt que comme le produit de mécanismes sociaux plus larges. Selon elles, cette représentation empêche parfois de mieux comprendre les violences intrafamiliales, notamment les situations d’inceste, et peut contribuer au silence des victimes. Le collectif a également critiqué les réponses exclusivement sécuritaires, estimant que la prévention, l’éducation et l’accompagnement doivent occuper une place centrale dans les politiques publiques.

Les représentants du CDDF65 ont affirmé que la future loi intégrale constituerait une étape importante mais ne suffirait pas, à elle seule, à transformer durablement la situation. Pour eux, la lutte contre les violences sexistes et sexuelles relève d’un enjeu de société plus large, touchant aux rapports de domination, à l’égalité entre les femmes et les hommes ainsi qu’à la protection des enfants. Le collectif a réaffirmé son soutien aux victimes et appelé à une mobilisation citoyenne de long terme. « Ce n’est que le début, ça va être un marathon », ont conclu les intervenantes, avant d’inviter les participants à se retrouver lors d’une marche citoyenne prévue le 4 juillet prochain, dont le lieu et l’horaire restent à préciser.



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