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Pyrénées – Crise agricole : Michel Pélieu reçoit les syndicats agricoles
Le président du Département des Hautes-Pyrénées a réuni, ce vendredi 9 janvier 2026, les représentants des syndicats agricoles du département en présence du président de la Chambre d’Agriculture. Une rencontre marquée par des échanges directs autour de la crise agricole et du rôle du Département.
Michel Pélieu, président du Département des Hautes-Pyrénées, a reçu ce vendredi 9 janvier 2026 à l’Hôtel du Département les représentants des syndicats agricoles du 65. Le président de la Chambre d’Agriculture assistait également à cette rencontre. Vingt-trois membres de l’Assemblée départementale accompagnaient le président, dans un contexte de tensions liées à la crise agricole et, plus particulièrement, à la mobilisation autour de la dermatose.
Selon Michel Pélieu, cette réunion répondait à la nécessité de clarifier le rôle du Département. « L’échange a été vif mais nécessaire », a-t-il déclaré, estimant que « trop de confusion » avait été entretenue sur les compétences et responsabilités de la collectivité.
Clarifier le rôle du Département
Au cours de cette rencontre, le président du Département a insisté sur la légitimité de la mobilisation des agriculteurs face à la crise de la dermatose. Il a toutefois exprimé des réserves sur certaines formes d’action menées ces dernières semaines.
Michel Pélieu a notamment pointé trois limites : le fait de « se tromper de cible en s’attaquant à l’économie locale », la confusion entre le rôle du Département et celui des acteurs de l’eau, ainsi que l’utilisation des routes et ronds-points comme lieux de dépôts de déchets. Des pratiques jugées inacceptables par l’exécutif départemental.
Des préoccupations partagées avec le monde agricole
Au-delà de la dermatose, le président du Département a rappelé que de nombreux sujets faisaient consensus entre les élus départementaux et le monde agricole. Parmi eux figurent la gestion de la ressource en eau, le renforcement des circuits courts, l’avenir des abattoirs, ainsi que la lourdeur administrative et réglementaire.
Michel Pélieu a également évoqué des dossiers structurels, tels que les nouvelles retenues d’eau ou la gestion des systèmes Neste et du Gave, dont la mise en œuvre est freinée par des contraintes réglementaires.
La question du nettoyage du domaine public
La réunion n’a pas éludé la problématique du nettoyage du domaine public, dégradé lors de certaines actions de mobilisation. Le président du Département a souligné la « nécessaire implication de tous » dans les opérations de retraitement des déchets et de remise en état des installations concernées.
Il a rappelé que le budget départemental « ne pourra pas et ne doit pas assumer seul » les conséquences des débordements constatés, qui affectent à la fois les concitoyens et l’image des producteurs et éleveurs.
Reprise du dialogue et prochaines étapes
Si aucun règlement immédiat n’a été annoncé à l’issue de la réunion, les participants ont convenu de se retrouver rapidement afin de poursuivre les discussions. D’ici là, le Département poursuivra son travail d’évaluation, notamment sur les volumes de déchets, la nature des matériaux, ainsi que les coûts liés au transport, au tri et au recyclage dans les filières et entreprises agréées.
Pour Michel Pélieu, cette rencontre marque avant tout une reprise du dialogue, préalable aux actions de nettoyage qu’il souhaite voir menées de manière concertée.
Le déclaration de Michel Pélieu
« J’ai reçu ce jour, vendredi 9 janvier 2026, les représentants des syndicats agricoles du département en présence du Président de la Chambre d’Agriculture. A cette réunion, vingt-trois de mes collègues membres de l’Assemblée départementale m’accompagnaient. L’échange a été vif mais nécessaire. Trop de confusion avait en effet été entretenue autour du rôle du Département dans cette crise. Il convenait de se retrouver et d’échanger de vive voix pour crever les abcès, tordre le cou aux manipulations et rétablir quelques vérités. Il en va aussi de la crédibilité des revendications d’un monde agricole auquel nous sommes attachés.
La mobilisation autour de la crise de la dermatose, je le redis et je m’en suis déjà expliqué, a toute sa légitimité. Mais son mode d’expression n’est pas acceptable :
– parce que l’on se trompe de cible en s’attaquant à l’économie locale,
– parce que l’on confond le rôle du Département avec celui des acteurs de l’eau, et
– parce que l’on fait de nos routes et de nos ronds-points de véritables décharges sauvages.
Au-delà de la dermatose, nous partageons avec les agriculteurs les mêmes préoccupations : la gestion de la ressource en eau, le renforcement des circuits courts, l’avenir de nos abattoirs, la lourdeur administrative et réglementaire qui ralentit la mise en oeuvre des choix pourtant consensuels (nouvelles retenues d’eau, gestion du système Neste et du Gave…).
Je me réjouis de la qualité de cet échange, un échange qui n’a pas, non plus, occulté la problématique du nettoyage du domaine public et de la nécessaire implication de tous dans l’action de retraitement des déchets et de la remise à niveau des installations dégradées.
Tout ne peut être réglé aujourd’hui, mais nous avons repris le chemin du dialogue avant d’entreprendre les actions de nettoyage que je veux concertées. Le budget du Département ne pourra pas et ne doit pas assumer seul les débordements qui affectent nos concitoyens et l’image de nos producteurs et éleveurs.
Les parties ont ainsi convenu de se retrouver très vite pour en parler. D’ici là, le Département poursuivra son travail afin d’évaluer plus précisément les volumes, la nature des matériaux, les coûts de transports, de tris, et de recyclage au sein des filières et entreprises dûment agrées. »