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Pyrénées – Les agriculteurs sont prêts à bloquer l’accès aux stations de ski dès demain soir
Réunis ce mardi 16 décembre à la préfecture des Hautes-Pyrénées, les représentants de l’intersyndicale agricole ont fait le point avec le préfet Jean Salomon sur la situation du monde agricole. Faute de réponses jugées suffisantes au niveau national, ils annoncent être prêts à durcir le mouvement dès demain soir, avec un possible blocage des accès aux stations de ski du département.
L’intersyndicale des agriculteurs des Hautes-Pyrénées (La FDSEA 65, Les Jeunes Agriculteurs 65, La Coordination Rurale 65, La Confédération Paysanne 65, L’Union des Paysans Libres 65) avait rendez-vous ce mardi 16 décembre avec le préfet du département, Jean Salomon. Cette rencontre, fixée depuis plusieurs semaines, s’inscrivait dans un contexte de mobilisation agricole persistante et de forte inquiétude au sein de la profession.
À l’issue de l’échange, les représentants syndicaux ont tenu à souligner le caractère formel de la réunion, qualifiée de « cellule de crise habituelle », recentrée principalement sur la gestion sanitaire de la Dermatose bovine et la vaccination. Si le rôle du préfet n’est pas mis en cause par l’intersyndicale, celle-ci dénonce en revanche une absence de réponses politiques au niveau national.
« Un dialogue de sourds » avec la ministre de l’Agriculture
Avant cette rencontre préfectorale, certains représentants de l’intersyndicale avaient également échangé avec la ministre de l’Agriculture. Un rendez-vous dont le ton est jugé particulièrement décevant. « J’ai été à Toulouse voir la ministre. Dialogue de sourds, je ne vais pas vous mentir. On a perdu notre temps. Elle a martelé ses positions, on a martelé les nôtres, pour qu’à la fin, tous unanimes, ce soit un “niet” confondu. On s’est barré, je ne vous le cache pas. On s’est tiré », relate le représentant de la FDSEA 65 à la sortie de la réunion en préfecture.

Selon l’intersyndicale, un communiqué diffusé par la ministre ce mardi matin laisserait entrevoir une légère évolution, avec l’ouverture d’une concertation associant scientifiques et représentants agricoles. « Elle entrouvrirait une porte. Maintenant, elle parle de mettre des scientifiques autour d’une table avec le monde agricole, c’est-à-dire les syndicats, pour essayer de trouver des solutions. »

La vaccination, un enjeu jugé prioritaire
Au cœur des échanges figure la question sanitaire et, plus particulièrement, la vaccination, présentée comme une priorité absolue pour les éleveurs. « Aujourd’hui, l’heure est grave. On a attaqué les vaccinations. Elles ont commencé hier soir. Je pense que notre seule solution pour se sortir de la situation aujourd’hui, c’est la vaccination ».
Des moyens supplémentaires ont été commandés, avec plusieurs milliers de doses supplémentaires prévues pour le département. Une organisation collective va se mettre en place pour soutenir les vétérinaires et accélérer la campagne de vaccination.
« Il faut faciliter le travail des vétérinaires. Aujourd’hui, c’est l’entraide qu’il faut. Il faut aider les éleveurs à vacciner un maximum ».

Un préfet jugé « à l’écoute », mais un État critiqué
Si l’intersyndicale se montr critique envers l’État et le gouvernement, le préfet des Hautes-Pyrénées n’est pas directement mis en cause. « On ne va pas déverser ce soir devant chez le préfet. Le préfet travaille, il fait remonter. Pour nous, on est tous d’accord, il fait bien son travail », souligne l’intersyndicale.
Le discours est en revanche beaucoup plus sévère à l’égard de l’action gouvernementale : « L’État, aujourd’hui, nous tourne le dos clairement. Il ne regarde pas ses paysans en face. Il ne veut pas accepter qu’il s’est engouffré dans une solution qui ne marche pas. »

Vers un durcissement du mouvement dès demain soir
Faute d’avancées concrètes d’ici mercredi, l’intersyndicale annonce être prête à franchir un nouveau cap dans la mobilisation. Des rassemblements sont prévus sur les ronds-points dès demain à 17h, avant une décision collective. « On va se retrouver tous demain soir à 17 heures sur les ronds-points. On va prendre une décision. Si ça n’a pas bougé au niveau national, on fera un blocage total des vallées du ski. »
Les accès aux stations de ski des Hautes-Pyrénées pourraient ainsi être bloqués dès demain soir à partir de 18 heures, une action assumée comme un levier de pression économique. «Il n’y aura pas de ski s’il le faut. On n’a pas voulu le faire pendant des années, mais là, on va le faire. »
Un appel à la solidarité entre toutes les filières agricoles
Au-delà des éleveurs, l’intersyndicale appelle à une mobilisation large de l’ensemble du monde agricole : céréaliers, agriculteurs de plaine comme de montagne, viticulteurs. « On est tous dans la même situation aujourd’hui. On n’a pas d’eau, pas de prix pour les céréales, on n’a rien. On est tous dans une merde noire. Il faut être solidaires sur les points de blocage. »
Pour les syndicats, la montée en puissance du mouvement est désormais assumée. « Le crescendo, il faut l’enchaîner. À partir de demain soir, si on n’a pas de nouvelles, on continue, on augmente. C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. »
À la veille d’un possible blocage des accès aux stations de ski, la pression monte donc d’un cran dans les Hautes-Pyrénées, avec un mouvement agricole qui entend se faire entendre à l’échelle nationale.