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Rencontre avec le préfet : la FDSEA 65 tire la sonnette d’alarme sur l’avenir de l’agriculture haut-pyrénéenne
Le 8 janvier 2026, une délégation de la FDSEA des Hautes-Pyrénées a été reçue par le préfet. À cette occasion, le syndicat agricole a dressé un constat jugé préoccupant de la situation agricole départementale. Filière bovine paralysée malgré la fin des cas de DNC, prédations en hausse et campagne céréalière 2025 qualifiée de catastrophique : la FDSEA 65 a porté une série de demandes, estimant que sans réponses rapides, c’est l’ensemble de l’agriculture haut-pyrénéenne qui se trouve menacée.
Premier sujet abordé lors de cette rencontre avec le préfet des Hautes-Pyrénées : la situation de la filière bovine. La FDSEA 65 a rappelé que, malgré une vaccination massive contre la DNC et l’absence de nouveaux cas recensés, la filière reste fortement désorganisée. Les conséquences sur le terrain sont importantes : veaux invendus, bâtiments d’élevage saturés et pertes économiques qualifiées de lourdes pour les exploitations.
Une filière bovine toujours à l’arrêt malgré l’absence de nouveaux cas
Face à cette situation, le syndicat agricole a formulé plusieurs demandes précises. Il réclame notamment l’autorisation de mouvements d’animaux strictement encadrés, permettant le transfert de veaux depuis des élevages laitiers saturés vers des ateliers d’engraissement de proximité, dont certains pourraient se retrouver vides dans les prochaines semaines.
La FDSEA 65 demande également la prise en charge des surcoûts et des pertes de production subies par les éleveurs. Sont notamment évoqués les changements de catégorie commerciale, avec le passage de bovins à jeunes bovins, ainsi que la consommation de lait par des veaux qui n’ont pu être commercialisés.
Par ailleurs, le syndicat sollicite la mise en place d’aides spécifiques pour faire face aux saisies partielles en abattoir liées à la vaccination. Enfin, il appelle à mettre un terme aux abattages systématiques, au profit d’un suivi sanitaire approfondi. Objectif affiché : améliorer la connaissance de la maladie et permettre des expérimentations plus adaptées à la réalité du terrain.
Prédations : une pression jugée insoutenable pour les éleveurs
Autre point majeur soulevé lors de la rencontre avec le préfet : la question des prédations. Loup, vautour et ours sont cités par la FDSEA 65 comme responsables d’attaques de plus en plus fréquentes, mettant directement en péril les troupeaux et fragilisant les exploitations.
Le syndicat agricole réclame en premier lieu la mise en place de tirs de défense simple, juridiquement sécurisés, afin de permettre aux éleveurs de protéger leurs animaux dans un cadre clair et applicable. Il demande également des moyens concrets pour renforcer la protection des exploitations, notamment en matière de surveillance et de dispositifs d’effarouchement.
La FDSEA 65 insiste par ailleurs sur la nécessité d’un meilleur suivi des populations de prédateurs, estimant que la connaissance actuelle reste insuffisante pour adapter les réponses. Enfin, elle appelle à une indemnisation élargie, qui ne se limiterait pas aux pertes directes, mais intégrerait aussi les pertes indirectes liées au stress des animaux et à la désorganisation des troupeaux après les attaques.
Une campagne céréalière 2025 qualifiée de pire depuis vingt ans
La situation de la filière céréalière a également été largement évoquée. Selon la FDSEA 65, l’année 2025 a été marquée par des conditions climatiques catastrophiques, combinées à des marchés défavorables. Le syndicat parle de la pire campagne depuis vingt ans pour les céréaliers du département.
Face à ces difficultés, la FDSEA 65 demande la mise en place de prêts de trésorerie garantis par l’État, ainsi qu’un soutien des prix. Elle réclame également un allègement des charges, citant notamment la MSA et la taxe sur le foncier non bâti (TFNB), et insiste sur la nécessité d’un paiement rapide des aides de la PAC encore en attente.
« Sans réponses rapides, toute l’agriculture des Hautes-Pyrénées est menacée »
À l’issue de cette rencontre, la FDSEA 65 a tenu à alerter les pouvoirs publics sur l’urgence de la situation. Pour le syndicat, l’accumulation des difficultés dans les différentes filières fait peser un risque majeur sur l’avenir de l’agriculture dans les Hautes-Pyrénées.