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une réunion publique très suivie autour des enjeux liés à l’eau potable


L’eau potable peut-elle cohabiter avec un projet industriel de méthanisation à quelques centaines de mètres d’un captage stratégique ? À Andrest, près de 120 personnes sont venues chercher des réponses lors d’une réunion publique qui a placé la protection de la ressource en eau au cœur des débats.

La salle était particulièrement attentive lors de la réunion publique organisée par l’ADRISE à Andrest autour du projet de méthaniseur METHAVERT 65, envisagé à Oursbelille. Près de 120 personnes ont participé à cette rencontre d’information consacrée à un dossier qui suscite de nombreuses interrogations sur le territoire, notamment en raison de la proximité du futur site avec le captage d’eau potable d’Oursbelille. Parmi les participants figuraient de nombreux habitants, mais aussi plusieurs maires et élus des communes concernées par cette ressource en eau, qui alimente environ 12 000 habitants répartis sur 26 communes. 

Un débat centré sur la protection de la ressource en eau

Dès l’ouverture de la réunion, l’ADRISE a tenu à préciser sa position. L’association a rappelé qu’elle n’était opposée ni à la méthanisation en tant que technologie, ni au monde agricole, ni au développement des énergies renouvelables. Selon ses représentants, la question centrale porte sur la compatibilité de l’implantation du projet avec la préservation à long terme d’un captage d’eau potable considéré comme particulièrement sensible. L’association a ainsi mis en avant plusieurs éléments qu’elle estime déterminants dans l’analyse du dossier : la proximité du projet avec le captage, la vulnérabilité hydrogéologique du secteur, certaines incertitudes relevées dans les documents disponibles, l’application du principe de précaution, ainsi que la nécessité de privilégier l’évitement lorsque des ressources stratégiques en eau potable sont concernées. L’ADRISE a également attiré l’attention sur les effets cumulés potentiels du projet dans un territoire déjà soumis à différentes pressions environnementales.

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Le principe de précaution au cœur des échanges

Au fil de la soirée, les représentants de l’association ont rappelé à plusieurs reprises qu’aucune activité humaine n’est exempte de risque. Selon eux, la question ne réside pas dans l’existence ou non d’un risque zéro, mais dans son acceptabilité lorsqu’une ressource essentielle à l’alimentation en eau potable est concernée. L’ADRISE a souligné qu’un captage d’eau potable ne peut être remplacé par une simple mesure compensatoire et a insisté sur l’application rigoureuse de la séquence réglementaire « Éviter, Réduire, Compenser ». Pour l’association, la réflexion doit d’abord porter sur la possibilité d’éviter le risque par un autre choix d’implantation.

De nombreuses interrogations exprimées par les habitants

Plusieurs habitants ont pris la parole pour faire part de leurs préoccupations. Les interventions ont porté sur des thèmes variés : la protection du captage, le trafic routier, les nuisances potentielles, les effets cumulés du projet ainsi que la capacité du dossier à répondre aux interrogations du public. Les échanges ont permis à Jean-Marc Vergez, présent dans la salle, de répondre à plusieurs questions techniques soulevées par les participants. Parmi les sujets abordés figuraient notamment les odeurs, le trafic de camions, le stockage du digestat liquide à Bazillac, la sécurité liée au gaz, les risques d’explosion, la récupération des eaux de pluie ainsi que l’absence annoncée de prélèvement dans la nappe souterraine.

Odeurs : des appréciations différentes selon les phases du procédé

Concernant les odeurs, le porteur du projet a indiqué que le digestat ne dégageait pas d’odeur comparable à celle du lisier. L’ADRISE a reconnu cet élément tout en rappelant que les matières entrantes, notamment les déchets verts fermentescibles, peuvent générer des odeurs lors des phases de stockage ou de manipulation. Cette question a fait partie des préoccupations régulièrement évoquées par les riverains présents.

Trafic routier : une préoccupation récurrente

La circulation des camions et des engins agricoles a également suscité de nombreux échanges. Plusieurs participants ont exprimé leurs inquiétudes quant à l’augmentation du trafic induit par l’activité du méthaniseur. Une habitante vivant à proximité du site a notamment témoigné des nuisances qu’elle estime déjà subir en raison de la circulation actuelle et des vibrations associées. Des élus ont également interrogé le porteur du projet sur les conséquences pour les communes concernées par les transports de matières et les zones de stockage.

Des questions autour du stockage du digestat à Bazillac

Le stockage déporté du digestat liquide à Bazillac a fait l’objet de plusieurs interventions. Certains participants ont estimé que les documents mis à disposition du public ne permettaient pas de comprendre suffisamment les caractéristiques précises de cette installation, notamment en ce qui concerne la membrane utilisée, les garanties de sécurité ou encore les incidences possibles sur les déplacements liés à l’exploitation. Ces questions ont alimenté une partie importante des échanges de la soirée.

La gestion de l’eau de pluie interrogée

Le fonctionnement du futur site en matière d’approvisionnement en eau a également suscité de nombreuses demandes de précisions. Le porteur du projet a indiqué que les besoins seraient couverts par la récupération des eaux de toiture et des panneaux photovoltaïques, sans prélèvement dans la nappe. Plusieurs participants ont toutefois souhaité obtenir davantage d’informations sur les lieux de stockage de cette eau, les capacités prévues ainsi que le cheminement des canalisations nécessaires à son acheminement vers l’unité de méthanisation. Selon les échanges rapportés au cours de la réunion, ces réponses n’ont pas permis de lever l’ensemble des interrogations exprimées.

Sécurité des installations : des demandes de précisions supplémentaires

Les questions liées au gaz et à la sécurité industrielle ont également occupé une place importante dans les débats. Le porteur du projet a expliqué que les unités de méthanisation fonctionnent à faible pression et que les études réglementaires prennent en compte différents scénarios de risques, notamment ceux liés à la surpression, aux effets thermiques ou aux effets toxiques. Plusieurs participants ont néanmoins demandé des éléments plus concrets concernant les distances de sécurité et les conséquences potentielles d’un accident.

Une mobilisation importante autour de la consultation publique

Au-delà des aspects techniques, la réunion a aussi été l’occasion de rappeler les modalités de participation à la consultation publique. L’ADRISE a encouragé les habitants à déposer des contributions personnelles afin d’exprimer leurs préoccupations et leurs observations sur le dossier. L’association a recommandé à chacun de rédiger sa propre contribution avec ses mots, plutôt que de recourir à des textes standardisés.

Une assistance attentive et des échanges parfois animés

Tout au long de la soirée, les débats ont été nourris et parfois vifs. Plusieurs interventions du public ont exprimé une opposition marquée à l’implantation du méthaniseur à proximité du captage d’eau potable. Les porteurs du projet ont été régulièrement interrogés sur les risques potentiels, les nuisances, les conséquences du trafic routier, les aspects liés à la sécurité et les effets cumulés du projet. Certaines réponses ont suscité des réactions critiques dans l’assistance. À plusieurs reprises, les arguments développés par l’ADRISE en faveur de la protection du captage et de l’application du principe de précaution ont été applaudis par une partie du public. Plusieurs participants ont également salué le travail d’analyse et d’information réalisé par l’association.

L’hypothèse de recours juridiques évoquée

En clôture de réunion, l’ADRISE a indiqué que, dans l’hypothèse où le projet recevrait une autorisation préfectorale, elle se réservait la possibilité d’engager des recours juridiques. L’association a rappelé que de telles procédures impliqueraient des coûts importants et pourraient nécessiter le soutien financier des habitants, notamment par le biais d’adhésions, de dons ou de protections juridiques individuelles. À l’issue de la rencontre, de nombreux participants ont poursuivi les échanges avec les membres de l’association. Plusieurs nouvelles adhésions ont également été enregistrées.

Des enjeux qui dépassent le seul projet industriel

Par sa forte participation, la présence de nombreux élus du territoire et la diversité des questions soulevées, cette réunion publique a mis en lumière l’importance des enjeux associés à la préservation de la ressource en eau potable. Au-delà du seul projet METHAVERT 65, les échanges ont révélé les interrogations d’une partie de la population sur l’équilibre à trouver entre développement des énergies renouvelables, activité agricole et protection durable des ressources essentielles du territoire. Pour l’ADRISE, la position demeure inchangée : « On peut produire du gaz ailleurs. Un captage d’eau potable, lui, ne se délocalise pas. »

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