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Affaire de la ville de Tarbes : « Il n’y a pas un système Trémège, mais un système Glavany » affirme le maire
En attendant le jugement dans l’affaire de favoritisme dans l’attribution de certains marchés publics et de la vente de certains biens de la ville de Tarbes, qui sera rendu le 8 décembre prochain, Gérard Trémège, le principal prévenu, et son avocat ont essayé de convaincre le tribunal que le maire n’avait rien (ou si peu) à se reprocher.
« C’est vrai papy que tu vas aller en prison ? » : Gérard Trémège cite les mots de son petit-fils lorsqu’il a été appris qu’il était mis en cause judiciairement.
Davantage pour pointer « la douleur partagée » avec ses anciens chefs de service et les entrepreneurs depuis le début de la procédure il y a dix ans, que pour apitoyer le tribunal.
Il n’empêche : l’élu à qui il revenait de clôturer le procès pour favoritisme dans les marchés publics et la vente des biens de la ville de Tarbes, a joué sur la corde sensible.
« Certes, j’ai pu commettre des erreurs involontairement, mais jamais il n’y a eu d’intention de tricher » s’est-il défendu de nouveau, en rappelant qu’il avait toujours œuvré « pour l’intérêt général » et le développement de sa ville. Son avocat n’y va pas par quatre chemins. Il l’élève au rang « d’icône de la vie politique régionale » après 40 ans au service de la collectivité.
« Un cauchemar éveillé »
Directeur d’Efficass Metal, société également impliquée dans l’affaire, Pierre Vallé a également « vidé son sac » : « Comment peut-on faire du mal à des fonctionnaires (les anciens responsables de services municipaux) intègres qui n’ont fait de mal à personne ? Pour ma part, je n’ai pas le droit d’avoir une relation amicale avec un homme, fut-il maire. Heureusement que mes parents ne sont plus là pour voir ça », comparant le procès à « un cauchemar éveillé ».
Au terme du procès, le maire de Tarbes se dit « heureux de constater qu’il n’y a pas de système Trémège, mais un système Deveaux (du nom de l’enquêteur financier de la gendarmerie cité par le tribunal) et un système Glavany », l’ancien rival politique qui aurait à l’origine du déclenchement de l’affaire.
« Cela sent la vengeance politique. Il n’y a pas de système Trémège et il n’y a pas non plus d’enrichissement personnel, direct ou indirect, de Gérard Trémège comme des entrepreneurs cités. Les deux seules personnes que Gérard Trémège a enrichies, ce sont la ville et la Société d’économie mixte de construction » a de nouveau martelé l’avocat du maire de Tarbes.
Comme pour déplorer la sévérité des réquisitions du parquet à l’encontre de son client : trois ans de prison dont deux ans avec sursis et un aménagement de la peine ferme à domicile sous bracelet électronique », une peine d’inéligibilité de cinq ans, et « la peine infamante » de privation des droits civiques, civils et de famille. Mais aussi pour se féliciter d’avoir « réussi à faire lever l’accusation la plus ignoble : celle de corruption et de trafic d’influence ».
« L’idée c’était de faire de Gérard Trémège le Balkany de l’Occitanie »
Le collaborateur de Me Didier Seban bat en brèche « le portrait d’odieux tyran et de grand féodal » que les enquêteurs auraient dressé, pour mieux saisir les nuances du maire de Tarbes : « S’il a pu arriver que Gérard Trémège se mette à gueuler, c’était pour faire avancer les choses ». L’homme est parfois impulsif et « ses coups de gueule comme « je me fous du code des marchés publics », ne doivent pas être retenus au premier degré ».
Pour M.Deveaux, le directeur d’enquête (qui décidément, en prend pour son grade) « confit de préjugés et d’amalgames », et « les magistrats qui ont été contaminés par le fait qu’il y a un système Trémège et que tout est illégal, l’idée c’était de diaboliser Gérard Trémège » et d’en faire « le Balkany de l’Occitanie ».
Le conseil de Gérard Trémège a essayé de démonter un par un « les préjugés » de l’enquête : non, Gérard Trémège n’avait « aucun lien » avec les sociétés qui ont obtenu les marchés publics « surtout pas Lorenzi qui le déteste », sauf Gallego pour lequel il était encore commissaire aux comptes.
Relevés bancaires à l’appui, l’avocat veut démontrer que « les honoraires de commissaire aux comptes qui correspondent aux sociétés qui ont obtenu des marchés publics, n’ont pas été revus à la hausse ».
Les deux voyages en voilier avec l’architecte Joris Ducastaing qui aurait obtenu les faveurs du maire de Tarbes pour l’obtention de la maîtrise d’œuvre du chantier de rénovation de la halle Brauhauban et pour la vente du bâtiment 204 de l’Arsenal ? « Comment peut-on dire qu’il y a une invitation quand on partage les frais ? » répond l’homme de loi.
Quant à la cession à « vil prix » de la parcelle de l’Arsenal à un tarif inférieur à l’estimation de France Domaine, « non seulement il n’y a rien d’illégal mais en plus Gérard Trémège cherche à se débarrasser d’un bien, parce qu’il n’y a pas d’acquéreurs et qu’il veut aménager le quartier de l’Arsenal, dans l’intérêt des Tarbais ».
Pas plus que le maire de Tarbes « n’avait connaissance des irrégularités et fautes commises par d’autres » dans la passation des marchés publics. « S’il y avait un système Trémège d’irrégularités, pourquoi alors le maire aurait procédé au recrutement de deux collaborateurs pour remettre à flot le service des commandes publiques ? ».
Le jugement a été mis en délibéré lundi 8 décembre à 13 h 45. S’il y a condamnation de Gérard Trémège, la peine d’inéligibilité sera-t-elle rendue avec exécution provisoire, ce qui l’obligerait à démissionner et à ne pas pouvoir se présenter aux prochaines élections ? « Je suis prêt à accepter la sanction pour tous les autres prévenus, si on prouve que j’ai commis des fautes intentionnelles » a assumé le maire.