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Affaire Lyhanna : « Tant que nos enfants ne seront pas protégés, nous serons là… » une centaine de personnes rassemblées ce lundi soir devant le tribunal de Tarbes


l’essentiel
Une centaine de personnes se sont rassemblées, à l’appel du collectif Droits des femmes 65, ce lundi soir, devant le tribunal de Tarbes, en souvenir de Lyhanna, cette petite fille tuée dans le Gers. Les personnes rassemblées réclament avec force une loi-cadre intégrale contre les violences faites aux enfants. Sylvie Martin-Guedes, procureure de la République de Tarbes, est intervenue devant les manifestants pour assurer l’engagement des agents du service public de la justice dans le traitement des affaires. Elle a réaffirmé que les moyens n’étaient pas suffisants. On vous explique. 

« Il y en a marre de répéter plus jamais ça… Il faut une loi-cadre intégrale et dégager des moyens. » Au micro, cette militante du collectif Droits des femmes 65, toujours émue après la mort de Lyhanna dans le Gers, rappelle le mot d’ordre face à la centaine de personnes rassemblées devant le palais de justice de Tarbes. Un millier rassemblés lundi dernier, ils n’étaient plus qu’une centaine ce lundi soir. 

Le collectif Droits des femmes 65 réclame une loi cadre intégrale contre les violences sexistes et sexuelles contre les enfants et les femmes.
Le collectif Droits des femmes 65 réclame une loi cadre intégrale contre les violences sexistes et sexuelles contre les enfants et les femmes.
DDM – Arnaud Paul

« Ce n’est pas grave, tempère cette autre intervenante. L’essentiel, c’est de rester mobilisés et d’être toujours là. »

« L’affaire Lyhanna ne doit pas déboucher sur une nouvelle phase d’amnésie collective »

« Nous sommes là ce soir en mémoire de Lyhanna et de toutes les victimes. Tant que nos enfants ne seront pas protégés et tant que la loi intégrale ne sera pas votée et financée, tant que continuera l’impunité, nous serons là. L’indignation et l’émotion collective que soulève l’affaire Lyhanna ne doivent pas déboucher sur une nouvelle phase d’amnésie collective », lance une autre militante du collectif.

Des peluches, des nounours, des bouquets de fleurs sont toujours disposés sur les marches du tribunal aux côtés des pancartes déposées par les personnes rassemblées. Des inscriptions ont été portées à la craie sur les murs du tribunal pour réclamer une loi-cadre ou dénoncer PPDA et Patrick Bruel. 

« Lorsque 160 000 enfants et plus de 325 000 femmes sont victimes chaque année de violences sexuelles, ce n’est plus une série de faits divers. C’est un phénomène de masse, une violence systémique, une urgence nationale. Et un gouvernement qui ne protège pas ses enfants doit rendre des comptes », affirme encore avec force une intervenante au micro.

Leur détermination reste entière, affirment les militantes du collectif Droits des femmes 65 : « Ce lundi 15 juin et tous les lundis, tant qu’une loi-cadre ne sera pas adoptée, la coalition féministe et enfantiste aura à maintenir les rassemblements partout en France. Nous voulons une société qui écoute les enfants, qui les considère comme des citoyens et citoyennes à part entière, et non comme des projections utilitaristes. »

La procureure de la République vient au contact du rassemblement

Sylvie Martin Guedes est venue assurer aux personnes rassemblées de l'engagement des agents du service public de la justice.
Sylvie Martin Guedes est venue assurer aux personnes rassemblées de l’engagement des agents du service public de la justice.
DDM – Arnaud Paul

La procureure de la République de Tarbes, Sylvie Martin Guedes, a créé la surprise en venant au contact du rassemblement. « Ça me semblait inconcevable que je ne vienne pas à votre rencontre », a expliqué la patronne du parquet de Tarbes. « Pas un seul magistrat, pas un seul agent du service public de la justice n’a pas été bouleversé par le drame de Lyhanna », a-t-elle expliqué avant de rappeler l’étendue de la tâche de rendre la justice avec des moyens comptés. « Tous les agents du service public de la justice ont été bouleversés et ont à cœur de bien travailler. Après, la réalité, c’est que nous n’avons pas forcément les moyens de faire tout ce que l’on voudrait comme on voudrait », a plaidé Sylvie Martin Guedes devant la centaine de personnes rassemblées.  « On n’a pas attendu la circulaire et les différentes circulaires du garde des Sceaux pour prioriser les atteintes aux personnes de manière générale et aux mineurs en particulier. Les limites de l’exercice, c’est que nous ne pouvons pas, à cinq magistrats du parquet pour l’ensemble du département, résoudre toutes les enquêtes. »

Au passage, la procureure de la République a précisé que, dans les Hautes-Pyrénées, « 120 enquêtes portaient sur des violences sexuelles, agressions sexuelles, viols. Elles vont toutes être passées en revue d’ici le 8 juillet pour qu’on fasse un point exhaustif sur l’état d’avancement. Certains dossiers pourront déboucher sur des interpellations avec des gardes à vue », a détaillé Sylvie Martin Guedes. Une prise de parole sous la forme d’un exercice difficile qui ne l’a pas épargnée. Signe que la situation reste très sensible, la magistrate a été interpellée verbalement par deux mères de famille dont les enfants font partie des 120 dossiers.

Le rassemblement s’est terminé par la chanson « Je t’accuse » de Suzane, reprise par une partie des manifestants. Des ballons blancs, en souvenir de Lyhanna, ont été accrochés aux portes du tribunal avec l’engagement de revenir lundi prochain pour poursuivre la mobilisation jusqu’à l’adoption d’une loi intégrale.



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