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Avec son appareil de musicothérapie, cet employé des serres municipales de Tarbes fait chanter les plantes


l’essentiel
Jean-Marie Lancou, employé des serres municipales de Lourdes depuis plus de trente ans, fait chanter les plantes grâce à un appareil de musicothérapie. Démonstration aux serres municipales de Tarbes. Voici tout ce qu’il faut savoir sur ce mucien hors norme.

Derrière les hortensias, les géraniums et les œillets se cachent des barytons, des ténors et des sopranos. Ce dimanche, Jean-Marie Lancou est à la baguette de cet orchestre hors du commun. Employé aux serres municipales de la ville de Lourdes, le jardinier a fait une démonstration atypique. À l’occasion des portes ouvertes des serres tarbaises, l’agent a fait chanter les plantes grâce à un appareil de musique.  » J’ai acheté cet équipement à un pépiniériste des Landes, Jean Thoby, qui est spécialisé dans la musicologie des plantes. Il se compose d’un boîtier et de capteurs à placer sur les feuilles et la racine des plantes « , commence-t-il à expliquer. Des sondes ont été disposées sur une irésine aux feuilles injectées de rouge.  » On capte l’énergie électrique avec des fréquences plus ou moins longues, des aigus et des graves. Le son change d’une plante à l’autre « , détaille-t-il.

Il n’y a plus qu’à tendre l’oreille : la plante chante.  » Chaque organisme vivant émet une énergie électromagnétique. La plante montre des signes et une réactivité aux éléments qui l’entoure « , résume le jardinier. L’irésine produit des notes assez courtes entre l’aigu et le grave. Changement de registre avec une sauge guaranitica aux épis de fleurs bleu céruléen.

« La plante s’adapte et se reconnecte »

Après l’installation des capteurs, les premières secondes sont silencieuses.  » La plante s’adapte et se reconnecte », observe Cynthia qui travaille aux serres municipales à Tarbes. Et puis, tout d’un coup, une première note aiguë et une deuxième, comme un son de gouttes de pluie sur le dos d’une casserole en cuivre. Ou un petit résonnement de gong de méditation.  » Elle a sa propre énergie donc son propre langage « , observe Jean-Marie Lancou. Mais quand les participants sont un peu trop nombreux autour du stand, la sauge s’arrête et fait silence. Comme si elle boudait.  » Elle s’interroge « , préfère dire l’employé municipal.  » Les plantes sont très sensibles à ce qui les entoure. Par exemple, un jour, dans mes plantations, je ne comprenais pas pourquoi l’une de mes plantes ne chantait pas. J’ai regardé autour d’elle : les autres variétés manquaient d’eau, elles étaient en situation de stress hydrique. Dès que je les ai arrosées, ma plante s’est remise à produire des sons « , poursuit le jardinier chef d’orchestre. Morale de l’histoire : un végétal en pot dépend de celui qui en prend soin.

 » Avant, on me voyait comme un farfelu « 

 » Avant, on me voyait comme un farfelu. Aujourd’hui, on me considère avec plus de curiosité « , ajoute-t-il encore. Voilà pour le plaisir des sens. Mais sinon, à quoi peut bien être utile cette drôle de machine ?  » Le concept de musique des plantes a déjà été expérimenté dans certains hôpitaux français, dans des services de réanimation ou d’oncologie. On a vu des patients plongés dans le coma montrer des signes du corps grâce au chant des plantes « , explique le jardinier pas si farfelu.  » Mais il y a une explication scientifique ? « , s’interroge un participant ce dimanche matin. En 2023, des chercheurs israéliens se sont intéressés de plus près à ces partitions végétales. Les scientifiques ont constaté que la fréquence des vibrations augmente avec le stress de la plante.  » J’ai également remarqué que la plante réagit différemment quand elle est entourée d’autres variétés ou quand elle est seule « , précise Jean-Marie Lancou. Une vraie symphonie lyrique.



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