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Boycott de Shein, costumes de seconde main… Les écoles de danse face à un dilemme pour les costumes des spectacles de fin d’année


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Cette année, plus que jamais, les écoles de danse doivent résoudre une équation compliquée : faut-il continuer à commander les costumes des spectacles de fin d’année sur des sites controversés comme Shein ? À Tarbes, beaucoup ont fait le choix de la récupération. Ce qu’il faut savoir. 

Chaque année, c’est la même question pour les écoles de danse : où commander les costumes du spectacle de fin d’année et à quel prix ? Dans un contexte où le pouvoir d’achat est en berne, la question n’est pas des moindres. « C’est toujours une galère « , concède Isabelle Bousquet, la directrice de l’école Evi’danse qui réunit entre 400 et 500 élèves, à Tarbes.

Avec un portefeuille qui rétrécit à vue d’œil et le boycott de certains sites comme Shein et Temu, particulièrement appréciés pour leurs tenues de danse, la situation vire davantage au casse-tête cette année. « Les parents paient déjà les cours des enfants toute l’année et leurs places pour assister au spectacle. En danse classique, le prix du tutu chiffre vite. Les robes de cocktail pour les danseurs de salon aussi », explique la chorégraphe. 

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Un passage pourtant obligé… « Les costumes contribuent à la réussite du spectacle. Dans les yeux des enfants, les paillettes, le côté fête sont précieux. Il faut aussi marquer le moment, la consécration de toute une année », reprend Isabelle Bousquet. Alors, il a bien fallu trouver des solutions pour le gala qui a lieu le 6 juin. Les petites mains qui confectionnent encore bénévolement ? De plus en plus rares. Les sites spécialisés ? Trop chers. « Depuis plusieurs années, on utilise les plateformes comme Shein. Même les parents les plus réfractaires se sont laissés convaincre quand ils ont vu l’addition. 10 euros la tenue contre 40 euros en moyenne dans le commerce, c’est sûr, ça fait vite la différence », détaille-t-elle encore.

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5 euros le body sur Shein

Cette année pourtant, décision a été prise lors d’une réunion costumes avec les parents de recourir le moins possible à Shein ou Temu, le premier site étant vivement critiqué notamment depuis la polémique des poupées sexuelles. « On essaie de réduire au maximum car il s’agit aussi d’une question d’éthique. Pour le spectacle, nous avons choisi de commander sur Temu des petits surtutus pour les jeunes danseuses de classique par exemple », résume la directrice. Pour le reste, c’est débrouille : les tenues d’entraînement sont agrémentées et rehaussées. « On cherche la fabrication maison qui donne une touche personnelle », précise-t-elle.

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Chez Body’Art Academy, pas question de céder cette année à la tentation de Shein. « J’ai fait le choix d’utiliser, quasi exclusivement, de la seconde main pour notre spectacle de fin d’année », assume Pascale Rémy, la chorégraphe de l’école tarbaise d’environ 30 inscrites. Alors que la préparation est en pleine effervescence, les différents groupes peaufinent les tenues et les accessoires. « Aujourd’hui, on trouve facilement dans les friperies et en plus, on contribue à donner une seconde vie aux vêtements. De toute façon, beaucoup de parents n’ont pas les moyens de mettre 30 euros dans un costume qui ne servira qu’une fois. Il faut penser différemment, s’adapter », déclare la directrice qui met la touche finale à son spectacle du 30 mai.

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Les danseuses ont trouvé leurs tenues dans leurs placards, dans les friperies ou sur Vinted, un site de revente de seconde main. Seuls des bodys noirs à paillettes ont été commandés sur Shein pour les adolescentes. Facture : 5 euros par personne. « La pratique ne me correspond pas, c’est sûr. Alors, on a considérablement réduit les commandes sur ce site », glisse encore la chorégraphe. Pour le reste : tee-shirts blancs, costumes deux pièces, pantalons noirs et jeans du quotidien qui étaient déjà dans les armoires. 

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Enfin, certaines écoles se tournent vers la location pour mutualiser les coûts. « Pour la danse orientale, nous avons passé commande sur des sites spécialisés à l’étranger. On loue ces costumes aux écoles intéressées », note Isabelle Bousquet. Une pratique encore confidentielle mais qui pourrait bien se retrouver rapidement sur le devant de la scène. 



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