Actualités Hautes-Pyrénées
« Ça a été compliqué » : comment les commerçants Tarbais se sont adaptés face à la baisse de fréquentation pendant les soldes ?
Les soldes d’été affichent un bilan en demi-teinte à Tarbes. Face à la baisse de fréquentation du centre-ville et aux vagues de chaleur successives, la semaine supplémentaire n’a pas beaucoup plus attiré les clients. Pour faire face, les commerçants ont dû s’adapter pour sortir de la période le mieux possible : horaires aménagés, soldes plus agressives… Même si parfois il est difficile de faire face. On vous explique comment les boutiques changent leurs habitudes.
« Tout à -50 %. » D’un orange fluo qu’on ne peut pas louper, la pancarte sur la vitrine de la boutique Trendy témoigne des grands moyens sortis pour attirer la clientèle. « D’habitude on fait ça crescendo… Là dès la première semaine on était déjà à -30 % à -40 % », avant de passer dès la deuxième semaine à -50 % explique Romane, vendeuse.

Des promos calquées sur les concurrents : « Quand on voit Shein, Temu, ou même aux Galeries Lafayette, on doit mettre la même chose » continue-t-elle.
Elles ont ouvert plus tôt
Et puis il a fallu attirer. La fréquentation au centre-ville a été bien terne pendant ces soldes d’été, pourtant rallongées d’une semaine.
Faute à la chaleur accablante mais surtout à la nombreuse fermeture des boutiques ces derniers temps. Conséquence de la concurrence d’internet et des centres commerciaux. Même si « globalement on a bien déstocké » sourit Romane.
Un peu plus loin, Pascale et Aiedhit attendent les clients dans la boutique de vêtements Ann’C. Derrière elles, le portant des soldes s’est bien vidé.
Car pour pallier la baisse de fréquentation, elles ont modifié leurs habitudes, et se sont même « inspirées de l’Espagne » : « Depuis fin juin, on ouvre tous les jours à 8 heures 30 ou 9 heures au lieu de 10 heures. On avait du passage jusqu’à midi, puis plus personne jusqu’à 18 heures… On s’en est bien sorties » conclut Aiedhit.
« Ça a été compliqué »
Mais tous n’ont pas eu la même chance. Quelques rues plus loin, la boutique Pierre Emoi a elle plus souffert du manque de clients. Même si en cette dernière matinée, ils sont quelques-uns à franchir le pas de la porte pour trouver bijoux, vêtements et accessoires.
« Un peu comme tout le monde, ça a été compliqué dès le début » raconte Nathalie, vendeuse. Pas persuadée que modifier les dates des soldes aiderait grandement, « avec toutes les boutiques qui ont fermé autour, les ventes privées un mois avant les soldes, et les promotions toute l’année ailleurs » difficile de faire face.
Peut-être que la solution est à trouver ailleurs. Dans la boutique de meubles haut de gamme « Arte n Deco », Marie Oulié-Guzman, la gérante, se rapproche de meubles soldés, « regardez -30 %, -40 %, -50 % et c’est toujours là ! » Un constat implacable.
« Les fournisseurs ne nous protègent pas assez »
Pour elle aussi la concurrence d’internet est rude, et la fermeture des boutiques du centre-ville a mis un coup « depuis deux ans. » Mais pour elle, même s’il faudra s’adapter, la solution viendra peut-être d’ailleurs. « Les fournisseurs ne nous protègent pas assez. »

Car même si sa boutique sert de « vitrine » pour les marques qu’elle vend, elle est souvent la seule à les proposer sur le territoire, les clients finissent par acheter sur internet. Elle pense qu’une « petite commission » pour toutes les ventes faites sur le département par la marque, même sur internet, pourrait lui revenir et l’aider à subsister. « Quand un magasin comme le mien ferme, la vente en ligne s’effondre sur le secteur d’influence » note-t-elle.
Au centre-ville, chacun comprend en tout cas que la tâche est rude pour sauver le commerce. Soldes, ou pas soldes. Chacun tente d’y remédier, à sa manière.