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« C’est la première année que des enfants ne sont pas accompagnés et, pour les autres, c’est du saupoudrage » : les AESH réclament un statut et des moyens
Une centaine de personnes s’est retrouvée ce mardi matin devant la direction académique, en soutien aux AESH, ces personnels de l’Éducation nationale qui accompagnent les élèves en situation de handicap au quotidien, mais avec une grande précarité, et réclament un vrai statut.
« Autour de moi, j’ai trois collègues AESH qui ne s’étaient jamais arrêtées et qui sont en burn-out. » Un constat symptomatique d’une usure dans les rangs des accompagnants d’élèves en situation de handicap qui se sont mobilisés ce mardi à l’appel de l’ensemble des syndicats de l’Éducation nationale, dans le cadre des groupes de travail ouverts par le ministère.

Les AESH veulent être fonctionnarisés
Parmi les revendications des 450 AESH du département, des moyens et un véritable statut. « C’est la première année que, faute de crédits, on se retrouve avec 30 enfants qui ont des besoins notifiés mais ne sont pas accompagnés sur les Hautes-Pyrénées. Et pour les autres, c’est du saupoudrage, avec en moyenne six heures d’accompagnement par semaine. Ça veut dire que les trois quarts du temps, ces élèves sont seuls en classe.
Certains de ces enfants devraient être en IME mais, faute de place dans ces établissements, ils se retrouvent en classe, alors que nous n’avons pas la formation d’éducateurs spécialisés. Idem pour le périscolaire qui n’est plus pris en charge ou alors au détriment de l’accompagnement en classe. Et dans le même temps, on nous impose des temps partiels, avec 24 h de travail par semaine, avec souvent plus de six élèves à accompagner, pas toujours dans la même école, ni la même ville. Et sans indemnisation kilométrique s’il s’agit de communes du Grand Tarbes… »
Moins de 1 000 € par mois et des doubles emplois
Des conditions précaires que ces accompagnantes dénoncent, réclamant une fonctionnarisation de l’ensemble des AESH et pas seulement des référentes, soit 10 % à peine de la profession. « C’est scandaleux, car ça créerait des inégalités entre nous », peste Sylvie. « Moi qui suis référente, je fais le même métier que mes collègues, appuie Rosi, 26 ans dans l’Éducation nationale dont 15 comme AESH. On demande la fonctionnarisation pour toutes et tous, d’être enfin écoutés. Notre utilité est reconnue au sein des classes, par les enseignants, les parents. Maintenant, on veut que l’institution nous reconnaisse. »

La revendication d’un statut de fonctionnaire de catégorie B qui s’accompagne d’un salaire, quand la rémunération des AESH plafonne en dessous de 1 000 €. « Nous sommes actuellement contractuelles, sans droit à la mobilité. Si on veut changer de département, on doit démissionner. On a les inconvénients de l’Éducation nationale, sans les avantages. Pas de remplaçants non plus. Pour quelqu’un qui vit seul, avec des enfants, ce sont des conditions de vie extrêmement précaires, plaide Estelle, AESH depuis onze ans et qui travaille comme aide-soignante durant les vacances et sur son temps disponible. À condition qu’on n’ait pas de formation obligatoire sur ces jours-là… »

Un élève, dix-sept AESH en un an
Pourtant, au sein de la communauté éducative, le travail des AESH, essentiel, ne fait pas débat. « Sans nous, ces enfants sont difficilement scolarisables. Mais avec, ils réussissent. On a des élèves qui obtiennent leurs examens et font de beaux cursus. On peut faire un travail de qualité si l’on nous donne les moyens. Mais là, certains élèves ont eu jusqu’à 17 AESH différentes l’an dernier. Au final, c’est de la maltraitance pour les enfants, pour le personnel AESH et pour les enseignants qui doivent composer sans, la plupart du temps… »