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« C’est magique, il vit, il se réalise, il existe » : Lou, 14 ans, handicapé, pratique la Boccia, un sport de boules adapté


l’essentiel
La Boccia, sport de précision, transforme la vie de Lou Turon-Laborde. Champion d’Occitanie, il est aussi le plus jeune joueur dans le top 20 Français et seul représentant du département aux championnats de France. Il s’entraîne deux fois par semaine à Tarbes avec l’aide de son assistante de jeu Maëva.

Ce vendredi Lou Turon-Laborde se déplace à Beaucouzé dans la région angevine, pour ses deuxièmes championnats de France de Boccia. Il y a deux ans et demi, Lou découvre la Boccia (un sport de boules apparenté à la pétanque pour les personnes en situation de handicap) par l’intermédiaire de l’école handisport qui lui fait découvrir cette pratique, depuis il progresse à une vitesse fulgurante.

Aujourd’hui champion d’Occitanie et dans le top 20 Français, Lou devient peu à peu un espoir de la discipline. À ce jour, il est le seul des Hautes-Pyrénées et le plus jeune sélectionné pour le championnat de France. « La Boccia m’a donné confiance et m’a prouvé que je pouvais faire des choses que je pensais impossibles. » souligne l’adolescent.

De la découverte à la compétition

Atteint de la myopathie de duchenne depuis ses 5 ans, Lou est sur un fauteuil depuis ses 10 ans. Il évolue dans la catégorie BC3 où les athlètes utilisent une rampe pour envoyer la balle sur le court.

Au-delà du loisir Lou trouve un réel plaisir à performer dans la Boccia : « je vise le plus haut » souligne le jeune compétiteur. Évoluant dans un sport qui se démocratise depuis son arrivée aux JO de Paris 2024, la Boccia compte une vingtaine de licenciés dans la région sans limite d’âge. Il joue avec une assistante de jeu, Maëva, qui lui fait découvrir ce sport comme explique Paulette sa grand-mère : « c’est un tandem sans Lou ou Maëva il n’y a pas de boccia »

Son assistante est au plus près de ses résultats et a remarqué son talent : « il a le niveau d’être l’avenir de la boccia ». Ayant remporté les régionales deux fois d’affilée, il est aujourd’hui aux portes de la catégorie élite qu’il a eu l’opportunité d’affronter et même de battre lors de l’open national de la discipline. Pour ses prochains championnats de France il affiche ses ambitions : « j’espère un podium » et les jeux olympiques restent un rêve qu’il garde en tête. Mais Lou reste très ambitieux comme confirme sa grand-mère : « C’est un grand compétiteur, il aime gagner ».

Un sport où chaque détail compte

Dans sa catégorie Lou dispose d’une rampe graduée et ajustable horizontalement et verticalement au millimètre par Maëva qui reste dos au jeu et qui suit seulement les indications de Lou. Avec sa partenaire de jeu, les indications sont les mêmes et dans un ordre précis : la direction de la rampe, la hauteur ainsi choix de la balle. Ici chaque détail de la poussée de la balle au millimètre de la position de la rampe compte. « Je me rends compte que je peux faire plus que ce que j’imaginais. Et je suis fier de représenter l’Occitanie avec Maëva dans ce sport paralympique. » explique-t-il.

Avec 6 balles par manche, il peut choisir celle qu’il désire en fonction de leur densité pour perfectionner son tir. Il dispose également d’un tableau qu’il prépare pendant deux jours avant les compétitions pour noter les distances parcourues pour chacune de ses balles qui varie en fonction des sols, de la hauteur de la rampe et de la balle.

À l’instar de la pétanque, le but est de se rapprocher du « jack » ou de « dégommer » les balles adverses si besoin comme explique le jeune joueur. Mais ce que préfère Lou c’est pointer.

Un soutien des proches prêts à tout pour sa réussite

Lou s’entraîne deux fois par semaine à Tarbes pour perfectionner son niveau et depuis quelque temps il dispose également d’une coach spécialisée. Une référence de la Boccia sur Paris qui lui rend visite 2 à 3 fois par an et qui réalise un entraînement en Visio-conférence par mois : « C’est aussi pour le pousser dans ses retranchements, avec moi il aurait évolué moins vite je pense » explique Maëva.

Sa grand-mère qui l’accompagne très régulièrement est fière de ses accomplissements « c’est génial, il a que ça » mais aussi des relations humaines qu’il entretient notamment avec Maëva « C’est magique, il vit, il se réalise, il existe. »

Pratiquant un sport très coûteux (la rampe coûte au moins 3000 euros), les parents de Lou ont créé une association « À pas de Lou » qu’il brandit fièrement sur son matériel et notamment sur sa rampe où le nom de l’association est gravé. « On est tous derrière lui » souligne sa grand-mère qui est aussi ravie de le voir sortir : « À côté il aime beaucoup la console et ça lui évite de trop y jouer ». Aujourd’hui, Lou se retrouve dans cette pratique sportive, lui qui ne se voyait pas performer dans ce domaine : « Je pensais que le sport, ce n’était pas pour moi, mais en fait, je me trompais. »



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