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« Dernière génération » de Marie Dilger un roman face aux montagnes contemporaines
Dans le jardin familial, Marie Dilger est revenue sur son parcours qui l’a conduit à devenir écrivaine dans une société contemporaine qui l’interroge. Elle dédicace son livre le samedi 4 juillet à 18 heures à la librairie du Méridien.
Née à Tarbes sur fond de montagnes, l’horizon semblait vaste et les montagnes faciles à escalader. Un parcours d’étude brillant l’a conduit vers l’édition et les livres jeunesse scolaires chez Nathan. Désormais bibliothécaire en université, son univers croise une nouvelle génération, l’oriente vers de nouvelles recherches et d’autres domaines.
La passion de l’écriture
Elle sourit en racontant ses poésies d’enfants, les nouvelles photocopiées qui auraient pu être publiées. Elle admet que l’«on met un peu de sa vie et beaucoup de soi dans un roman, même si celui là n’est pas une autobiographie », elle le présente comme une dystopie, un récit de fiction qui décrit une société imaginaire, oppressive. Mais là où il n’y aurait plus d’espoir, elle y met ce qui ressemble à de l’humour avec la distance de celle qui connaît bien les rouages des débats politiques et des contraintes administratives. L’écriture est plaisante, littéraire. Elle y glisse des mots d’usage courant pour que la vraisemblance soit omniprésente.
A la quarantaine, en pleine période «d’éco-anxiété, quand s’est posé la question d’agrandir la famille avec un troisième enfant, il fallait jongler entre un désir de maternité et se demander quel futur on laisserait à nos enfants»… certains avaient des solutions à proposer, et surtout des angoisses à partager…
Trois voix de femmes, trois façons d’aimer, de résister ou de céder
Marie Dilger écrit sur la fragilité des êtres et les dérives d’une société en mutation.
« Dernière Génération » est un récit à la croisée de l’intime et du politique, où l’amour, la peur et la responsabilité se heurtent dans un futur terriblement proche. Pour épargner avec sérénité la fin d’un monde aux futurs enfants, l’idée est la stérilisation imposée. Alors quand Camille, trentenaire, découvre avec effroi qu’elle est enceinte, sa vie va basculer. Sa rencontre avec Agathe ancienne puéricultrice et désormais Contrôleuse aux Affaires Familiales(La CAF actuelle n’a plus de raison d’être) pose le dilemme. Il n’y est plus question d’IVG mais d’IEG, avec un dénominateur commun de culpabilité, car de l’interruption volontaire on passe à l’interruption écologique. Enfanter est devenu un crime puni par la loi qui met en place un système administratif hyper réfléchi (toute ressemblance avec le système actuel est écarté!). Et puis il y a Emma, quatorze ans, qui regarde le monde s’effondrer et se demande s’il vaut encore la peine d’y survivre.
Un roman derrière lequel se cache bien des questions politiques et affectives auquel chacun est confronté. Il n’y a pas de résolution : Marie nous assure qu’après ça elle a besoin de lumière, elle regarde ses enfants grandir, ses étudiants réfléchir…