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Des « arbres de pluie » seront plantés à Tarbes : à quoi ça sert ?
Prochainement, dans l’opération de rénovation de la rue de Perseigna et de l’avenue Saint-Exupéry, la municipalité va installer des « arbres de pluie », dont le procédé de plantation offre plusieurs avantages. Explications.
Les arbres, c’est la vie… Depuis des années, la ville de Tarbes multiplie les plantations, un atout pour l’environnement, la qualité de vie. À ceci près que les arbres sont des êtres vivants qui sont « programmés » pour vivre et prospérer ailleurs qu’en ville. Ce n’est pas leur milieu « normal ». De fait, il arrive que dans leur vie, ils puissent provoquer ce que l’on peut appeler des nuisances. « Par exemple, quand ils sont plantés sur un trottoir, leurs racines remontent et finissent par défoncer le revêtement », rappelle Christophe Lassime, le chef du service voirie et réseaux à la mairie de Tarbes, « au point de le rendre impraticable. » Alors, le service a pris le taureau par les cornes. « Ici, on fait tout en interne, on ne passe pas par des bureaux d’études. Nous avons des spécialistes en aménagement urbain, en matière d’arbres, de circulation : Martine Loustau, Marine Charrier et Damien Marie. On se réunit, et on réfléchit à la meilleure solution, qui ménage les exigences de tous les usagers de la voirie urbaine. »

Des arbres « magiques » ?
Les arbres en milieu urbain, c’est bien, mais ce n’est pas leur espace naturel. « Surtout sur les trottoirs, où ils sont en quelque sorte « privés » d’eau par le revêtement », explique Damien Marie, « de fait leurs racines viennent vers la surface pour s’hydrater, avec les résultats que l’on sait. » Alors, l’équipe a réfléchi, et a validé le concept des « arbres de pluie ». En vérité, c’est d’une logique confondante, à se demander pourquoi on n’y a pas pensé avant. L’idée, c’est de proposer à l’arbre un milieu aussi proche que le naturel. « En clair, nous créons un univers propice à l’arbre, en creusant une fosse, de 3 mètres sur 3, dans laquelle l’arbre est planté, fosse que nous « garnissons » d’un filet pare racines destiné à guider les racines vers le bas, et que nous remplissons avec un mélange de terre et de pierres, afin que l’eau n’y stagne pas. » Jusque-là, c’est un peu le même principe qu’une plantation dans un pot. Mais ce n’est pas tout…
Absorber les excès d’eau
Non, parce que les fosses où ils sont plantés sont situées en bord de chaussée. « Avec le changement climatique, non seulement les arbres sont soumis à des stress hydriques, des périodes de « sécheresse », et des périodes où, au contraire, il y a trop d’eau. Depuis quelque temps, les orages sont de plus en plus violents, et les réseaux d’eaux pluviales de la ville sont parfois « dépassés ». Alors, ces fosses où sont plantés les arbres, sont situées en bord de trottoir et servent à absorber les surplus d’eau de pluie, qui ne vont ainsi pas encombrer les réseaux. Et il n’y a aucun risque de « saturation », puisque Trabes se trouve sur la plaine alluviale de l’Adour et le sous-sol est constitué de galets et de sable, un mélange extrêmement drainant. » En clair, les arbres qui seront, pour l’instant, plantés rue de Perseigna et avenue Saint-Exupéry, vont se trouver dans un milieu aussi proche que possible du « naturel », ils vont mieux se développer et ne plus, en principe, déformer les trottoirs. Et dans le même temps, cela va participer à l’évacuation naturelle des eaux de pluie. Que des avantages. À condition que les fosses soient ensuite respectées et ne servent pas de poubelles ou de canisites. « On va y veiller de près ».