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Élections municipales à Tarbes : la gauche avance divisée face à la droite dominante depuis 24 ans
À quelques mois du scrutin, la gauche tarbaise avance toujours en ordre dispersé. Les discussions engagées entre la liste conduite par Hervé Charles, conseiller municipal TCES et communiste sortant, et celle menée par le socialiste Kevin Gracia, n’ont pas permis de sceller un accord. Deux stratégies, deux visions, et désormais deux campagnes parallèles.
« Cet été, c’est nous qui avons relancé les échanges, puis encore récemment, fin octobre et début novembre », explique Hervé Charles. « On a dû faire le constat d’un désaccord. Il porte principalement sur la tête de liste et sur la manière de mener la campagne. Pour nous, dans une municipale, il faut quelqu’un d’implanté, identifié à Tarbes. Nous, cela fait cinq ans qu’on bosse, qu’on laboure le terrain. En face, beaucoup de leurs candidats n’habitent même pas la ville. »
Autre point de rupture : le profil même de Kevin Gracia. « Il y a cinq ans, il était sur une liste de droite à Séméac, contre la liste PS-PCF. Ce n’est pas possible pour nous qu’un tel profil soit le représentant du rassemblement de la gauche à Tarbes », poursuit Charles, qui revendique l’ancrage local de TCES, « bien identifié comme l’opposition de gauche à Gérard Trémège ».

« Je suis socialiste »
De l’autre côté, Kevin Gracia reconnaît des désaccords, mais relativise. « Oui, il y a des points de friction, mais pas uniquement sur la tête de liste. Ce sont aussi des questions de méthode. Pour nous, la priorité, c’est d’abord un programme commun. Certains considèrent que tout découle du choix du chef de file. Nous avons deux visions différentes. » L’épisode de Séméac ? Gracia balaie l’objection. « C’est quelque chose que nous avons discuté en interne. Je suis socialiste, Philippe Baubay est socialiste, cela n’a jamais posé de problème. Tous nos partenaires me font confiance. »
Alors que TCES estime avoir déjà amorcé son implantation et prévoit de finaliser sa liste « fin décembre, début janvier », le PS poursuit lui aussi sa route. « Aujourd’hui, il y a deux listes. Nous avançons, nous faisons du porte-à-porte, des rencontres publiques. Mais l’objectif reste une liste unique. La porte est toujours ouverte », affirme Gracia, qui rappelle que « même en cas de division au premier tour, une fusion reste possible au second ».
Une perspective que reconnaît Hervé Charles, sans y croire vraiment pour l’instant : « On n’a pas prévu de se revoir. Mais oui, notre volonté, c’est de rassembler un maximum de la gauche. On rencontrera bientôt d’autres partenaires, comme LFI ou le NPA. »
À Tarbes, où la droite domine depuis plus de vingt ans, la gauche sait qu’elle ne peut espérer exister qu’unie. Avec le retrait de Gérard Trémège comme tête de liste et quatre listes, pour l’heure, identifiées à droite, la gauche a une carte à jouer. Mais en y allant divisée, c’est presque comme si elle refusait de jouer le match. Et à mesure que les mois passent, le calendrier se resserre et la composition d’une équipe unie et d’un programme s’éloigne. Les deux listes réussiront-elles à dépasser leurs divergences avant le dépôt officiel, début 2026, mais pour l’heure, cela n’en prend pas le chemin.