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Éleveur passionné, Christian Garlin fait briller le berger des Pyrénées à l’exposition canine de Tarbes
Le berger des Pyrénées, chien autrefois essentiel aux bergers, trouve aujourd’hui refuge chez des passionnés. Christian Garlin, éleveur des Hautes-Pyrénées, perpétue cette tradition avec des portées rares et des succès en concours. Ce week-end, deux de ses chiens sont en lice à l’exposition canine de Tarbes.
L’homme est mordu des bergers des Pyrénées depuis l’enfance. Christian Garlin, éleveur à Azereix, dans les Hautes-Pyrénées, consacre sa vie à celui que l’on appelle communément le labri. Une passion ancienne, qui rythme le quotidien de toute sa famille. Ce week-end, deux de ses chiens concouraient à l’exposition canine organisée au parc des expositions de Tarbes. Et l’homme est intarissable dès qu’il s’agit de présenter cette race chère à son cœur. « Nous élevons des bergers des Pyrénées depuis une trentaine d’années. C’est un petit chien, une quarantaine de centimètres de haut, très vif et proche de son maître. »
Longtemps, le labri a traîné la mauvaise réputation d’être un mordeur, rappelle l’éleveur. « Mais ça, c’était avant. Les sélections successives ont beaucoup amélioré son caractère. » Christian Garlin décrit un chien intelligent, attachant, recherché pour sa vivacité et son obéissance. Autrefois indispensable aux bergers, il formait un duo complémentaire avec le patou. À l’imposant montagnard la protection, au petit berger la conduite du troupeau. « Il rassemblait les brebis et empêchait les bêtes de se disperser. »
Aujourd’hui, Christian le regrette, le labri est délaissé en estives. Quelques irréductibles bergers s’appuient encore sur le berger des Pyrénées, mais le dressage demande du temps et de la persévérance. « Et de nos jours, tout doit aller de plus en plus vite. Les éleveurs lui préfèrent d’autres races. Le labri trouve désormais sa place chez les particuliers passionnés, à condition d’y vivre heureux. Car il lui faut de l’espace pour se dépenser, un maître présent et de l’amour. Sinon, il est malheureux. »
Le virus des concours
Au domaine de Christian Garlin, La Roche au Blaireau, les portées sont rares : une tous les deux ou trois ans. « On fait du beau, pas de la quantité. » Et la demande est bien là. L’élevage familial a commencé modestement, à la suite d’un malheureux événement. « Au début, nos chiens n’avaient pas de papiers. Et puis un jour, l’un d’eux a eu un accident et est décédé. Suite à ça, on a décidé de se lancer dans l’élevage. On s’est mis à faire du joli. Puis, c’est un peu comme attraper un virus, un peu comme une drogue, on ne peut plus s’en passer. » Les concours ont suivi, presque naturellement.
Et l’éleveur en a parcouru des kilomètres pour présenter ses protégés : Portugal, Italie, Espagne, championnats de France et du monde. Il y a une dizaine d’années, il a même remporté un titre mondial avec « Destin de la Roche au Blaireau », son chien aujourd’hui disparu.
D’autres victoires ont suivi avec « Soubirane du Rêve à la Réalité » et « Nive de la Roche au Blaireau ». « Nive a gagné ici l’an dernier en classe jeune, et aussi à Bordeaux. Là-bas, elle a fait troisième du premier groupe », se réjouit Christian Garlin. L’éleveur raconte le cérémonial des concours, rythmés entre les passages devant les juges par race le matin, puis sélection des meilleurs.
« Sur le berger des Pyrénées, on recherche surtout l’expression : des petites oreilles, un regard vif, un dos bien plat. C’est un ensemble. » Ce week-end, « Soubirane » et « Uberoia » ont porté haut les couleurs de l’élevage à Tarbes. Deux chiens vifs, curieux, toujours à la recherche d’un regard. De quoi rendre fier Christian Garlin, pour qui cette race de chiens pyrénéens mérite encore de briller.