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ENTRETIEN. « Le second degré, ça n’a jamais été facile, mais là… » Le chanteur fantasque Didier Super sur la scène de la Gespe ce vendredi


l’essentiel
Après avoir tenté une reconversion dans des spectacles plus « cérébraux », le fantasque Didier Super décide de revenir à ses fondamentaux : le rock. Une décision réfléchie (et conseillée par sa mère), motivée par un constat simple : jouer dans un groupe est intellectuellement plus reposant, et donc plus accessible au plus grand nombre. Rendez-vous vendredi soir à La Gespe.

Didier, c’est quoi ce virage vers le métal après 1 001 vies d’artiste ?

Je joue avec un groupe mais ça reste moi le chef. Ça fait plus de 25 ans que je fais ce métier. J’ai commencé par échouer dans la variété, puis dans la chanson rigolote, je me suis planté dans la chanson pour enfant comme dans le stand-up, donc pourquoi ne pas échouer maintenant dans le métal. J’étais sûr au fond de moi que ces gros nounours avec des têtes de mort tatouées partout n’étaient pas méchants. Mais je ne savais pas à quel point c’étaient des gens fragiles. On a ça en commun avec les métalleux, on parait mais on n’est pas…

Agitateur, bouffon, grande gueule, est-ce toujours facile de critiquer et d’être drôle, au second degré sur scène Didier ?

Je ne vais pas mentir, on me casse plus les co… qu’avant sur mon contenu. Les gens ont de plus en plus de mal à comprendre que si on fait une blague raciste c’est pour viser le racisme et les racistes et pas l’arabe. Idem avec les homos, les femmes ou autres. Je ne sais pas si c’est parce qu’il y a plus de cons qu’avant ou simplement parce qu’on leur tend davantage le micro… Ça n’a jamais été facile le second degré, mais là, c’est de plus en plus compliqué.

Dix ans après son dernier concert à Tarbes, le fantasque Didier Super sera de retour à La Gespe ce vendredi soir à 21 heures.
Dix ans après son dernier concert à Tarbes, le fantasque Didier Super sera de retour à La Gespe ce vendredi soir à 21 heures.
DR

Faut-il s’attendre donc à un Didier Super fade et édulcoré ?

Attention, ça reste un spectacle de Didier Super, c’est même mon pire ! Bon courage à ceux qui le verront, au sens malaisant du terme. J’espère arriver à une dose de gêne suffisante…

Comment te définirais-tu pour quelqu’un qui te découvrirait vendredi ?

Je leur dirais de faire gaffe quand même… La façon dont on me définit n’arrive jamais à atteindre l’imaginaire des personnes avec précision. Il faut qu’ils se débrouillent avec ça… Mais c’est de la qualité ! On travaille beaucoup, même si ça n’en a pas l’air. C’est répété pour que ça ne paraisse pas répété. On ne peut pas faire n’importe comment. Il y a des portes dans le spectacle pour l’improvisation, mais aussi des choses plus préparées.

Parce Didier Super, c’est un(e) bête de scène…

Mon boulot c’est de jouer sur scène, mais je continue à enregistrer. Sauf qu’aujourd’hui, le support audio est un produit dérivé du spectacle. C’est compliqué de vivre pour un artiste sans la scène, quand les majors et les plateformes s’approprient tout le business.

Est-ce que tu t’épanouis toujours à t’exprimer sur scène ?

C’est propre à chacun la manière de s’exprimer. Certains le font avec de la danse contemporaine. Moi, j’y crois assez peu… Avec la musique mais surtout le rire, on peut dire des choses efficaces en une phrase qui en dira autant que plusieurs paragraphes chiants. En humour on sait être synthétique !

Du coup, Didier président, comme tout le monde se déclare là ?

Non pas là. Quand le monde sera apte à changer uniquement grâce à un homme providentiel, alors je serai là…

Dix ans après son dernier concert à Tarbes, le fantasque Didier Super sera de retour à La Gespe ce vendredi soir à 21 heures.
Dix ans après son dernier concert à Tarbes, le fantasque Didier Super sera de retour à La Gespe ce vendredi soir à 21 heures.
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Dans « On va tous crever », tu chantais « Y’a la fin du monde qui nous guette et nous, on fait la fête ». On y est là… Quel regard portes-tu sur ce monde ?

Il y a deux trajectoires qui ont du mal à évoluer ensemble : d’un côté la disparition des ressources, l’état de l’atmosphère et de la biodiversité, et de l’autre 8 milliards de consommateurs de téléphones portables et de voitures électriques. Soit on veut être autant et il va falloir apprendre à bêcher, soit il faudra qu’on soit moins que 8 milliards de gourmands superficiels. Le drame, c’est que j’ai plein de chansons et de spectacles qui sont plus efficaces aujourd’hui que par le passé. Je me dis que j’avais dit ce qui allait arriver, mais j’aurais préféré me tromper dans ces prospectives-là…

La Gespe, Bagnères, St-Laurent-de-Neste, tu aimes bien revenir par ici. Parce que le public y est génial ?

Le public de La Gespe, je n’en ai aucun souvenir. Ils devaient être assez fades, comme ailleurs. Par contre, Bagnères, c’étaient des tarés chez la grand-mère à Macron (rires). Les Tarbais, les Haut-pyrénéens, c’est un public que je ne souhaite pas revoir de sitôt. C’est pour ça que je serai là vendredi soir…



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