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ENTRETIEN. Petits As de Tarbes : « C’est le tournoi de l’émotion », confie Jean-Claude Knaebel avant le 44e mondial qui se déroulera sans Jacques Dutrey
La 44e édition du Mondial, qui débute ce jeudi avec les qualifications nationales, se déroule dans un contexte particulier, marqué par la disparition de plusieurs figures historiques de l’événement, dont son cofondateur Jacques Dutrey. Pour Jean-Claude Knaebel cette édition est placée sous le signe de l’émotion.
À quelques heures du coup d’envoi de cette 44e édition, dans quel état d’esprit êtes-vous ?
C’est évidemment un moment très particulier. Nous ouvrons demain la 44e édition d’un tournoi que nous avons fondé en 1983 avec Jacques Dutrey. Il nous a malheureusement quittés récemment, après avoir été présent sur 43 éditions. Mardi soir, lors de la présentation des délégations, nous lui rendrons un hommage. Cette édition a vraiment une saveur à part. Nous l’avons appelé le tournoi de l’émotion.
Pourquoi ?
Parce que nous avons vécu un été très difficile. Nous avons perdu notre juge-arbitre international, en poste depuis 11 ans. Et puis, au mois de juillet, nous avons aussi perdu une personne essentielle du secteur informatique. Tout cela s’ajoute à l’absence de Jacques. Forcément, émotionnellement, c’est lourd.
Malgré tout, l’organisation continue d’avancer.
Oui, et c’est important de le souligner. La famille de Jacques est remarquable. Son gendre, Joël, a spontanément proposé de s’impliquer pour remplacer Jacques et apporter un esprit nouveau. Les changements sont visibles : dès l’entrée, le site est plus aéré, plus moderne. C’est une façon de faire vivre l’héritage tout en regardant devant. Aujourd’hui, l’objectif numéro un, c’est de réussir ce tournoi, pour le sport, pour les jeunes et surtout en mémoire de Jacques.
Comment vit-on, humainement, ce premier tournoi sans ces figures historiques ?
Aujourd’hui, les seuls piliers encore pleinement dans l’organisation, ce sont Claudine et moi. Michel Renaud est toujours présent, mais plus dans l’organigramme. Forcément, on se pose des questions. Il faudra penser à l’avenir et à la succession. Je prends de l’âge, Claudine aussi, comme beaucoup de bénévoles. Mais pour l’instant, notre priorité absolue, c’est de réussir ce 44e tournoi, en mémoire de Jacques.
Réussir un tournoi qui, sportivement, reste une référence mondiale.
Absolument. Nous sommes toujours numéro 1 mondial dans la catégorie des moins de 14 ans. Le président de Tennis Europe nous rend visite cette année encore. En 2020, nous avons obtenu le label « Super Catégorie ». En France, nous sommes les seuls à l’avoir. Dans le monde, seuls quelques pays l’ont : la Russie, la Suède, le Portugal et l’Allemagne.
On peut donc dire que l’engouement ne faiblit pas ?
Pas du tout. Nous avons organisé 40 tournois préqualificatifs nationaux dans 40 villes françaises, avec uniquement des joueurs français. Environ 3 000 jeunes ont participé. À l’arrivée, 40 garçons et 40 filles sont qualifiés pour disputer les qualifications nationales à partir d’aujourd’hui. L’intérêt, la motivation et l’importance du tournoi restent intacts. On pense même encore progresser.
Mais le tournoi se distingue aussi par sa diversité.
Oui, le tennis en fauteuil est toujours fidèle, avec six nations représentées. Nous organisons également des play-off internationaux, notamment à Miami, aux Etats-Unis, et à Casablanca, au Maroc. Les vainqueurs, garçons et filles, sont directement invités dans les qualifications internationales à Tarbes. Peu de tournois juniors offrent un tel dispositif.
Cette année, un nom attire l’attention, celui de Carlos Ramos, c’est une nouvelle plus-value pour le Mondial.
C’est une immense fierté. Carlos est un juge-arbitre international extrêmement réputé. Il a officié sur 28 éditions de Roland-Garros. L’an dernier déjà, Carlos nous avait dit n’avoir jamais vu un tournoi aussi important pour des jeunes de moins de 14 ans. Il nous avait même confié que cela dépassait certains tournois professionnels. Sa venue renforce encore la notoriété des Petits As. C’est une recrue très honorable pour nous, accueillie à bras ouverts. Sa notoriété et sa compétence confirment que l’importance du tournoi est toujours intacte.
Sportivement, l’année dernière, le Français Mario Vukovic s’était imposé. Vous souhaitez à nouveau des victoires françaises ?
Oui, idéalement, une victoire française, chez les filles comme chez les garçons. Je suis chauvin, je l’assume. J’espère aussi que les Bigourdans et les Occitans, plus globalement, arriveront à faire de beaux parcours.