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Gérard Trémège fait appel après sa condamnation : « Le seul jugement qui vaille, c’est celui des Tarbais »


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Condamné, le maire de Tarbes ne désarme pas : « Je prends acte de la décision du tribunal, mais je vais faire appel, pour laver mon honneur et ma dignité ».

Seul. Gérard Trémège, condamné à démissionner de son mandat de maire, ne reçoit plus dans son bureau, mais dans une salle anonyme de la mairie. Seul. « Mon bureau est en train d’être déménagé, il y a des cartons partout. 25 ans de vie ici. » Comme pour rappeler combien « il a donné pour sa ville ». Mais aujourd’hui, s’il est encore formellement maire, il ne l’est plus vraiment.

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« J’attends la notification du tribunal et du préfet, mais dans tous les cas, je démissionnerai dans les jours qui viennent. Même si je prends acte de la décision du tribunal, je considère qu’elle est injuste et injustifiée. Néanmoins, j’ai de la reconnaissance pour les Tarbais qui, eux, m’ont fait confiance pendant 25 ans, notamment en 2014, alors que ce que l’on appelle désormais « l’affaire Trémège » était lancée depuis 2012, et m’ont élu dès le premier tour. Ça ne s’oublie pas. Parce que pour moi, le seul jugement qui vaille, c’est celui des Tarbaises et des Tarbais ».

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« Il n’y a pas de système Trémège »

« Et vu le nombre de messages de soutien et de sympathie que je reçois, ça me touche. J’ai aussi une pensée pour les agents municipaux qui ont été mis en cause et qui ont souffert. J’ai « plaidé » leur relaxe devant le tribunal, je considère qu’ils n’avaient même pas à être là. D’ailleurs, le procureur lui-même l’a dit : « Il n’y a pas de système Trémège ». Tous ceux qui ont été appelés à la barre ont été très clairs, ils ont eu le courage de dire, malgré les pressions subies pendant l’instruction, que jamais je ne suis intervenu, le délit de favoritisme n’existe pas, ni celui de prise illégale d’intérêt.

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Des dysfonctionnements, ça arrive dans toutes les collectivités, il y a de l’humain dans tout ça, tout le monde peut se tromper, mais ça ne justifie pas que l’on se retrouve devant un tribunal, pas plus que les conséquences disproportionnées qui en découlent. D’autant que le tribunal n’a, au final, rien justifié. Le fond de l’affaire c’est que certaines entreprises auraient dû être écartées car il manquait des pièces dans les dossiers. Mais elles n’ont pas été choisies parce que j’aurais influé sur le choix, uniquement parce qu’elles étaient le mieux disantes et les moins disantes, c’était donc dans l’intérêt de la ville et de personne d’autre. »

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« La justice a parlé, pas la vérité »

« La sidération passée, on voit bien que c’était un jugement politique, preuve en est la rapidité du délibéré, tout était prémédité. La démocratie a été confisquée par la justice. J’ai été privé de mes droits civiques, alors que j’ai consacré 25 ans de ma vie à cette mairie. Je suis engagé dans la vie publique depuis plus de 40 ans, me priver du droit de vote est une humiliation, et ça m’affecte vraiment. Je suis malheureux au moment où je vous parle, j’ai toujours été intègre et honnête, quand j’entends certains dire qu’il faut désormais à Tarbes un maire honnête, je dis à mes concitoyens qu’ils l’ont eu pendant 25 ans. Le dossier est vide, 12 ans d’instruction, 54 tomes de documents soi-disant accablants… Les soi-disant « fautifs », je veux parler des agents, ont été relaxés, ce dont je suis heureux, tandis que moi, qui n’ai jamais rien ordonné, je suis victime d’une injustice. C’était une décision préméditée depuis longtemps. Mais le combat n’est pas terminé, la justice a parlé, mais pas la vérité. Mon honneur, mon intégrité et mon honnêteté doivent être reconnus, c’est ce que j’attends. C’est pourquoi je fais appel. » Même s’il sait que l’appel n’est pas suspensif (sauf pour les amendes) et que dans le meilleur des cas, il n’interviendra pas avant la fin de la durée d’inéligibilité de 2 ans. « Mais après, il y aura d’autres scrutins, d’autres combats à mener. Je ne suis pas encore mort… »



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