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Grève des médecins : « Le contrat de confiance est rompu »
Jean-Robert Castel, président du Conseil de l’ordre des médecins fait le point sur les raisons profondes du mouvement de grève chez les médecins.
Une grève des médecins, ce n’est jamais anodin. Et il ne faudrait surtout pas réduire le mouvement actuel à une simple question « financière », ce que certains, par commodité, affirment.

« Ce n’est pas ça », insiste Jean-Robert Castel, président du Conseil de l’ordre des médecins des Hautes-Pyrénées, « c’est un ensemble de dispositions dans le projet de loi de finances de la Sécurité Sociale (PLFSS) qui, additionnées, font que les médecins ne se sentent pas soutenus. Bien sûr, on parle beaucoup des radiologues et des radiothérapeutes, dont les actes sont jugés trop « rentables » pour les praticiens, mais il ne faut pas oublier que pour ces spécialités, l’investissement de base est conséquent, le matériel, de plus en plus performant, est de plus en plus coûteux. Mais ce sont des examens, ou des traitements, nécessaires. Autre question « financière », si je puis dire, le déremboursement des médicaments prescrits par les médecins non conventionnés, c’est une distorsion de l’égalité des soins pour tous. On comprend bien qu’il faut faire des économies, nous en sommes conscients au quotidien, mais il ne faut pas avoir une vision purement comptable de la santé. »
« La confiance est rompue »
Et pourtant, il semblerait que l’État tienne à serrer les boulons et à cadrer les choses. « Par exemple, jusque-là, les généralistes pouvaient conserver dans leur cabinet des vaccins, afin de vacciner sur place les patients les plus fragiles, ou parce que les vaccins obligatoires n’étaient pas à jour. Ce n’est plus le cas. » Mais ce qui fâche le plus, c’est l’encadrement, notamment au niveau des prescriptions ou des arrêts maladie. « C’est à croire que nous faisons n’importe quoi ! Ce n’est pas le cas, nous sommes aussi soucieux de santé publique que d’économie des deniers publics. Pour autant, nous pouvons être soumis à des sanctions disciplinaires en cas de « manquements », ce n’est pas correct. » Enfin, et c’est encore finalement une question financière, les médecins retraités qui exercent au sein de centres ou de maisons de santé, ne seront plus « rémunérés », en ce sens que leurs prestations seront défalquées du montant de leur pension de retraite. « Ce sont des praticiens qui ont, d’une part, cotisé toute leur vie, et qui assurent des vacations. Le montant de ces vacations ne va pas chercher bien loin, il faut le dire, mais surtout, ces médecins retraités assurent la bonne marche de bon nombre de centres de santé. S’ils décident d’arrêter parce que pas rémunérés, ces centres ne fonctionneront plus correctement. Vu de l’extérieur, on peut penser que ces dispositions sont des « détails », mais pour la profession, c’est ressenti comme une rupture du contrat de confiance qui existait jusque-là. Aujourd’hui, la loi est votée, mais il reste la possibilité de faire des amendements sur ces points précis. Nous y travaillons. »