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Hôpital unique : les candidats aux municipales divisés sur un projet dont l’enveloppe a explosé
Le débat sur l’hôpital de Lanne a réuni six candidats aux municipales en raison de l’absence Michel Garnier. Avec Pascal Claverie, ce sont les deux têtes de liste qui défendent ce pôle médical unique. La réalisation de ce projet sera-t-elle remise en cause par le futur maire ?
Seul Michel Garnier, successeur désigné par Gérard Trémège, ancien maire de Tarbes, est absent au débat sur le projet d’hôpital unique à Lanne et la santé publique, ce mercredi 14 janvier, à la Bourse du travail. Laurence Charroy, présidente de l’Association de sauvegarde des hôpitaux et de la santé dans les Hautes-Pyrénées, à l’initiative de la réunion, explique que l’invitation à Michel Garnier lui a été adressée sur une mauvaise adresse mail et que ce dernier a appris l’organisation du débat dans la presse. Or, il avait déjà pris des engagements pour ce mercredi. Laurence Charroy ajoute que Michel Garnier s’est dit prêt à rencontrer les membres de l’association. En préambule, la présidente rappelle que l’association est contre le projet d’hôpital commun à Lanne et qu’elle a œuvré pour qu’un débat démocratique, « tardif » selon elle, soit mis en œuvre sur ce dossier. Et d’annoncer avoir recueilli près de 28 000 signatures contre le projet d’hôpital unique à Lanne.
Parmi les six candidats aux municipales à Tarbes présents au débat – chacun a eu dix minutes pour s’exprimer librement – seul le macroniste Pascal Claverie, ancien premier adjoint, est pour l’hôpital commun à Lanne, avec quelques nuances cependant. Il refuse « d’être celui qui, par calcul ou par blocage, fera perdre 20 ans de plus à notre territoire. Si l’État renonce au nouvel hôpital, je me battrai pour la rénovation complète et l’extension de l’hôpital de Tarbes ». Pascal Claverie ajoute qu’en la matière, la décision de construire ou pas un nouvel hôpital n’appartient pas au maire. Un constat partagé par tous, même si, comme le relève José Navarro, « le débat sur la politique de santé que nous voulons doit avoir lieu ici et au Parlement ».
« Le préfet, c’est M. Communication »
Pierre Lagonelle souligne que le rôle des élus locaux dans le dossier de l’hôpital de Lanne n’est pas neutre, rappelant le vote favorable des conseils municipaux de Tarbes et de Lourdes et la modification du plan local d’urbanisme du canton d’Ossun pour pouvoir construire l’hôpital sur le site retenu. Outre les élus, le préfet Jean Salomon a été mis sur la sellette par plusieurs candidats qui lui reprochent en substance de dire « Ce sera Lanne ou un désert médical pendant 30 ans ». Éric Peyrègne, soutenu par le RN et l’UDR, nomme le préfet « M. Communication », en référence à ses déclarations juste avant le débat. Éric Peyrègne estime que le préfet « avance avec de fausses promesses ». Les candidats s’interrogent en effet sur le coût du nouvel hôpital à Lanne, estimé de 350 M€ à 420 M€, avec une participation de l’État qui grimperait à 50 %. Jean-Michel Lehmann, ancien maire d’Odos et membre de l’association de sauvegarde des hôpitaux, précise que « les 50 % de participation de l’État sont un leurre ». Il souligne que sur les 210 M€ attribués dans le cadre du Ségur, seulement 81,50 M€ seront fléchés par l’État vers le nouvel hôpital, soit 20 % du coût global. José Navarro ajoute que l’hôpital Tarbes-Lourdes, qui a déjà une dette de 38 M€ et un déficit cumulé de 92 M€, devra contracter un emprunt de 300 M€ pour financer la construction de l’hôpital de Lanne. Une situation financière dégradée issue du passage à la T2A qui a mis tous les hôpitaux du pays dans le rouge.
« Opération à tiroirs »
Un choix politique comme le discours de François Meunier (LO). Le candidat d’extrême gauche estimant en substance qu’il convient de lutter contre le grand capital afin de financer la politique de santé du pays. Et de se prononcer pour le maintien et la modernisation des hôpitaux de Tarbes et Lourdes. Hervé Charles (TCES) abonde dans le même sens, se prononçant pour « une réhabilitation du site existant ». Le socialiste Kevin Gracia estime aussi « inacceptable la fermeture des hôpitaux de Tarbes et Lourdes. Il faut des investissements massifs pour rénover nos hôpitaux avec des opérations à tiroir ». Éric Peyrègne se prononce aussi pour cette « solution plus sobre financièrement et de proximité. Oui à la modernisation de l’hôpital actuel, non à sa délocalisation ». Quant à Pierre Lagonelle, il est favorable, soit à la construction du nouvel hôpital à côté de l’ancien sur le site de La Gespe, soit à la rénovation du bâtiment actuel.
Michel Garnier soutient l’hôpital commun de Lanne
Pris par d’autres engagements, Michel Garnier nous a adressé un communiqué précisant sa position au sujet du projet d’hôpital commun à Lanne.
« Ma position est constante : la santé de nos concitoyens prime sur toute considération électorale. Le projet d’hôpital commun à Lanne, fruit d’années d’études et de concertation soignante, relève de l’État. Revenir en arrière signifierait repartir de zéro et risquer la disparition pure et simple d’un hôpital sur notre territoire.
Cette structure moderne est indispensable pour attirer des médecins refusant d’exercer dans des locaux obsolètes. Sans équipement de haut niveau, il n’y aura plus d’offre de soins de qualité. C’est une réalité, pas un slogan.
Je refuse que ce dossier soit instrumentalisé. Le maire a un devoir de vérité et de courage. Le mien est de défendre une offre de soins solide et pérenne. La santé publique exige des décisions tournées vers l’avenir, loin des manœuvres électorales ».