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» Ici, on se tutoie, c’est le QG de la rue » : 20 ans après son apprentissage, il reprend l’affaire d’un boucher emblématique de Tarbes
Après 37 ans d’activité, Olivier Brune transmet son historique boucherie des éleveurs, dans le centre de Tarbes. C’est Mickaël Bréchet, apprenti dans ce commerce il y a plus de vingt ans, qui reprend aujourd’hui l’affaire.
Il tourne la page d’un livre ouvert il y a 37 ans. Olivier Brune a un petit pincement au cœur : dans un mois, il laissera sa boucherie des éleveurs, située rue Larrey, à Tarbes. Ce commerce aussi emblématique qu’historique a ouvert en 1997. Quatre agriculteurs se lançaient alors dans l’aventure. Et puis, Olivier Brune a racheté les parts des uns et des autres au fil des années, se retrouvant tout seul avec le fonds de commerce. » J’ai d’abord pensé que mon fils reprendrait l’affaire. Il était apprenti avec moi mais, il y a trois ans, il a décidé de se reconvertir dans les pompes funèbres « , explique le boucher à la gouaille bien connue et aux lunettes de marque. Alors voilà. Il s’est retrouvé bien seul à la tête de son étal avec ses petits carreaux rouges qui n’a pas changé depuis 1997. » Après 37 ans d’activité et un début de carrière à 15 ans, j’en ai marre. Je vais retrouver mes animaux à Saint-Martin et c’est très bien « , tranche le patron de 53 ans. Car à côté de la boucherie, le commerçant gère une ferme de 300 brebis et de 25 vaches qui viennent d’être vaccinées contre la dermatose.
Il y a plusieurs mois, le professionnel a laissé une annonce à la chambre de commerces. Rapidement, Mickaël Bréchet, 39 ans, s’est manifesté. Olivier Brune l’a reconnu : il a été apprenti chez lui, de 2002 à 2004. » Il a l’amour du métier, il a toujours bossé et il est vraiment motivé « , glisse-t-il. Il y a vingt ans, l’apprenti qui s’exerçait à la découpe, au désossage des carcasses, à la fabrication des saucisses et au boudin entre midi et deux était loin de se douter qu’il prendrait un jour les rênes de l’entreprise. Surtout qu’à cette époque, il hésitait encore entre une vie de peintre et de boucher. » Après mes deux ans d’apprentissage, j’ai connu plusieurs expériences dans la grande distribution. Mais j’étais souvent enfermé dans un laboratoire, le contact avec les clients et le savoir-faire artisanal me manquaient « , se souvient-il. Il a aussi essayé de se lancer dans la mécanique. » Mais je n’arrivais pas à être trop loin de la boucherie « .

Passation pour le 14 février
Parce que le calendrier fait les choses bien, la transmission sera scellée pour la Saint-Valentin, le 14 février. Mais les deux hommes travaillent déjà côte à côte. « Ça va me faire drôle, moi qui me réveille à 3 heures du matin en pensant à ma journée à la boucherie. L’après-midi, je vais discuter avec qui ? Mes bêtes ? C’est sûr, ce qui va me manquer le plus, ce seront mes clients « , confie-t-il. Des clients dont il connaît, sans exception, tous les prénoms. » Ici, on se tutoie, on se connaît tous. On me dit souvent que c’est le QG de la rue Larrey « , ajoute-t-il avant de trancher un bifteck pour un habitué.
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Et la question que tous les riverains se posent : qui va continuer d’écrire ces messages rigolos sur la vitrine ? Parce que le boucher est particulièrement apprécié pour ses inscriptions inspirées sur la devanture qui change en fonction des saisons et des humeurs. Tiens, d’ailleurs, on est mercredi matin, il est en retard. » Certains ne viennent que pour ça. Parfois, le mercredi, quand la vitrine est vide, je me fais engueuler « . Aujourd’hui, Olivier Brune veut conter cochon. » En janvier on mange cochon, porcinet, truie, porc et cochonette « , a – t-il écrit. Mickaël Bréchet a promis de prendre le relais. En plus de la formule hebdomadaire sur la vitre, il compte aussi ajouter une partie traiteur, charcuterie, et des volailles. La boucherie des éleveurs pourrait bien être rebaptisée boucherie Chez Micka. Mais l’âme d’Olivier Brune restera gravée dans les murs.