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Il détenait plusieurs milliers de fichiers pédopornographiques, il est condamné par le tribunal de Tarbes
Un homme de 51 ans a comparu devant le tribunal de Tarbes pour acquisition, détention et consultation d’images pédopornographiques. Plusieurs dizaines de milliers de fichiers ont été retrouvés sur ses matériels informatiques
Dans le box, en polo marron et lunettes sur le nez, François* raconte avec une honnêteté presque déconcertante les faits qui l’amènent devant le tribunal. Des faits d’abord expliqués par l’assesseure : « La gendarmerie effectue une surveillance d’Internet pour lutter contre le téléchargement de fichiers à caractère pédopornographique. » Ils voient alors « que l’utilisateur d’une adresse IP a téléchargé plus de 3 000 fichiers référencés comme à caractère pédopornographique entre mai 2024 et octobre 2025. »
Une perquisition au domicile de l’homme en octobre dernier, à Argelès-Gazost, montrera alors l’étendue de ses agissements : plus de 3 000 fichiers sont retrouvés au sein d’un disque dur externe « avec des titres, des indications d’âge entre 8 et 16 ans », sans compter plus de 800 autres fichiers dans son ordinateur « dont certains mentionnant l’âge : 11, 12, 13, 14 ans… » continue l’assesseure. D’autres seront trouvés sur son téléphone. 4 200 fichiers ou traces de fichiers auraient été retrouvés en tout.
Une spirale terrible dans laquelle s’est engouffré le prévenu il y a plusieurs années déjà : « Je pense qu’à un moment donné je suis tombé sur un site avec des vidéos pédopornographiques, ça a dû m’attirer et j’ai basculé comme ça », raconte le prévenu. Il explique avoir visionné de telles vidéos « une à deux fois par semaine, parfois je passais une semaine sans les consulter… »
« Répondre aux pulsions sexuelles »
Surtout, le tribunal s’est interrogé sur les raisons qui ont poussé le prévenu, inséré professionnellement, à basculer dans ces pratiques. Un homme célibataire, sans enfant. Ainsi, l’expertise psychologique note une « problématique majeure dans le lien à l’autre, trop angoissant. »
Ce « voyeurisme permettait de répondre aux pulsions sexuelles sans passer par la relation et son engagement. » Sur « l’attirance pour les adolescentes, il n’est pas surprenant dans la mesure où la sexualité adulte revêt une dimension relativement angoissante » pour le prévenu, explique le rapport de l’expert.
Même si le prévenu n’est jamais passé à l’acte et n’a jamais agressé sexuellement de mineures, le procureur a rappelé que « derrière ces images c’est à chaque fois le viol d’un enfant qui est commis. » Il a requis deux ans de prison dont dix-huit mois avec sursis probatoire, obligation de soins, inscription au fichier des auteurs d’infractions sexuelles et interdiction de travail en lien avec les mineurs.
Son avocate a suivi les réquisitions du procureur, notant que « les conséquences, il les connaît pour toutes les victimes potentielles à distance, et une conséquence pour lui en ce qui concerne la honte » et qui amène « tout empêchement de passage à l’acte à l’avenir. » Une honte qui l’a même poussé vers la consommation de drogue, jusqu’en prison ? Du cannabis ayant été retrouvé sur lui alors qu’il était incarcéré.
Le tribunal a finalement suivi les réquisitions du procureur et condamné le prévenu à deux ans de prison avec dix-huit mois de sursis probatoire, obligation de soins, inscription au Fijais et interdiction de pratiquer un travail en lien avec les mineurs.